LE CHÂTEAU FANTÔME
Il était une fois dans une immense forêt, un vieux château, les siècles et les intempéries n’avaient eu de prise sur lui ; il semblait toujours aussi pimpant que lors de sa construction il y a de cela deux siècles. Autrefois il était entouré d’un immense parc où s’épanouissaient les fleurs les plus rares, des essences d’arbres venus du monde entier poussaient à profusion ; de magnifiques buissons parfumés et colorés harmonisaient l’ensemble des allées bien ratissées de fin graviers. .Parmi cela de beaux paons bleu saphir se pavanaient en faisant la roue sur une verte pelouse parsemée de fragiles pâquerettes. C’était un régal pour les yeux et pour l’âme.
Et le beau château dressé au milieu de ce parc odorant, brillait de toute sa splendeur sous les rayons du soleil.
Et les siècles passèrent sur les fondations, curieusement elles paraissaient toujours intactes ; quelques mousses avaient poussaient sur les vieilles pierres et un film grisâtre avait patiné la façade, mais aucunes des tours ne s ’étaient effondrées, le vieux château malgré le poids des siècles était resté intact.
Seule, la forêt qui était autour avait envahie le beau parc ; et l’on pouvait encore apercevoir chose insolite, des statues au milieu de la dense végétation, les lierres les avaient amoureusement enlacés leur créant de pudiques tuniques vertes.
Pour parvenir à voir ce château , il aurait fallu être un oiseau, car il était presque impossible de parvenir à le trouver , tant la forêt était épaisse et hostile, surtout la nuit. Et pour parfaire à le cacher plus encore , une brume épaisse entourait la forêt, pour mieux escamoter l’accès de ce domaine perdu et oublié.
Par un beau matin d’automne, un jeune chasseur s’était égaré et avait perdu ses compagnons de chasse , tant il était assidu à courir sur la trace d’un beau renard roux. Son coursier ivre de liberté l’avait conduit à l’orée d’une étrange forêt qui lui apparut soudain parmi la brume, un semblant de sentier sur lequel il s’était engagé espérant toujours être sur les traces du renard, le fit s’enfoncer de plus en plus profondément dans les fourrés, d’où s’échappaient de multiples animaux et il croisa de superbes cerfs aux bois orgueilleux et de gracieuses biches légères et graciles bondissant effrayaient à son approche , dans une féerie de couleurs, allant de l’or au tons plus sombres comme la pourpre des feuilles d’érables et le bronze des chênes . L’automne était dans cette forêt au paroxysme de sa maturité et les tonalités de couleurs multiples éclataient dans une merveilleuse harmonie.
Le rusé renard se laissait parfois apercevoir et le jeune chasseur dans sa fougue continuait toujours à en suivre la trace. La poursuite continua longtemps , lorsqu’il s’aperçut soudain que le soleil se faisait plus pâle sous la frondaison des arbres et qu’il s’était perdu ; la forêt s’assombrissant de plus en plus, bientôt il ne pourrait plus avancer dans cet enchevêtrement de végétaux qui soudain lui parut devenir hostile ; les branches s’accrochaient à ses vêtements ou bien elles étaient si basses qu’il était obligé de descendre de son cheval pour ce frayer un chemin. Plus de trace du renard , il s’était bel et bien perdu au milieu d’arbres plus que centenaires.
Il s’apprêtait à passer la nuit couché dans un fourré, l’esprit en alerte, car ce lieu était devenu très hostile . Lorsque soudain il vit passer à travers les branches comme une lueur, elle avançait tout doucement vers un point qui lui parut lumineux, saisissant les brides de son cheval, il essaya tant bien que mal à se diriger dans la direction de la lueur, il découvrit tout étonné un petit sentier bien tracé, qu’il n’avait pu voir dans l’obscurité grandissante, et très loin devant lui cette clarté qui apparaissait au bout du sentier. Plusieurs lueurs apparaissaient toujours plus en avant ,comprenant enfin qu’il devait y avoir une habitation non loin, il se dirigea hardiment vers la clarté qui grandissait de plus en plus au fur et à mesure qu’il avançait. Un lever de lune vint éclairer ses pas et bientôt grâce à cette clarté argentée il put poursuivre son chemin sans obstacles.
Un son musicale commença bientôt à résonner dans la nuit et il vit que les lueurs de tout à l’heure n’étaient autres que des lanternes tenues à bout de bras par toute une foule de gens habillés pour la fête dans des costumes rutilants de couleurs et chapeautés de belles manières. Hommes et femmes se dirigeant tous d’un seul élan dans la même direction, mais ce qui le surprit le plus, c’est que ces personnages portaient d’étranges costumes, ils étaient vêtus à la mode de deux siècles en arrière. Ils avançaient sans le voir , parlant avec animation de la fête auquel ils étaient conviés. Le jeune homme voulu les interroger, mais ils passaient leur chemin comme si il était invisible ; cela l’intrigua fort et voulu en savoir davantage, aussi suivit-il la foule de ces gens habillés si bizarrement.
Peu à peu les arbres qui bordaient le sentier devinrent de plus en plus clairsemés, laissant place ça et là à des buissons d’où s’échappaient des parfums subtils. Le sentier lui-même devenant une allée de graviers blancs, qui serpentait au milieu d’un grand espace vert où courait un gazon bien coupé au milieu duquel étaient parsemés des buissons de fleurs odorantes qui semblaient briller sous les rayons lunaires. Le jeune chasseur que nous nommerons Thibaut comprit qu’ils arrivaient dans une propriété. D’ailleurs les flonflons d’un orchestre, dont il n’en reconnu pas la musique qui était jouée, lui paru être d’un autre âge. Tout lui paraissait si curieux ; tout d’abord ces gens surgit de nul part au milieu de cette forêt inconnue , puis ce sentier qu’il n’avait pas remarqué pendant qu’il faisait encore jour, et ces curieux vêtements comme si ces gens qu’il avait rencontré allaient à un bal masqué !
Mais se dit-il en lui-même, le seigneur de ce lieu à dut organiser un bal ! Mais oui pensa-t-il, nous ne sommes pas très loin de la toussaint, tout s’explique et il continua son chemin un peu plus rassuré.
Mais malgré tout son esprit continué à le travailler, oui, mais alors pourquoi lorsque je les aient interpellé ont-ils fait comme si ils ne me voyaient pas ?
