Le chat qui aimait les souris

 

 

Par une belle journée de printemps Souricette toute guillerette trottinait gaiement dans l’herbe verte parsemée de rosée, les rayons du soleil levant éclairaient les perles de rosée semblables à des pierres précieuses  posées sur les  pointes de l’herbe.

 Souricette souriait au printemps , toute heureuse , son petit panier  sous le bras , elle partait au marché acheter des fruits et légumes, ainsi que du fromage dont sa famille et elle en étaient friand. Elle gambadait insouciante le nez au vent sans s’inquiéter de faire de mauvaises rencontres, le chemin était sûre elle le prenait régulièrement.

 

 Lorsque soudain derrière un massif de fleurs sauvages un obstacle l’arrêta , il était de taille pour une si petite souris , c’était un beau chat noir couché en rond et qui semblait dormir. Souricette malgré son jeune âge savait que les chats étaient pour les souris des ennemis mortels, aussi décida-t-elle de faire demi-tour avant que le matou ne s’éveille.  

« -  Ho la jolie petite souris que voilà, s’écria aussitôt le chat !

« - Tu es bien jolie dans petite robe rose, où vas-tu, ainsi avec ton petit panier ?

 La petite souris se mit à trembler de peur  oh la, la se dit-elle , c’est fini, il va me croquer et aussitôt elle s’élança pour fuir son ennemi tant redouté. Mais le jeune chat, qui avait bien dîné voulu jouer un peu, il allongea sa patte sans sortir ses griffes et souricette se retrouva coincée entre la patte du chat et un petit rocher.

 Allons lui dit celui-ci je ne suis pas ton ennemi, je ne te retiens que pour te faire comprendre que la trêve est signée entre chats et souris , nous ne sommes plus ennemis désormais, la preuve en ai que je vais retirer ma patte et tu pourras partir si tu le veux !

 Souricette, toute tremblante ne pouvait plus bouger, tant ces petites pattes étaient affaiblies , ses petites quenottes claquaient dans sa mâchoire   si fort qu’elle ne put proférer un son. Le chat le regard brillant s’amusait de voir la pauvre souris à demi morte de peur, mais fidèle à sa parole, il attendit en s’éloignant un peu que Souricette reprenne enfin ces esprits.

« - Oh, oh finit-elle par dire d’une toute petite voix, tu attends que je m’enfuie pour me sauter dessus par surprise  et ne faire qu’une bouchée de moi !

« -  Non, non, foi de noble chat, je n’ai qu’une parole et il s’en alla.

 Souricette mis beaucoup de temps pour comprendre qu’elle était saine et sauve, après avoir côtoyé de si près un chat. Lentement d’abord , puis s’élançant de toute la vitesse de ses petites pattes , elle rentra dans son logis et s’enferma à double tours. La petite souris resta plusieurs jours sans oser mettre son petit bout de nez dehors tant elle avait la crainte de rencontrer de nouveau le chat, ses frères et sœurs se moquaient d’elle , la traitant de trouillarde , eux les petits malins qui n’avaient jamais côtoyé  de chat !

 Le temps passa et Souricette s’était remise de sa grande peur. Elle décida alors de partir de nouveau au marché, malgré sa crainte de rencontrer de nouveau le chat . tout ce passa bien jusqu’à son  retour , mais au détour du sentier elle fut soudain arrêté par la masse noire du chat. Celui-ci semblait dormir comme à son habitude au travers du petit sentier qu’empruntait toujours Souricette. La petite souris croyant que celui-ci dormait et ne faisant aucun bruit , sautillant le plus loin possible du chat en espérant ne pas l’éveiller, mais tout le monde sait, sauf peut-être les petites souris qu’un chat ne dort  que d’un œil , et aussitôt que la petite souris arriva à sa hauteur ,il tendit une patte et retint la queue de Souricette ; celle-ci d’abord surprise se mit à trembler comme une feuille , cette fois-ci se dit-elle , je suis bonne à être croquée.

 

 Puis n’écoutant que son courage , la petite souris se mit très en colère et elle s’écria en regardant le chat droit dans les yeux :

«  - Ah, gros matou, on est courageux avec plus petit que soit, il est facile avec tes pattes pleines de griffes acérées et tes dents bien pointues de saisir des petites souris inoffensives ,pour les effrayer et ensuite les croquer, sache vilain matou, tu n’est qu’un vulgaire chat de gouttière , même pas digne de me croquer ! Elle s’arrêta toute essoufflée , déjà épuisée d’avoir essayé d’échapper au chat en tirant sur sa queue prisonnière sous la patte du minet.

 Le chat alors  se mit à rire et souleva sa patte pour libérer Souricette , qui toute à sa colère et son épuisement ne s’était aperçue de rien. Le minou avec un bon sourire lui dit :

«  -  Petite souris je ne suis pas ton ennemi, je suis jeune, j’aime m’amuser avec tout ce qui me passe sous les pattes, tout ce qui remue, un brin d’herbe, une balle, un papillon, une petite souris !!!!

