Le jardin enchanté

 LE JARDIN ENCHANTE  « OU L’ AVENTURE DE TATIANA »

   Il existe dans un pays lointain , dans un monde imaginaire, un jardin merveilleux où règne la paix et la sérénité; où le silence n'est troublé que par le bourdonnement des mouches à miel qui butinent les fleurs de ce jardin qui ne meurt jamais semble-t-il! Car à chaque saison, il y a toujours un tapis de fleurs multicolores aux doux parfums. C'est le paradis des oiseaux et des écureuils, car ils trouvent toujours leur subsistance et c'est aussi un superbe potager où les légumes plus gros qu'ailleurs ont de belles couleurs et un goût excellent. Pour irriguer ce beau jardin, il y a une source d'eau vive d'une grande pureté, qui, cachée sous les lierres et les châtaigniers, fait entendre son doux murmure et grossit un ruisselet qui court dans une profonde gorge inaccessible, et va grossir plus loin une rivière.

 C'est là que Tatiana pénétra un jour après beaucoup d'efforts, car ce jardin était très bien caché parmi une végétation dense et infranchissable.

 Il y a des années de cela, le jardin était travaillé par un vieil homme tout ridé et très âgé. Le jardin était le plus beau du pays, et beaucoup de gens l'enviaient, ils auraient bien voulu se l'approprier. Et quand le vieil homme revenait au village on lui disait:

  -«  Alors père Anselme, quand allez-vous nous le céder votre jardin? Vous êtes bien trop vieux pour le travailler, vous finirez bien par cessez vos activités; à quoi vous sert de vous obstiner?

 Mais le père Anselme secouait la tête et répondait en souriant: "Il n'est pas à vendre , et puis je ne suis pas encore mort!" Et il passé son chemin d'un pas lent et mesuré, le dos légèrement courbé, car à son âge les rhumatismes le dévoraient.

 Le temps passait et le jardin étaient toujours merveilleusement beau, et les gens du village allaient sur la route pour l'admirer; car il était situé dans le creux d'une gorge entourée de coteaux envahis de  garrigues en pentes vives. Seul un chemin y accédait.

Puis un beau jour, le père Anselme partit pour un long voyage sans retour. Et les envieux étaient impatients de savoir qui allait hériter de ce jardin merveilleux; et il leurs seraient alors possible de se l'approprier. Mais par malheur pour eux le père Anselme avait un héritier , un fils qui avait quitté très jeune le village. Et le vieil homme était si âgé que les gens du village ne se souvenaient plus de ce fils. 

 Aussi quel ne fut pas leur déconvenue, quand il apprirent son existence. Mais comme il habitait un pays lointain , dans un autre monde, il ne voulu rien savoir sur les biens de son père. Et tout resta en l'état tel que le père l'avait laissé. Sa maison devint une masure et les ronces en fermèrent l'entrée. Et le beau jardin tant admiré par tous, devint un lieu infesté de mauvaises herbes, des ronces en obstruèrent le passage; puis les épineux se mirent a pousser et formèrent un mur infranchissable. Le chemin qui y accédait fut lui aussi la proie des végétaux qui en firent disparaître la trace. C'est à peine si l'on pouvait le deviner.

Le temps passa, personne ne parlait plus du jardin, les gens du village vieillirent eux aussi, et les enfants ne voulurent plus s'occuper, de cultiver la terre. Ils étaient appelés par un monde nouveau ; les uns après les autres ils partirent, laissant le village s'endormir avec leurs vieux parents. 

  Puis un jour une jeune femme arriva au village, elle venait d'un monde où régnait la terreur, le bruit, la pollution et où le danger était permanent aussi, elle prit la fuite un beau matin et vint s'échouer dans cet autre monde, dans ce village ignoré des hommes, blotti frileusement sur le flan d'un coteau ensoleillé, entouré de vignes qui à la saison des vendanges sont chargées de lourdes grappes de raisins mûrissant sous le  soleil  de ce pays. Ce petit village ignoré, dans son écrin de verdure parfumé par la floraison des mimosas l'hiver, poussant au flanc des coteaux et succédant presque aussitôt les amandiers qui, ne craignant pas les frimas de Février recouvrent leurs branches noires d'une multitudes de pétales blanches et roses.