Il en était là de ses réflexions, lorsque soudain il vit surgir au détour de l’allée une grande clarté qui surgissait d’un superbe château d’où s’échappaient des bruits de voix et de musique ; des flambeaux brûlaient tant à l’extérieur, qu’à l’intérieur où des silhouettes s’agitaient au son des cornemuses et des violons.
Enfin se dit Thibaut je vais pouvoir demander l’hospitalité pour la fin de la nuit et retrouver mon chemin au lever du jour. Et d’un pas hardi, après avoir attaché son cheval à un buisson tout proche, il franchit allégrement le perron très illuminé du château ; il pénétra dans un immense hall emplit de serviteurs à la curieuse livrée, des gentilshommes et de gentes dames conversaient les uns assis les autres debout, tandis que dans une immense salle des danseurs s’exhibaient dans des figures très compliquées.
Thibaut s’approcha d’un des serviteurs et très courtoisement lui demanda à rencontrer le seigneur du lieu, mais contrairement à son attente l’homme ne réagit pas et continua à observer les invités tout près qu’il était à obéir aux moindres de leurs désirs, mais de la demande faites par Thibaut il n’en fit aucun cas, alors le jeune chasseur croyant que le serviteur était muet se dirigea vers la salle où se produisait le bal. Personne ne se préoccupa de lui et il put tout à loisir observer le lieu très étrange où il se trouvait ; la salle était immense, les parois chargées de lourdes et riches tapisseries au couleurs vives représentant des scènes de chasse où des scènes d’amour courtois, de gentes dames assises sur des coussins, dans des poses alanguies écoutant des troubadours leur récitant des poèmes , contre ces parois étaient disposées des tables chargées de plats et de vaisselles d’or et d’argent , des aiguières en cristal de Bohème reposées sur des nappes blanches, la nourriture était abondante mais ne semblait pas intéresser les convives qui étaient vêtus de satins et de somptueux brocarts ne songeant qu’à danser, Thibaut s’approcha d’une des tables et se restaura d’une cuisse de faisan dorée à point et but dans une coupe de vermeil une rasade d’un bon vin de malaga, car depuis le matin où il s’était égaré il n’avait rien mangé aussi fit-il honneur au festin qui était disposé sur les nappes en beau damassé.
Il en était là de son festin lorsque soudain les douze coups de minuit résonnèrent sous les voûtes de la grande salle. Et, oh surprise , les personnes qui étaient le plus proche de lui se mirent à lui parler tout en mangeant les mets succulents qui étaient disposés devant eux, de beaux pâtés, des poulardes, des cochons de lait posés prêt à être consommé sur d’immenses plats d’or où d’argent. Une ravissante jeune fille aux cheveux longs et noirs et aux ravissants yeux verts s’approcha et se mit elle aussi à manger, le jeune homme l’observa un certain temps mais comme elle ne faisait pas attention a lui , il dé cida de chercher un endroit pour se reposer tant il était fatigué, laissant derrière lui la salle de bal, il pénétra dans une autre salle qui était sombre car aucuns flambeaux ni étaient allumés, seul la clarté de la lune y pénétrait par la fenêtre en ogive qui était face à la porte d ‘accès, grâce à la faible lueur il put remarquer qu’il était dans une immense bibliothèque, les murs étant recouverts de rayonnages couverts de milliers de grimoires reliés cuirs et luisants doucement dans la douce clarté. S’avançant lentement avec précaution il découvrit un lit de repos disposé dans un renfoncement prévu semble-t-il à cet effet, et la fatigue aidant il se laissa tomber sur ce lit improvisé et s’endormit d’un sommeil lourd et profond.
Un rayon de soleil vint taquiner le dormeur qui repliait sur lui même au milieu d’un tas d’immondices et de feuilles mortes datant de plusieurs décennies, était endormi pour plusieurs heures encore ; quand soudain il entendit venant des entrailles du château un rire à vous glacer le sang dans les veines, croyant avoir rêvé, il s’étira comme s’il avait dormi dans un lit confortable, lorsque le rire retentit de nouveau, tout à fait réveillé cette fois ci il regarda autour de lui étonné , ne se souvenant pas encore où il se trouvait, puis la mémoire lui revint peu à peu ; la poursuite du renard roux, puis le bal, la jeune fille aux yeux verts, la bibliothèque et le lit de repos si confortable pour un homme exténué, rien n’en subsistait tout avait disparu comme si il avait rêvé.
»- Mais alors où suis-je ? ce dit-il anxieux soudain. Il se leva secoua la poussière collée à son vêtement et regarda autour de lui et ce qu’il vit le rempli d’inquiétude ou qu’il puisse porter les yeux il ne vit que des murs nus, plus de bibliothèques, plus de livres aux belles reliures, ce n’était que désolation ; il sortit et chercha la salle dans laquelle il y avait la veille un bal, et il ne trouva qu’un immense espace vide, les murs qui étaient recouverts de splendides tentures étaient vides , seuls quelques nids d’oiseaux étaient nichés dans le creux des pierres nues ou dans quelques failles, la désolation siégeait partout et une poussière épaisse recouvrait le sol sur lequel il put découvrir des traces de pas, mais s’était uniquement les siennes qu’il avait laissé la veille.
Il entendit au dehors le hennissement d’un cheval et il se souvint que s’était le sien qui s’impatientait au-dehors, le pauvre animal avait passé la nuit attaché à son buisson.
Thibaut sortit en courant de ce lieu étrange et s’approchant de son cheval lui flatta l’encolure pour le rassurer puis le détachant le laissa aller vagabonder un moment pour qu’il puisse se régaler d’herbe tendre. Pendant ce temps, il regarda autour de lui et ce qu’il découvrit ne fit que l’étonner, le beau parc n’existait plus, seules des statues revêtues de lierre ,qu’il n’avait pas remarqué la veille se dressaient toutes fières au milieu des buissons épineux et des herbes folles, des arbres très vieux, la végétation sauvage avait tout envahi, même le sentier par lequel il était venu avait aussi disparu ; le grand escalier qu’il avait gravi la veille était couvert de mousse, plus aucune trace des flambeaux qui en éclairaient l’entrée, la masse de pierres énorme qui entourait l’escalier était le vestige d’un château vieux de plusieurs siècles, en excellent état, il en resta bouche bée, soudain prit de panique il siffla son cheval et il s’apprêtait à repartir lorsque une flamme rousse passa à toute vitesse prés de lui, il eu le temps de reconnaître le renard roux qui l’avait entraîné jusqu’à cet endroit. Aussi enfourchant aussitôt son cheval il partit sur les traces de l’étrange animal, il courut longtemps à travers la forêt sur les traces du renard qui se laissait apercevoir de temps à autre. Puis sortant d’un brouillard qui avait surgit brusquement devant lui, il arriva jusqu’à une clairière qu’il reconnut aussitôt, s’était là qu’il avait aperçu le renard pour la première fois et qu’il avait perdu ses compagnons de chasse ; mais plus aucune trace du magnifique animal une fois encore.