 Souricette qui était peut-être un peu naïve , mais pas complètement ignorante des dangers courus par les petites souris lui répondit :

«  - Tu me prends pour quoi, matou des gouttières , crois tu que j’ignore que vous les chats êtes  nos ennemis  depuis toujours? 

«  - Oui, oui, petite souris , tu as tout à fait raison , mais de moi tu n’as rien à craindre, car je suis très différent de ceux de ma race. Je ne suis pas carnivore comme mes pareils, mais je suis végétarien !

 Souricette poussa un cri de surprise :

«  - Tu veux me faire croire que tu ne manges pas de viande, mais uniquement des verdures genre légumes ?

«  - Je bois du lait et je ne  mange que des œufs pour les protéines .

«  - Cela ne se peut, tu te moque de moi lui répondit Souricette.  Et aussitôt elle s’élança pour s’enfuir.

«  - Ah, ah se mit à dire le chat qui est le plus courageux des deux, tu es si peureuse que tu t’enfuis déjà , crois – tu que c’est ainsi que nous deviendrons amis ?

 Souricette qui était déjà très éloignée du chat lui cria :

«  - Sois sans inquiétude gros matou je vais revenir très vite ! Et la petite souris se précipita à la vitesse de ses petites pattes dans son logis pour faire part à sa famille de cette événement, elle arriva toute excitée  et ne prenant pas la peine de se calmer elle leur annonça la bonne nouvelle :

 « - Nous n’avons plus à craindre le chat car il est végétarien ! Inutile de vous décrire l’étonnement de son entourage, devant une telle affirmation.

«  -  Souricette lui dirent-ils es tu conscientes de ce que tu viens de nous dire ? Enfin, un chat végétarien, c’est comme si tu annonçais que les souris ont horreur du fromage ?

«  - La petite souris devint toute rouge de colère, et leur cria :

«  - Est-ce vous qui avez fait la rencontre avec le chat ? Et ce, par deux fois ? Il aurait pu dés la première rencontre me croquer toute cru, ainsi que la seconde fois, alors ?

Le grand-père de souricette qui était une très vieille souris , qui avait beaucoup vécu, déclara devant toute la famille ahurie qu’il allait accompagner Souricette rencontrer le chat, nous aurons ainsi la preuve qu’elle n’a pas mentie ! Bien entendu tout le monde s’attendait à ce que la petite souris refuse d’accompagner son grand- père , mais devant le courage de celle-ci ils commencèrent à douter, et si elle avait raison se dirent-ils , alors ils les regardèrent partir avec néanmoins une certaine angoisse.

 

Lorsqu’ils arrivèrent près du matou , le grand-père malgré son courage se mit à trembler, tandis que Souricette très sure d’elle s’approcha du chat et lui présenta son grand-père.

«  - Matou lui dit-elle voici mon ancêtre , répète devant lui ce que tu m’a affirmé, que tu n’étais pas carnivore et que tu étais amis avec les souris !

«  - Approche toi vénérable vieillard,  lui dit le chat et vient recevoir le baiser de l’amitié,

«  - Oui ; lui répondit l’ancêtre et d’un coup de dent mon affaire et faite.

« - Ah, ah, vous êtes vraiment courageux lui répondit le chat, après tout vous n’êtes que de vulgaires souris !

«  - A ces mots le grand-père piqué au vif sautilla jusque sous le menton du chat, aussitôt  celui-ci saisi le grand-père dans une de ses pattes le porta à sa bouche, la pauvre Souricette était prête à s’évanouir de terreur, lorsqu’ elle vit le chat sortir sa petite langue rose et lécher gentiment le grand-père , puis il le reposa plus mort que vif au sol.

«  - Alors dit le chat ne suis-je pas votre ami ?

Le vieillard était devenu tout mou et ne tenait plus sur ses pattes, tant la peur l’avait affaibli, Souricette qui avait très vite repris courage se précipita pour soutenir son aïeul et le rassurant du mieux qu’elle put.

Le grand-père regarda le chat et lui dit d’une voix très faible :

«  - De mémoire de souris jamais je n’ai ouïe un pareil récit, il me faut arriver à mon âge pour connaître une pareille aventure, cela restera dans les annales des souris !!!!! Tu es un noble chat et nous sommes désormais des amis.

Depuis ce jour-là , Matou car c’est ainsi qu’il fut appelé depuis, fréquenta les souris avec qui il partageait  leur repas végétarien comme il se doit. Mais pour la moral de l’histoire les petites souris ne firent jamais confiance à d’autres chats que ce Matou qui sortait vraiment de l’ordinaire.

 Fin

 Irène B