Tatiana, elle s'appelait ainsi, s'installa au village dans la vieille maison du père Anselme. C'était la seule maison qui était disponible au village, car personnes ne voulu lui louer quelque chose; -"Prenez cette maison",  lui dit-on, personnes ne viendra vous déloger, le vieil homme qui l'habitait est partit il y a bien longtemps pour un voyage sans retour. Tatiana prit donc possession de la vieille masure. La maison n'était pas bien grande ,elle ne possédait qu'une petite chambre sous la toiture et d'une salle de séjour avec une petite cuisine attenante, le tout orienté vers le sud-est face à un coteau où courrait la garrigue; prés de la maison un petit courtil était encadré de plusieurs courtals. La maison était très vieille, mais Tatiana s'y plu tout de suite, cette maison avait une âme, comme si elle cachait un secret; une curieuse atmosphère y régnait, comme si l'ancien occupant des lieux allait revenir bientôt. Mais une épaisse couche de poussière jonchait le sol et recouvrait les meubles, des toiles d'araignée cachaient les vitres sales et pendaient des poutres noires du plafond. La jeune femme se mit à l'ouvrage sans attendre et bientôt la petite maison reluisait de propreté. Après avoir tout nettoyé, Tatiana put enfin découvrir le contenu des beaux meubles anciens qui luisaient dans la pénombre. Le soleil avait tourné et la nuit commençait à descendre sur l'horizon qui virait à l'indigo créé des ombres dans le petit logement; elle se dirigea vers une grande armoire qui était placée dans l'angle le plus obscure de la salle de séjour. Elle contenait d'innombrables livres et des manuscrits très anciens. Peu a peu elle découvrit certains documents écrit dans une langue qu'elle ne connaissait pas. C'étaient des manuscrits écrits sur parchemin, dans une curieuse écriture, qui n'avait rien de  commun avec les écritures de ce monde. Elle semblait appartenir à un autre monde. Mais lequel? Ce demandait la jeune femme. Puis elle poursuivit son examen des autres meubles. La maison cachait de véritables trésors , riches de vieilles faïences , de vieux étains, de linges de maison brodés avec beaucoup de finesse, un peu jaunis par les années passés sans servir, de meubles sculptés dans des bois de valeur et surtout d'une grande cheminée taillée dans un granit rose ,sculpté a son fronton d'un écusson aux armes du pays.

Comme c'était la saison automnale Tatiana décida de nettoyer aussi la cheminée toute noire de suie et décida  après cela de faire un feu. Il y avait dans le courtal, prés de la cuisine de vieilles souches de vignes et quelques rondins. Lorsqu'elle voulu se pencher sur le foyer pour embraser le bois , elle trébucha sur le vieux tapis posé à même le sol devant le foyer; et pour se rattraper elle posa la main sur la sculpture représentant l'écusson , elle entendit comme un déclic et aussitôt une petite cavité dans le manteau de la cheminée s'ouvrit laissant apparaître un trou noir.

 Tout d'abord surprise, puis se ressaisissant elle se munie d'une pile électrique et dirigea le faisceau lumineux dans la cavité craignant d'y mettre les mains, ne sachant pas ce que cela pouvait cacher. Tout d'abord , elle ne distingua rien, puis une forme oblongue toute noire apparut qui semblait être un carnet en cuir noir. Elle s'en saisit et s'en plus attendre elle s'assied dans le grand fauteuil de cuir prés de la cheminée et oubliant d'allumer une flambée, aussitôt elle se mit à l'examiner. c'était un grand carnet de cuir noir genre agenda dont les pages étaient couvertes d'une écriture fine et nerveuse.

 La curiosité étant chez Tatiana une qualité plus qu'un défaut, elle entreprit malgré la nuit qui était tombée obscurcissant complètement la pièce et après avoir allumé une petite lampe de chevet posée sur une table prés du fauteuil, elle se mit à lire les premières pages du manuscrit, elle était tellement absorbée par ce qu'elle lisait, que rien ne l'aurait fait bouger si ce n'est qu'elle exprima un frisson ; la pièce était fraîche et les ombres de la nuit dessinaient d'étranges formes sur le fond de l'horizon. Elle s'aperçut alors qu'elle n'avait pas allumé de feu et l'air était devenu glacé, elle se leva en posant le carnet prés de la lampe , craqua une allumette et aussitôt une flamme clair jaillit dans le foyer, chassant les ombres dans les coins de la pièce ; Puis elle ferma les volets et se remit a lire.