Il décida donc de rentrer rejoindre sa famille au manoir, celle-ci devant être très inquiète de sa disparition , chemin faisant il fit une rencontre, une vieille femme en haillons qui passait pour une sorcière tant elle était laide édentée et bossue, Thibault la connaissait bien, parfois il lui portait quelques nourritures qu’il avait réclamé au cuisine du manoir en prétextant que c’était pour partir à la chasse, cette pauvre femme sans âge était disait-on veuve et elle vivait dans une masure toute branlante. Elle était si pauvre qu’elle devait aller quérir du bois dans la forêt voisine pour se chauffer et cuire sa pitance, et quand Arnault avait été chanceux à la chasse, il lui apportait du petits gibiers et sans se faire voir il le lui déposé devant sa porte pendant que la malheureuse courait la forêt en quête d’un fagot de bois, ou de quelques champignons ou de baies sauvages quand s’était la saison.
« - Alors mamie Rosa, toujours à courir les bois lui dit-il avec un franc sourire !
« - Et oui monseigneur répondit la vieille, il me semble que vous rentrez bredouille de la chasse aujourd’hui, le gibier n’a pas voulu se faire attraper ce me semble, et elle éclata de rire !
« - Oh ! mamie Rosa, si vous saviez ce qui m’est arrivé, vous n’auriez peut-être plus envie de rire après pareil aventure !
« - Allons mon seigneur, vous, avoir peur ? vous voulez rire !, ce sont les lapins qui vous ont couru après, dit-elle en éclatant de rire une nouvelle fois.
« - Non, chère mamie Rosa, c’est plus étrange que cela, peut-être que vu votre âge vous pourriez m’éclairer sur un grand mystère que j’ai eu la chance ou le malheur de vivre cette nuit.
« - Alors vous l’avez vu dit-elle redevenue soudain très sérieuse, hier au soir c’était la première nuit de la pleine lune !
« - Mamie Rosa ! s’exclama Arnault, vous connaissez alors le mystère de la grande forêt au de-là de la brume, racontez moi !, rassurez moi !, dites moi que je n’ai pas rêvé et que j’ai bien vécu une étrange aventure cette nuit !
« - Oui mon seigneur, vous n’avez pas rêvé , vous avez bien vu ce qu’il ne fallait pas voir !
« - Alors racontez-moi ce qui m’est arrivé , quel est ce mystère , qui sont ces gens surgit d’une autre époque, et ce château que personnes n’a jamais vu, et dans lequel j’ai passé la nuit !
A mon seigneur ! c’est une très longue histoire, ce château est vieux de plus de deux cents ans et à chaque première nuit de la pleine lune, resurgit du passé la fameuse nuit où tout à basculé dans le néant, le château revit à chaque fois cette dernière nuit et au lever du jour tout à disparu.
Vous avez donc revécu cette terrible nuit monseigneur, vous avez la chance de ne pas être devenu fou, car les malheureux qui se sont égaré dans cette maudite forêt ne sont jamais réapparu et certain qui se sont fait piéger comme vous , on les a retrouvé rôdant au hasard ayant perdu la raison.
« -Mamie Rosa, puisque vous semblez bien connaître l’histoire de ce château , acceptez vous de m’instruire sur son histoire, je vous en prie, demanda le jeune homme fort intrigué , acceptez au nom de notre amitié !
« - Comme vous le désirez jeune écervelé, mais avant, cela partez vite rassurer votre famille, qui je pense sont à votre recherche, nous nous reverrons et je vous instruirez de l’histoire de ce château, allons partez vite et à ce tantôt , mais surtout n’en dite rien à personne, et elle continua son chemin .
Arnault le lendemain partit de bon matin tirer quelques traits de son arbalète et ramena de sa chasse deux lapins qu’il donna à mamie Rosa en remerciement , car ce jeune homme était très impatient de connaître l’histoire si étrange de la forêt mystérieuse et de son maléfique château ; aussi le jour était à peine levé qu’il était déjà dans les bois à la recherche de gibier pour l’offrir à la vieille conteuse.
Il s’installa donc sur le vieux banc vermoulu installé contre le mur branlant de la masure et attendit le bon vouloir de mamie Rosa. La vieille femme était très laide mais pas du tout méchante, aussi c’est avec un bon sourire qu’elle vint s’installer près d’Arnault et quelle commença à lui narrer une curieuse histoire.
« Il y a longtemps, très longtemps commença-t-elle il y avait un grand seigneur très riche qui décida un jour de construire un grand château pour y loger sa futur femme et les nombreux enfants qui ne saurait tarder à naître, le château fut construit en un rien de temps car c’est la reine des fées qui allait devenir sa belle-mère qui le fit construire, et oui Arnault en ce temps là, les fées vivaient parmi les hommes et même certaines fées épousaient des mortels, se fut le cas de ce grand seigneur qui avait rencontré sa promise auprès d’une source dans laquelle il l’avait surpris dans ses ablutions, la petite fée très en colère voulu transformer le jeune seigneur en vilain crapaud plein de pustules, mais comme il était jeune est beau , elle tomba amoureuse de ce beau seigneur, qui fut lui aussi subjugué par tant de beauté et comme ils devinrent fou d’amour l’un pour l’autre il décidèrent de ce marier.
La reine des fées en cadeau de mariage décida de leur faire cadeau d’un magnifique château, et le grand seigneur décida alors de créer un immense parc tout autour du château , pour cela il fit venir de superbes essences d’arbres venus de pays lointains , des buissons odorants pour charmer l’odorat de sa si jolie fiancée et il fit planter des buissons de roses de toutes provenances pour lui offrir chaque jour une profusion de bouquets parfumés. Comme tu peux constater Arnault ce grand seigneur était fou amoureux de sa jolie fiancée la fée, et les jours passèrent dans les préparatifs de ce mariage qui devait être somptueux. Toutes les fées du voisinage apportèrent de fabuleux cadeaux et bientôt le château fut complètement meublé grâce aux bons soins du peuple des fées et de sa future belle-mère.
Pour protéger l’intimité du jeune couple la reine des fées fit pousser une grande forêt tout autour du parc , seul un sentier bien tracé en permettait l’accès. Et le jour du mariage arriva, ce fut une fête extraordinaire , la fiancée semblait revêtue de pétales de fleurs blanches tant la robe quelle portait était légère et diaphane, une superbe couronne de roses blanches rehaussait la carnation de son teint semblable à un lever de l’aurore, toute rose sous le voile virginal qui la recouvrait , le fiancé lui avait revêtu une superbe robe de brocart parsemé de filaments d’or et d’argent, et avait ceint une couronne d’or sur son front car il était noble . Les invités étaient eux aussi vêtus de brocart et de soie. Le festin qui suivit fut aussi somptueux, il ne manquait rien à ce fabuleux banquet, ni les vins les plus rares , ni les mets les plus recherchés . pour tout dire le mariage fut une complète réussite.
Et les années passèrent dans la félicité et le bonheur, après avoir profité l’un de l’autre et voyant que les années passaient vite, ils décidèrent d’avoir des enfants pour égayer leurs vieux jours, et bientôt la charmante fée attendit un enfant ce fut de nouveau une raison de faire la fête et toutes les fées furent conviées à venir féliciter la future mère et apportèrent de somptueux cadeaux pour l’enfant qui devait naître . Et les jours passèrent très vite, quand on est heureux on ne compte pas, et bientôt apparu dans le monde des vivants une ravissante petite fille qui devint aussi belle que sa maman la fée, un joli bébé aux prunelles vert émeraude et aux cheveux aussi noirs que la nuit . l’enfant grandit dans la sagesse entouré de ses parents et bientôt deux petits frères vint compléter ce tableau idyllique . Les années passèrent et les enfants grandirent en beauté et en sagesse .
Par un beau matin que les frères étaient parti chasser , ils entendirent des plaintes venant d’un buisson proche d’où ils avaient attaché leur chevaux , et ils découvrirent un étranger les vêtements lacérés et ensanglantés qui se tordait de souffrance et gémissait à vous fendre l’âme, aussitôt n’écoutant que leur bon cœur les deux frères se précipitèrent aussitôt pour lui porter secours, et ayant aussitôt fait une civière avec des branchages ils le transportèrent aussitôt au château pour y recevoir les premiers soins. L’étranger était semble-t- il un jeune seigneur au vu des vêtements qu’il portait, et après avoir reçu les premiers soins, il due rester alité pour plusieurs jours encore, car certaines de ses blessures étaient longues à cicatriser. Il eu pour infirmière la ravissante Zita la sœur des deux jeunes sauveteurs, elle adoucit par sa présence les moments difficiles que l’étranger eut à subir à la suite de son sauvetage, tant ses blessures étaient sérieuses, la jeune fille venait chaque jour à son chevet et lui bassinait doucement le front et les tempes pour faire tomber la fièvre et, pour l’apaiser lui lisait de fabuleuses histoires qu’elle puisait dans les manuscrits de la grande bibliothèque du château. Et les jours passèrent calmes et sereins et des sentiments d’amour fleurirent dans le cœur des deux jeunes gens .Lorsqu’il fut remis de son accident, il raconta au châtelain est à sa famille comment par quel hasard il était arrivé dans la forêt, comme il était de passage chez des châtelains d’un autre comté, il avait poursuivit un grand cerf qui l’avait conduit loin de la contrée dans laquelle il chassait, comme il était descendu de cheval pour chercher la piste du cerf , c’est à ce moment-là qu’il fut attaqué par un ours et il due la vie sauve grâce au son d’un corps de chasse qui à fait fuir l’animal , puis ses deux sauveteurs sont arrivés et l’on conduit au château . Mais il garda le silence quand à sa descendance et à ses origines, chacun respecta son intimité et ne chercha pas à en savoir davantage.
Tu vois Arnault comme on peut-être confiant parfois pour notre malheur ; c’est ce qui est arrivé à notre pauvre seigneur et sa famille. Mais écoute la suite ... !
Pendant ce temps reprit mamie Rosa, dans un autre pays qui n’avait rien de commun avec celui dont je te narres les événements, il y avait aussi un grand seigneur qui vivait dans son château et qui avait lui aussi des fils dont il était très fière , l’un d’eux était fiancé à une jeune sorcière qui habitait dans une autre contrée non loin du château de ce seigneur. Cet homme était un grand magicien qui ne craignait personne tant sa puissance était grande et il avait décidé de marier son fils aîné à la fille de sa voisine qui était elle aussi une grande magicienne. A eux deux ils tenaient le pays et ses habitants dans une grande obéissance à cause de la terreur dans laquelle ils les maintenaient.
Depuis quelques temps déjà le seigneur tournait dans son château comme un fauve en cage car il n’avait plus de nouvelle de son fils qui était parti chasser chez l’une de ses connaissances, dans un pays voisin, son retour aurait déjà du se faire déjà depuis longtemps, car le mariage ne devait plus tarder et il ne savait que répondre pour justifier l’absence de son fils. Il avait envoyé des courriers pour savoir ce qui le retenait, mais ils étaient revenus bredouilles ne pouvant donner de raison possible à sa disparition . Les jours passèrent sans que le jeune homme donne de ses nouvelles , ce qui rendit le châtelain dans une rage folle, chaque jour qui passaient le château retentissait des cris et des menaces proférés par le maître des lieux, les serviteurs tremblaient de peur lorsqu’ils étaient amenés à croiser le maître dans les couloirs sombres, car celui-ci étant armé d’un fouet passé ses nerfs sur tout ce qui bougé, serviteurs y compris. Des estafettes couraient dans tout le pays à la recherche du fils disparu, mais revenaient toujours bredouille et les jours passèrent et les semaines et les mois l’héritier du seigneur ne réapparaissait pas. La fiancée ainsi que sa mère étaient furieuse, car la date du mariage était passé depuis longtemps et toutes deux se sentir trahies par le méchant magicien et fermèrent les frontières de leur pays, déclarant l’accès interdit à tout habitants venant du pays de ce félon de magicien.