 La lecture du carnet révéla à Tatiana un aspect particulier du personnage qui l'avait écrit ; il était question dans ce manuscrit d'un jardin, mais d'après le narrateur il s'agissait d'un jardin particulier. Sur la page de garde l'écrivain prévenait la ou les personnes qui seraient amenées à le lire de le brûler sans aller plus loin, car si elles persévéraient dans leur examen il ne répondait plus de rien. 

 Tatiana de plus en plus intriguée en oublia de manger malgré l'heure tardive elle continua a lire le manuscrit 

 Le contenu du carnet parlait de la vie du vieil Anselme, l'homme avait noté jour après jour les aventures qui lui étaient arrivées dans sa prime jeunesse et ce jusqu'à l'âge présumé de sa mort.

 A cette époque Anselme était un petit garçon qui allait à l'école et qui le jeudi et le dimanche accompagnait son père cultivateur. Certains jours , il descendait au potager pour y faire quelques menus travaux pour aider son père, il aimait bien ce coin isolé au milieu de la garrigue , car cela sentait si bon quand au printemps le soleil dardait ses rayons et chauffé le thym et les herbes sauvages . Il marchait sur le sentier qui conduisait au jardin et sous ses pas s'élevait un bouquet changeant de papillons de toutes les couleurs , de sauterelles se mêlant aux fleurs multicolores qui jonchaient les bords du chemin.

 Par un beau matin de Juin ,Anselme accompagnait son père. Ils descendaient au jardin, il faisait si bon que l'enfant musardait en essayant d'attraper papillons et sauterelles, lorsqu' il entendit, soudain un léger cri qui semblait venir du sol prés d'un arbre mort. Il s'arrêta et attendit, soudain le cri recommença, il se dirigea vers le lieu d'où cela provenait se furent des gémissements qu'il entendit alors, puis un sourd grondement. Arrivant sous l'arbre il resta ébahi, le spectacle qui s'offrit a lui à lui ne pouvait que l'étonner, il se frotta les yeux croyant rêver , mais il était bien éveillé; tout d'abord il vit un chien de chasse qui semblait menacer quelque chose, l'animal grognait furieusement et s'apprêtait à bondir sur une petite forme roulée en boule prés de la racine de l'arbre, quand cette chose se mit à crier, l'enfant ramassa une branche qui était à terre et chassa le chien qui partit en courant,

 puis s'approchant de la petite forme, il découvrit un petit lutin pas plus haut que trois pommes. Son pied était coincé dans un trou de l'arbre et il gigotait comme un petit diable pour ce dégager. Anselme s'agenouilla prés du petit homme et lui parla doucement:

-"N'ai pas peur, je ne te veux aucun mal, attend je vais t'aider!

-"Je n'ai pas peur lui répondit le lutin, c'est que je ne peux pas dégager mon pied qui est coincé.

-"Ne bouge pas repris Anselme je vais t'aider, prenant délicatement le petit pied dans ses doigts, il fit une traction est le pied fut libre.

-"Grand merci lui dit le lutin, je m'appelle Adelphe, toi tu t'appelle Anselme je te connais bien.

Anselme ne répondit pas, il regardait le petit homme avec curiosité, c'était la première fois qu'il en voyait un de si près. Leur existence était connue bien sûr par tous les habitants de ce monde, mais personne ne pouvait ce vanter de les avoir vus.

C'étaient de petits hommes ne mesurant pas plus de trente centimètres de haut, portant des vêtements très colorés et vivant en communauté dans des clairières aux creux des forêts ou bien dans des gorges profondes près d'un point d'eau. Ce jour-là Adelphe avait été surpris loin de son village par un chien de chasse en voulant fuir , lorsqu'il avait entendu au lever du jour des bruits de voix; c'étaient des chasseurs qui partaient à la chasse avec leurs chiens sur les talons; il avait voulu se réfugier dans le trou d'un arbre mais il n'en avait pas eu le temps, car un chien avait senti sa présence, et dans sa précipitation son pied s'était pris dans un trou sans pouvoir le retirer; le chien lui arrivant dessus il cria au risque d'attirer l'attention sur lui , c'est alors qu'Anselme apparut et sauva le lutin.