Pendant ce temps le jeune seigneur que l’on cherché partout ayant semble-t-il perdu la mémoire faisait la cour à la jeune fille du château où il avait été recueilli et soigné, leur amour avait grandi au fil des jours et bientôt ils parlèrent mariage en toute innocence, tout le monde étaient heureux de ce dénouement et bientôt des estafettes porteurs d’invitations parcoururent toutes les contrées avoisinantes pour prévenir les voisins de l’heureux événement, c’est ainsi qu’arriva au château du seigneur félon ,ainsi qu’à celui de la fiancée délaissée le faire part du prochain mariage du jeune seigneur et la petite fée.
« -Inutile de te dire Arnault ce qu’il en suivit de cette nouvelle, le magicien maudit son fils et l’ex fiancée en pleure demanda à sa mère l’aide nécessaire pour que sa vengeance soit terrible. Ainsi le magicien et la sorcière se réconcilièrent pour unir leur force à la destruction pure et simple du châtelain et de sa famille. Ils invoquèrent dans une séance très spéciale toutes les forces maléfiques et leurs ordonnèrent de se présenter lors de la cérémonie du mariage et de faire leurs offices tels que les deux méchants personnages l’avaient ordonné .
Pendant ce temps au château des fées les préparatifs du mariage ce poursuivaient, tandis que le jeune seigneur étranger entourait sa nouvelle fiancée de toutes les preuves de son amour sans jamais se lasser, chaque jour , il portait à sa promise des bouquets de fleurs odorantes, ou bien lui offrait des présents qu’il s’était procuré on ne sait pas trop comment, mais quel importance quand on aime on ne cherche pas à comprendre, la jeune fille était au comble du bonheur ainsi que sa famille, et le jour tant attendu arriva enfin.
Le château était illuminé par des centaines de flambeaux , la salle de bal était décorée somptueusement et un buffet avait été dressé ou tout les mets les plus rares avaient été réunis pour le plaisir du palais de chaque convive et la fête devant durer huit jours , ce n’est qu’ au troisième jour de la pleine lune que les amants devaient êtres unis au douzième coup de minuit, tout le petit peuple avait été convié aux réjouissances. Les deux premières nuits la jeune fille devait , coutume oblige danser avec tous les jeunes gens présents au bal, sauf avec son promis à qui elle devait réserver l’exclusivité le soir de ses noces, aussi devait elle enterrer sa vie de jeune fille pendant les deux bals qui précédé son union.
La première nuit arriva et Zita au comble du bonheur dansa et dansa avec tous les jeunes gens présent au bal , et vers les douze coup de minuit , arriva au château un jeune homme que personne ne connaissait et demanda à la jeune fille de lui accorder une danse comme s’était la coutume , elle accepta de bonne grâce , mais lorsque la danse fut fini , elle voulut accepter l’invitation d’un autre jeune homme , mais l’inconnu si opposa et retint Zita malgré elle. La jeune fille voulu se dégager de son étreinte mais il l’obligea à recommencer à danser avec lui, cela aurait pu durer la nuit entière si les parents de la jeune fille ne s’y était pas opposé.
L’inconnu rentra alors dans une grande colère des lueurs mauvaises jaillir soudain de ses yeux et d’une voix de tonnerre il lança une malédiction.
«- Jeune fille , tu t’apprêtes à épouser le fiancé d’une autre jeune fille, qui lui était promise depuis plusieurs années tu l’as détourné de cet hymen, pour cela tu ne connaîtra plus l’amour , mais tu devras vivre plusieurs siècles jusqu’à ce qu’un jeune homme ai pitié de toi et accepte de t’épouser malgré ton grand âge et ta laideur, alors seulement tu retrouveras ton château et tout tes invités ainsi que ta jeunesse et ta beauté. Mais pour l’heure tu vas subir ma colère , à chaque premier jour de la pleine lune comme ce soir tu redeviendras la jeune fille que tu était et tu revivras ton bal, mais aux premières lueurs de l’aube tu redeviendras une vieille femme laide jusqu’à la prochaine lune, bonne chance, puis il disparut dans un nuage de fumée tandis que des éclairs zébraient le ciel sans nuages, tout le monde resta pétrifié ils avaient perdu le goût de la fête, des ombres menaçantes avaient envahi la salle de bal et maintenaient les invités dans une grande frayeur.
Aux premières lueurs de l’aube Zita devint une vieille femme et les invités disparurent, seuls les parents proche de la jeune fille furent transformés en statues et furent projetés dans le parc au milieu de la pelouse et des buissons de roses et depuis deux siècles ils gardent le château comme des sentinelles figées dans la pierre , un brouillard s’éleva tout autour de la forêt qui petit à petit gagna le grand parc et plus personne ne s’approcha du château, seul quelques chasseurs s’y sont égaré et on ne les à plus jamais revu
Voilà Arnault la triste histoire de ce château et de la jeune fée qui allait épouser ce bel inconnu que ses frères avaient ramené par un beau matin d’automne.
« - Mais mamie Rosa que devint la pauvre petite fée, s’écria le jeune homme.
« - Comme je te l ‘ai dit , la jeune fille était devenue soudain une vieille femme laide et toute voûtée , elle pleura longtemps en errant dans le château qui était devenu désert , car tout avait disparu , plus aucun mobilier ne subsistait, les murs étaient vide de tout ornement la pauvre enfant appelait en vain à l’aide, mais seul l’écho des pièces rendues désertes lui répondaient, elle gémissait à fendre l’âme s’en était déchirant pour le cœur , puis les jours passant la pauvre femme pris enfin conscience de son malheur et se souvint qu’elle était malgré tout une fée, même si elle n’avait pas les pouvoirs du sorcier qui lui avait enlevé son bonheur, elle avait quand même conservée ses pouvoirs de fée. Son premier travail fut d’annuler le maléfice , mais rien ni fit, malgré tout ce qu’elle put tenter pour retrouver son ancienne vie. Alors elle décida de quitter le château et partit vers le village qui était non loin delà en espérant y trouver un peu de compassion et de réconfort, mais lorsqu’elle arriva sur la place du village elle ne trouva que des vieux très inquiet, car cela faisaient plusieurs jours que toute la jeunesse du pays avait disparu et les vieux parents étaient au bord de la panique.