 Adelphe, remit de son émotion regardait le petit garçon avec bienveillance; c'est alors que le père de l'enfant l'appela. Ne le voyant pas venir et le cherchant des yeux. Anselme répondit à son père et du prendre congé du lutin.

-"Ne t'inquiète pas Anselme, lui dit le lutin, je connais ton jardin, et je sais que tu y viens régulièrement, nous nous reverrons, je te contacterai, à bientôt, mais surtout pas un mot à quiconque.

 

 Tatiana fut très surprise de ce qu'elle venait de lire, car dans le monde cruel d'où elle venait, il n'existait pas d'êtres aussi petits et intelligents que ses petits hommes, sauf peut-être dans les légendes  Mais elle n'était pas au bout de ses surprises; elle continua sa lecture.

 Anselme continuait son récit. Quelques jours plus tard l'enfant était très énervé. Il faut dire que les jours d'école son impatience était à son comble, il était pressé d'arriver au jour de congé où il pourrait redescendre au jardin. Ce matin-là l'enfant anxieux demanda à son père:

-" Quand allons nous au jardin?

 Le père surpris devant l'impatience de son fils, le regarda bizarrement, mais très vite il pensa à autre chose. Anselme ne tenait plus en place et lorsque son père  donna le feu vert du départ  il ne se fit pas prier.

 Ce matin-là le ciel était bas et la fraîcheur vivifiante. Anselme sentait des ailes lui pousser dans le dos; jamais il n'avait eu autant de plaisir à partir faire des corvées dans le jardin de son père. Depuis qu'il avait fait la connaissance avec Adelphe le lutin, sa vie avait changée complètement. Aussi fut-il le premier à arriver dans le jardin; ses yeux fouillant les moindres buissons, les moindres recoins, derrière un choux ou une salade ou bien une rangée de carottes, mais il ne vit rien, tout était calme, seul le vent dans les ramures des chênes pubescents lui donnait l'impression d'une voix qui semblait l'appeler. Il était aux aguets des moindres bruits; et la matinée passa, monotone et laborieuse, lorsque l'heure de la pose du repas arriva, l'enfant était triste et semblait fatigué, il avait  perdu son allant du matin, son ami le lutin s'était semble-t-il moqué de lui. Aussi n’ayant pas trop de travail le père  dit à son fils, - va mon enfant, va te promener, aujourd'hui je peux me passer de toi, mais surtout n'oublies pas de rentrer avant la nuit, ta pauvre mère pourrait s'inquiéter. Anselme retrouvant toute son énergie partit sans se retourner. Mais il n'eut pas le temps de franchir le seuil du jardin qu'il entendit près de la source dans la châtaigneraie une voix qui l'appelait.

-" Anselme!, Anselme!, ...Je suis là!... Ton ami Adelphe le lutin te souviens tu? Te souviens tu de moi?

 L'enfant fou de joie, s'arrêta immobile et demanda:

-" Qui m'appelle, c'est toi Adelphe mon ami?

-" Viens, reprit la voix, viens près de la cascade, tu verras un berceau de lierre.

 Anselme s'approcha, et vit sous le berceau de lierre ,la forme minuscule et le bonnet rouge du lutin. Mais il n'était pas seul, une autre forme aussi petite que lui apparut, un autre lutin plus vieux lui sembla-t-il, une barbe blanche lui mangeait le visage dans lequel étincelaient deux yeux pareils à des pépites , tant ils étaient brillants.

-"Approche Anselme, lui dit le lutin, tu es semblable à ce que mon fils m'avait décrit, tu es bien le fils de l'homme qui à fait tant de labeur dans cette partie de la garrigue, le seul endroit accessible à l'être humain.

Mon enfant, je vais te révéler un secret, tu dois me promettre avant cela de le garder pour toi car tu seras le seul être humain à connaître ce que je vais te révéler.

-" Au nom de l'amitié qui me lie à Adelphe repris le petit, je vous fais serment de ne jamais révéler le secret même de votre existence.

-" C'est bien reprit le vieux lutin, je crois en ta parole.

-" Voilà reprit-il:

"Il y a des millénaires , nous étions un peuple qui habitait ce monde, nous étions comme vous les humains de taille normale, tous semblables à vous, nous vivions très heureux ,nous cultivions la terre, et nous nous nourrissions des produits de notre labeur. Puis un jour nous vint un étranger à notre monde, il fit son apparition un beau jour de printemps ; l'aube était déjà levée le village était toujours endormi, le ciel était de toutes les couleurs, des écharpes de nuages gris, blancs et rouges donnaient une curieuse impression, lorsqu'une forme noire apparut au détour d'un sentier. Paterne un vieux paysan qui c'était levé très tôt ce matin-là souffrant d'insomnies comme beaucoup de gens de son âge, avait aperçut le personnage, mais sans s'arrêter il était partit courir la garrigue  à la recherche de quelques plantes médicinales pour confectionner des tisanes soporifiques.

Cet étranger en réalité venait d'un monde des ténèbres, sont monde à lui était dans les nuées obscures d'une lointaine galaxie. Chassé par son peuple il avait échoué par hasard dans notre monde.

 Au début il nous apparut comme un rédempteur , il nous enseigna des techniques plus élaborées pour avoir de meilleurs rendements dans nos cultures , puis petit à petit il devint le grand ami de notre roi qui ne fit depuis lors que ses quatre volontés, le roi complètement sous l'emprise de cet étranger devint un homme très agressif et très méchant il demanda de plus en plus de rendement à ses employés qui dirigeaient sa maison, il augmenta les impôts ce qui amena notre peuple au bord de la famine; il nous fallait travailler encore plus pour avoir de quoi remplir nos greniers; mais un jour arriva où il nous obligea à travailler pour lui comme des esclaves que nous étions devenus sous peines de graves punitions. Nous n'avions plu le temps de penser ou bien nous révolter tant nous étions épuisés. Les femmes, les enfants, les vieillards, tout le monde devait travailler pour le roi et son maléfique compagnon. Puis un jour vint où nous apprîmes que le vieux roi était malade, notre peuple reprit espoir le roi mort nous allions enfin retrouver un peu de liberté; le  Maléfique comme nous l'appelions désormais, car cette homme qui nous faisaient si peur allait partir, nous laissant enfin libre comme avant son arrivée.

 Que nous étions naïfs reprit le vieux lutin, non seulement il resta dans notre monde mais il se fit proclamer roi, à la place de notre vieux roi. A partir de ce jour là ce fut pire si cela était encore possible, les enfants et les vieillards tombèrent d'épuisement, puis se fut le tour des femmes pourtant plus résistantes, il ne restait plus que les jeunes hommes valides mais très épuisés. Nous étions devenus un outil de travail à l'ambition démesurée de cet être venu du néant. Et les années passèrent; jusqu'au jour où un espoir nous fut donné.

 Depuis quelques jours déjà un jeune homme s'était enfui de notre monde. Personne ne su jamais comment, mais un matin il était réapparut en se cachant de nous tous. Mais la nuit venue il vint nous voir et nous apporta de l'espoir. Il nous expliqua qu'il allait avec l'aide d'une personne venu d'un autre monde nous aider à nous libérer de ce joug. Puis il disparaissait tout le jour et ne réapparaissait que la nuit pour nous soutenir dans nos espérances.

 Enfin une nuit il revint et nous dit çà y est nous avons réussi et devant nos regards interrogateurs, il nous montra une petite fiole contenant un liquide verdâtre, il nous expliqua que cet élixir avait le pouvoir de nous rendrent immortels , mais avait aussi un inconvénient c'était qu'il rendait minuscule. Et pour nous prouver ses dires il absorba quelques gouttes de l'élixir et disparut aussitôt à nos yeux ébahies.

-"Je suis là, cria-t-il prés du pied de la table.

Tous comme un seul homme, nous avons cherché des yeux le pied de la table d'où venait la voix; et nous vîmes très étonné un petit homme pas plus grand que trois pommes,-" voilà dit-il notre nouvelle forme, celle qui nous sauvera du Maléfique; mais pour cela il ne faudra pas disparaître tous ensembles, il s'en apercevrait, vous disparaîtrez par groupe de trois; mais avant cela il faut que vous sachiez que vous ne retrouverez jamais votre taille actuelle, vous resterez éternellement à cette taille. Que ceux qui veulent rester des hommes quittent cette pièce à l'instant même. Mais personnes ne partit et nous pûmes organiser d'un commun accord notre disparition .