« - Qu’est-il arrivé à ce village demanda-t-elle à la première personne venu , vous semblez tous si perturbés
« - C’est un grand malheur lui répondit la vieille femme, il y a quelques jours de cela , le village était en fête la jeune fille du château voisin allait convoler en juste noce avec un beau jeune homme et tout les villageois étaient invités à la fête qui devait durer huit jours, c’est alors que le soir de ce premier jour béni il y eu dans le ciel comme un violent orage sans pluie, d’effrayantes éclairs zébrèrent le ciel, et cela dura longtemps, puis quand tout fut fini il n’y avait plus trace du château et de ses habitants, à la place une brume épaisse et infranchissable nous empêchèrent de pénétrer dans ce qui fut un grand parc et nous ne revîmes plus les gens du village qui y étaient invité .
Jamais l’on ne les revit et les vieux qui étaient resté au village à cause de leur grand âge disparurent à leur tour mais eux à cause de leur vieillesse. Seule la pauvre fée resta en vie et vit le village accueillir d’autres habitants qui disparurent à leur tour laissant derrière eux leur descendance et la vieille fée était toujours là, elle avait fini par s’installer dans une vieille masure à la sortie du village et vivait comme une pauvresse mal aimée et crainte par les villageois qui la prenait pour une méchante sorcière et les années passèrent les générations se succédèrent et la vieille fée continua à vivre son calvaire .
Puis un jour vint ou la fée qui avait pris l’habitude de se transformer en renard roux pour chasser plus aisément sa nourriture, elle fut prise en chasse par un méchant homme qui l’insultait chaque fois qu’il l’a rencontrait, elle l’entraîna dans la forêt interdite et l’on ne revit plus jamais le chasseur et ainsi fit-elle pour se protéger des méchantes personnes lorsqu’elle se croyait en danger, c’est ce qui arriva à Arnault qu’elle prit pour un autre prédateur , mais lorsqu’elle se fut rendu compte de sa méprise elle fit en sorte au petit matin de le faire sortir de la forêt maudite, et se mettre sur son chemin au retour pour l’instruire du danger auquel il venait d’échapper. Ce jeune homme avait toujours était bon pour elle et la vieille fée ne lui voulait aucun mal
Vous l’avez compris cher lecteur, mamie Rosa n’est autre que la jolie petite fée transformée en vieille femme, mais que va-t-il arriver maintenant à nos deux héros ? Mystère.
Le jeune Arnault était vraiment triste de savoir qu’une jeune et belle jeune fille fut victime d’un si méchant sortilège et qu’elle était devenue une vieille femme depuis plus de deux siècles dans l’attente qu’un jeune homme accepte de l’épouser pour qu’elle puisse recouvrer sa belle jeunesse . Il quitta mamie Rosa tout pensif, Il faut absolument que je saches qui est cette vieille femme, elle doit habiter dans notre contrée, il me faut la trouver se dit-il et il rentra chez lui.
Chemin faisant il se remémora l’identité des personnes qui pouvait avoir un grand âge dans sa Contrée, bien sûr il y avait des femmes très âgées mais aucunes ne paraissait avoir plus de deux siècles, et puis elles avaient été mariées et avaient eu des enfants. Mais alors se dit-il la seule qui soit célibataire et qui à ma connaissance n’a point d’enfant c’est mon amie mamie Rosa, elle semble si vieille que l’on ne peut lui donner d’âge !
Il décida donc de surveiller les allées et venues de la vieille femme et chaque matin à l’aube il quittait le manoir et bien caché dans un buisson près de la masure de la fée il surveilla la porte d’entrée, Arnault était un beau jeune homme intelligent et il aurait bien fait le sacrifice de rendre à la malheureuse vieille femme ses atours d’autrefois , il avait le cœur assez noble pour cela. Il passa ses matinées et ses soirées à surveiller la vieille femme mais elle ne sortait que pour aller chercher ses fagots de bois et des baies comme à son habitude. Et le soir elle restait chez elle devant son maigre feu dans la cheminée , puis elle allait se coucher sur sa paillasse de feuilles mortes et de foin mélangés . Alors fatigué d’une surveillance de tous les instants Arnault rentré au manoir épuisé et affamé. Et le lendemain sa surveillance recommencé inlassable. Puis un matin à l’aube ou il était arrivé plus tôt qu’à l’ordinaire il vit la vieille sortir de sa maison et regardant de tout côté pour vérifier si personne ne pouvait l’observer elle se mit à quatre pattes, curieux pour son grand âge se dit Arnault qui l’observait tout ébahi, et soudain apparu un superbe renard roux à la place de la vieille qui avait disparue ; alors il compris tout, ce qu’il avait soupçonné depuis quelques temps déjà venait de se révéler, cette vieille femme était bien en réalité la jeune fée de la légende du vieux château.
Mais comment faire ce dit-il pour aider cette malheureuse, me faudra-t-il me mettre de nouveau en danger pour quelle accepte mon aide, je dois trouver un moyen et il rentra chez lui.
Le lendemain, il était de nouveau près de la masure et sans attendre que la vieille ne sorte il frappa à sa porte ,espérant qu’elle ne soit pas encore partit chasser transformée dans la peau d’un animal. La porte s’ouvrit et contrairement à son attente ce fut un renard qui sortit et qui s’enfuit à toute pattes, Arnault surpris ne put réagir à temps et décida de pénétrer malgré tout dans la masure. Et ce qu’il vit fut pour lui un choc, car contrairement à ce que l’on aurait pu voir de l’extérieur cela n’avait rien à voir avec l’intérieur, la vieille femme vivait dans un grand confort, le logis était chaud , bien meublé, et tout était d’une grande propreté. Il n’eut pas le temps d’explorer davantage la masure qu’une voix dans son dos le fit se retourner, mamie Rosa était plantée devant la porte les points sur les hanches , les yeux plein de fureur.
« - Que faites-vous chez moi s’écria-t-elle !
« - Mamie Rosa s’écria Arnault, je sais tout , j’ai tout compris, je vous en prie n’ayez aucune crainte, je suis votre ami, je veux vous aider , croyez en ma sincérité !