 Désormais chaque jour qui passera trois d'entre vous devra boire de cet élixir, au début, le maléfique ne remarquera pas votre disparition, car vous serez trop peu nombreux, et peu à peu tout notre peuple aura disparu de ce monde, comme nous serons immortels nous survivrons au Maléfique.

 Et ainsi fut fait, reprit le père d'Adelphe le lutin, tous les hommes, femmes, enfants burent la potion qui les rendirent immortels. Le Maléfique devint furieux lorsqu'il constata qu'il y avait de moins en moins d'ouvriers et personne ne pouvait lui dire ce qu'ils étaient devenus. Il n'y avait plus d'enfants dans le pays ils avaient disparu les premiers, puis ce fut le tour des femmes et enfin il ne resta qu'une poignée de jeunes hommes qui disparurent à leur tour en une nuit. Le Maléfique se retrouva tout seul.

Pendant ce temps les petits hommes n'avaient pas perdu leur temps, ils avaient organisé un village dans des grottes faites à leur dimensions, dans une gorge profonde prés d'une rivière, libre de leur temps désormais ils avaient créé un village. Et depuis des millénaires nous vivons ainsi loin des hommes et de leurs maléfices.

 Le Maléfique avait disparu depuis longtemps, lorsque bien des années plus tard des hommes de taille normale sont arrivés en masse et s'installèrent dans nos villages abandonnés et vécurent dans nos misons et tout ce qui avait été notre univers.

 C'est ainsi que nous vîmes arriver ton père, et entreprendre de remettre ce jardin dont il s'occupe actuellement en activité, nous l'avons observé, sans jamais nous montrer et c'est ainsi que nous connaissons tout le monde et que nous t'avons vu grandir et travailler avec ton père tel que nous le faisions nous aussi autrefois.

 Anselme était très ému en apprenant la triste histoire de ses êtres si petits, qui avaient autrefois  été des agriculteurs tout comme son père et les gens de ce village. Et les larmes dans les yeux il promit au lutin de respecter à jamais le secret qu'il venait de lui révéler.

 Tatiana frissonna, le feu avait baissé, il ne restait qu'un lit de braises, aussitôt elle s'ébroua et remit des bûches dans l'âtre et bientôt une grande flamme claire s'élança dans la cheminée, apportant à la jeune femme une chaleur réconfortante. Bien enfoncée dans le fauteuil de vieux cuir, oubliant sa fringale reprit avec avidité et curiosité le récit qu'Anselme avait noté dans son carnet noir.  

Anselme après avoir promis aux deux lutins de respecter leur secret , regagna sa demeure avec des yeux grands ouverts sur la vie; interrogateurs de toutes choses. Lorsqu'il arriva prés de sa maison, il la regarda intensément comme si il la voyait pour la première fois. Elle lui parut très quelconque, cette maison de pierres grises, avec un étage qui abritait la chambre, située sous la pente du toit recouvert de bardeaux de bois. Rien ne donnait lieu à penser que cette maison ai pu abriter autrefois dans une époque lointaine des gens comme lui, qui devinrent sur une décision de leur futur roi de petits êtres minuscules, et qui quittèrent ce qui était cher à leur yeux pour fuir un tyran.

 Il observa avec attention les meubles de bois massifs construits pour durer des générations, les poutres massives  et le sol de terre battue recouvert récemment d'une couche de ciment qui permettait un nettoyage plus aisé. Il ressentit brutalement toute la détresse de ses êtres fait pour une vie de labeur dans la plénitude de leur foi en la nature leur mère nourricière, et le désespoir d'être obligé brutalement par la force d'un esprit du mal de transformer leurs apparences pour disparaître  à jamais aux yeux des êtres humains venant de mondes pleins de mirages, de douleurs et de peurs. Des exodes massives jetaient des êtres fragiles dans ces mondes préservés, pour en faire leur univers à eux, avec tous leurs défauts, et traînant avec eux la destruction.

Anselme pris conscience de tout cela et se dit en lui-même, plutôt me coudre les lèvres que de révéler à qui que ce soit l'existence de ses petits êtres inoffensifs.