« - Alors petit écervelé tu as découvert mon secret, s’écria de nouveau la vieille femme furieuse qu’espères tu obtenir de moi petit misérable, maintenant que tu sais tout, que vais-je faire de toi ? Te transformer en souris et te faire dévorer par mon chat, ou bien te transformer en lapin, avec lequel je ferais un bon ragoût , à toi de choisir et levant le doigt en l’air, elle le dirigeât dans sa direction et aussitôt Arnault se retrouva paralysé, ne pouvant bouger ne serait-ce que le petit doigt. Les yeux exorbités de frayeur le pauvre jeune homme vit la vieille préparer un chaudron qu’elle mit sur les braises du foyer et commença à y mettre des légumes qui étaient déjà préparé dans une écuelle, mis un couvercle et attisa le feu dessous, puis se tournant vers Arnault avec un sourire sur les lèvres elle s’approcha de lui, et agitant de nouveau le doigt elle le délivra du charme qui le retenait prisonnier.
« - Ne croit pas que nous sommes quitte lui dit-elle, tu vas subir une épreuve et si tu t’en sort bien alors je te libérerais de ta promesse de me venir en aide. Tu as toujours été très gentil avec moi c’est ce qui t’a sauvé aujourd’hui, mais tout peu encore arriver.
Arnault resta sans bouger et attendit que mamie Rosa poursuive.
« - Tu vas écouter attentivement ce que je vais te raconter, ensuite il n’en tiendra qu’a toi de garder mon secret ou bien tu finiras dans ma marmite.
« - Comme tu le sais la jeune fée du château fut transformée en cette vieille femme que je suis, et pour me nourrir il me fallut ruser et me protéger des gens de la contrée qui ne voyait en moi qu’une méchante sorcière pour échapper à leurs menaces je me transformais en renard et c’est ce qui me permis parfois d’améliorer mon ordinaire en attrapant des petites proies comme des lapins ou bien des cailles ou tout autres oiseaux comestibles ; c’est ainsi que je piégés des chasseurs qui m’insultaient lorsque je les rencontraient sur les chemins du bois
Puis par un beau matin c’est toi que j’ai piégé et lorsque je me suis rendu compte de mon erreur tu avais passé la nuit au château c’est ainsi qu’au petit matin tu as suivi le renard qui t’a permis de sortir de cette forêt maléfique, sans lui tu n’en serais jamais ressorti.
« - Alors c’était toi , mamie Rosa qui m’a entraîné vers ce château , puis la jeune et belle jeune fille du bal c’était encore toi, et encore toi au matin qui m’a guidé vers la sortie de cette forêt s’écria le jeune homme furieux à son tour, pourquoi cela ?
« - Tes amis chasseurs étaient sur le point de me découvrir, je m’étais cachée dans un buisson lorsque j’ai entendu venir votre chasse, il me fallait me protéger de vos arbalètes qui m’auraient transpercées, aussi lorsque je vis l’un de vous isolé je l’ai entraîné vers la forêt maudite sachant que là j’étais protégée et que je pouvais me venger de l’un de vous c’est alors que j’ai compris ma méprise, mais il était trop tard la nuit tombée et tu étais piégé , j’ai alors attendu le matin et je me suis mise à rire très fort pour te réveiller et t’obliger à quitter cet endroit maudit
Et cela à marché tu t’es mise à ma poursuite et c’est ainsi que j’ai pu te faire sortir sans encombre de cette maudite forêt, puis m’ayant de nouveau transformée je me suis présenté sur ton chemin et tu connais la suite.
« - Alors mamie Rosa qu’attends-tu de moi s’exclama Arnault, me rends-tu ma liberté ou je suis ton prisonnier, je suis impatient de savoir !
« - Non, mon petit répondit la vieille toute émue, comment pourrai-je te faire du mal, toi qui fut mon seul ami depuis des décennies, que veux tu j’ai accumulée tant de rancœur toutes ses années , tu sais les hommes ne sont pas charitables avec les pauvres gens aussi je me suis protégée comme j’ai pu , c’est moi qui doit te demander pardon de ma méchanceté.
Et chose inattendu ils se jetèrent dans les bras l ‘un de l’autre et pleurèrent comme deux adolescents
« - Alors mamie Rosa acceptes tu que je t’aide, lorsque tu m’as raconté l’histoire du château ne m’as tu point dit qu’un jeune homme devait épouser la vieille femme pour que le charme se dissout ?
« - Oui, c’est vrai je te l’ai dit, mais qui voudrait épouser une femme vieille de deux siècles, aussi laides et édentées que moi !s’écria en pleurant mamie Rosa, je ne peux te demander ce sacrifice à toi qui fut toujours si bon pour moi.
« - Oh chère mamie Rosa ne m’as tu pas assuré que ce jeune homme serait récompensé de ce sacrifice, si il l’acceptait ? Alors saches que tu as devant toi ce jeune homme qui donne sa jeunesse pour te sauver, accepte ce témoignage de ma grande amitié pour toi.
« - Es tu bien sur de ton choix Arnault, tu seras marié à une vieille fée tu n’as pas peur ? Ta vie ne seras plus jamais la même, j’espères que tu as bien réfléchit ,songe aux moqueries de tes amis ainsi qu’au refus de tes parents. Pour ton bien tout le monde te convaincra de renoncer à ce projet, es tu assez fort pour surmonter tout cela ?
« - Oui mamie Rosa je suis prêt .
« - Alors voilà tu devras te présenter le jour du dernier quartier de la jeune lune dans la clairière ou l’on c’est rencontré la première fois, je serais transformée en renard et tu n’auras qu’à me suivre, je te conduirai au château , là un sorcier a accepté de nous unir ce jour-là , car le lendemain sera le jour maléfique qui m’a transformée en une vieille femme, or nous serons mariés lorsque la magie de cette nuit là va opérer ainsi le maléfice disparaîtra et je resterai une jeune femme, tout redeviendra comme il y a deux siècles
Il faut que tu saches encore que je m’appelle en réalité Zita, c’est ainsi que tu devras m’appeler lorsque nous serons mariés.
« - Mais que va devenir l’homme avec qui tu étais fiancée avant que le drame arrive, ne va-t-il pas te demander des comptes, s’écria Arnault soudain très inquiet .
« - Non rassures toi ce félon est vite retourné dans les bras de sa sorcière il y a deux siècles par le pouvoir de la magie, nous n’avons donc plus rien à craindre des ces gens là ; le maléfice disparaîtra définitivement cette nuit là et nous n’aurons plus rien à craindre.
« - Alors vivement ce jour-là s’écria Arnault, maintenant dit moi quelle épreuve tu veux que je subisse, ne m’as tu pas parlé d’épreuve mamie Rosa ?
« - Oui , tu devras garder le secret jusqu’au jour du mariage n’en parler à personnes , sinon rien ne pourra ce réaliser ai-je ta promesse
« - Oui sur mon honneur lui répondit Arnault
Alors , je te libères, nous ne nous reverrons que le jour dit et je serais un renard, pars et ne te retourne pas.
Inutile de vous dire dans quelle état de nervosité pouvait ce trouver Arnault, à vingt ans il allait connaître une aventure extraordinaire, il allait épouser une vieille femme de deux cents ans et le lendemain sont épouse n’aurait plus que vingt ans et de surcroît elle est une fée n’y a-t-il pas de quoi rêver ?
Le soir en question arriva enfin, Arnault avait revêtu ses plus beaux habits et s’était sauvé du manoir en se cachant , car qu’aurait il pu donner comme raison à ses parents pour avoir revêtu des habits de fêtes. Il était arrivé au rendez-vous très en avance, la nuit n’était pas encore tombée , il valait peut-être mieux pour pouvoir ce diriger correctement dans cette forêt si épaisse, il s’était munie par précaution d’une torche et d’un briquet ; tenant son cheval par la bride il réfléchissait à ce que serait fait ses lendemains lorsque une flamme rousse s’arrêta à ses côté . Il reconnu immédiatement le superbe renard qu’il avait croisé tant de fois , mais cette fois-ci il ne s’enfuit pas bien au contraire et même il lui parla.
« - Cher Arnault je vois avec plaisir que tu as tenu ta promesse et pour cela tu seras récompensé, ne t’effraie pas de ce qui va suivre il n’y a aucun danger. Aussitôt le renard leva une patte et Arnault et la vieille femme se retrouvèrent devant le château du maléfice. Un vieil homme y était déjà arrivé et il attendait au pied des grands escaliers, l’on ne pouvait distinguer son visage enfoui sous une grande capuche, un grand manteau l’enveloppait jusqu’au pied , l’on ne pouvait rien distinguer de lui. Pourtant la lune déjà levée, éclairée de ses rayons argentés le grand parc silencieux les blanches statues semblaient avoir une vie propre parmi les ombres des feuillages alentour , seul le silence était troublé par la vie nocturne des oiseaux de nuit et une douce brise agitée mollement les herbes folles au pied des statues. Cet endroit donné vraiment la chair de poule tant c’était triste et abandonné.
Soudain une voix grave s’éleva dans la nuit, c’était le vieil homme qui souhaitait la bien venue aux nouveaux arrivants.
« - Cher Zita c’est le grand jour pour vous, nous allons enfin connaître qu’elle ravissante jeune femme se cache sous les traits de ces oripeaux de malheureuse vieille femme , et ce jeune homme accepte de vous épouser, quel heureux homme et quel courage dit-il en dégageant son visage qui apparut aux yeux d’Arnault tout surpris.
Il est temps de faire la cérémonie car très bientôt les douze coups de minuit vont sonner et il sera trop tard. Allons dit-il en s’engageant dans les escaliers conduisant à l’intérieur du château, aussitôt suivi de mamie Rosa et d’Arnault . Ils pénétrèrent dans ce qui fut la grande salle de bal, où la malheureuse jeune et jolie fée revit chaque soir du premier jour de la pleine lune ce drame du bal néfaste où elle perdit sa belle jeunesse et tout ce qui fut sa vie et cela depuis deux cents ans
Le sorcier car s’en était un, fit apparaître un autel avec candélabres, encens, et tout ce qui fallait pour une cérémonie nuptiale, d’un geste il transforma les haillons de mamie Rosa en robe de mariée et comme Arnault avait revêtu des habits de fêtes il fit approcher les deux fiancés près de l’autel et commença les incantations nécessaires à la protection de ces deux personnes, puis sans perdre une minute il les unis en leur passant à chacun un anneau symbolique pour parfaire à leur union , puis prononçant la formule magique : Soyez unis pour le meilleur et pour le pire, qu’aucuns maléfices désormais ne puissent séparer ce que la magie à unie, embrassez-vous !
Le moment terrible pour Arnault d’embrasser sur les lèvres une vieille femme âgée de plus de deux cents ans était arrivé, lorsque soudain des éclairs zébrèrent le ciel et les douze coups de minuit résonnèrent dans la nuit, aussitôt le château s’illumina de cents torches la salle devint une salle de banquet où dansaient de belles dames et de beaux seigneurs et Arnault se vit tenant par la main une jeune fille splendide de beauté qui le regardait tout sourire et qui l’invitait à l’embrasser :
« - Arnault ne veux-tu pas embrasser ta fiancée ?
Tout les invités tenant une coupe à la main s’écrièrent « vive les jeunes fiancés que leur union soit féconde » et ils burent à leur santé, puis se remirent à danser. La jeune femme ne voyant pas ces parents ce précipita dans le hall et vit arriver avec une joie immense toute sa famille enfin délivré du terrible maléfice, tout les villageois avaient réapparus et une immense joie régnait enfin dans le somptueux château qui avait retrouvé toute sa splendeur d’autrefois.
Inutile de raconter la nuit qui ce finit sans aucun incident, et le jour ce leva sur le beau parc d’où les statues avaient disparues et où s’égaillaient les fêtards qui n’avaient pas pu regagner leurs demeures car elles ne leurs appartenaient plus, aussi chacun s’était trouvé un coin paisible pour récupérer de cette extraordinaire nuit.
Quant à Arnault et Zita ils s’étaient isolés dans un endroit retiré du château pour mieux profiter l’un de l’autre. Le jeune homme ne cessez de regarder cette jeune beauté qui était sa fiancée, une jolie brune au grands yeux verts et à la bouche vermeil qui ne cessez de lui prodiguer
des mots d’amours et des serments de l’aimer toujours. Ils ne pouvaient pas ce quitter tant leur bonheur était grand, l’amour avait triomphé de la magie.
Le beau château construit par une fée retrouva toute sa splendeur du passé , les malheureux villageois retrouvèrent grâce à la magie des deux fées leur village et Zita et Arnault après un magnifique mariage où tout les habitant du nouveau village et de l’ancien, tout le monde furent invité, la grande forêt repris sa place et le beau parc fut investi de superbes statues de pierre en souvenir des malheureux parents qui y passèrent plus de deux siècles.
Quant au beau renard roux on ne le revit jamais mais il paraît qu’il y en a qui le cherche encore !
Fin
Irène-B