 L'enfant deviendra un beau jeune homme , qui grandira en force et en sagesse, car il fréquentera l'école jusqu'à l'âge de vingt ans, mais surtout par ce qu'il fréquentera assidûment les lutins. Depuis la dernière visite qu'Anselme avait fait auprès d'Adelphe et de son père dans la châtaigneraie, il fut un certain temps avant de pouvoir revoir ses amis.

 Le temps passa, et sur la promesse faite d'une mise à l'épreuve:

-" Si tu peux rester trois longs mois de l'hiver sans chercher à nous rencontrer , nous aurons la certitude que tu es notre ami; alors nous te contacterons. Et l'hiver arriva avec ses frimas et ses gelées, plus tard la neige recouvrit toute la terre et Anselme était inquiet pour ses amis les lutins; mais il avait promis il ne tenta aucunes approches de toutes manières il n'aurait su où les trouver. Il continua ses activités scolaires, et comme l'hiver il ne pouvait descendre dans le jardin, ses jours de congés étaient occupés à plusieurs taches, couper du bois dans le courtal ou bien pour améliorer son argent de poche, il allait faire quelques travaux chez ses voisins les plus proches.

 Et le printemps arriva tout doucement, le mois d'Avril annonçant les premiers bourgeons, les fleurs des arbres fruitiers et surtout les premières semences au jardin. Et Anselme tout joyeux reprit le chemin du jardin avec son père, il avait changé, l'enfant était plus réfléchit moins exubérant. Son père s'en étonnait un peu mais supposa que s'était les travaux de l'hiver qui l'avait mûrit.

 Plusieurs jours passèrent sans que les lutins donnèrent signe de vie. L'adolescent revenait régulièrement aider son père aux travaux du jardin sans chercher autour de lui la présence éventuelle d'un lutin, il était confiant dans la parole donnée et il attendait.

 Un matin que le soleil était chaud, les merisiers en fleurs, bruissant de vie active, Anselme s'approcha d'un des arbrisseaux pour observer le jeu des abeilles butinant le pollen, lorsqu' il entendit un appel:

  Anselme, Anselme, te souviens-tu?

 L'adolescent entendit tout d'abord comme un murmure à peine audible. L'appel reprit:

 -" Psitt, psitt , Anselme, Anselme, te souviens-tu de moi? Adelphe le lutin.

 Anselme se pencha sur le sol, lorsque la voix reprit:

 -" Regardes dans le buisson d'aubépine.

 L'adolescent regarda dans le buisson et il vit le bonnet rouge du lutin et deux petites mains qui s'agitaient.

 -" Oh mon ami, s'écria Anselme, comme tu m'as manqué!

 Le lutin ne lui laissa pas le temps de continuer son discours, il lui dit rapidement:

 -" Débrouilles-toi à être dans une heure dans la châtaigneraie prés de la source, je t'y attendrai. Et il disparut.

 Ce n'était qu'une heure est pourtant il lui sembla que s'était un siècle qui venait de s'écouler , quand Anselme avait rejoint la source dans la châtaigneraie. Adelphe et son père l'attendait.

 -" Merci d'être venu lui dit le père , je m'appelle Odilon, et je veux te remercier au nom de tout mon peuple, tu as tenu ta promesse, et nous ne sommes pas des ingrats; pour te remercier nous avons décidé de faire une grande fête en ton honneur, et à cette occasion nous te remettrons une récompense. Il faudra que l'après-midi de dimanche tu trouves le moyen de ne pas travailler avec ton père. Nous t'attendrons au pied de l'arbre mort, où tu as rencontré Adelphe.

 -" Pourras-tu venir?

 -" Oui, oui, répondit Anselme, je me débrouillerai.

 -" Bon,  alors à dimanche lui dirent les deux lutins, ils enfourchèrent deux énormes rats qu'ils avaient tenus cachés derrière les lierres ils partirent sous les yeux ébahies de l'enfant.

 

 Tatiana fit une pause, elle n'en croyait pas ses yeux. Le père Anselme comme on l'appelle au village, avait rencontré des lutins, chose incroyable! Mais alors cela expliquerai la présence de tout ces grimoires anciens dans une langue inconnue.

 Le feu crépitait dans la cheminée, il faisait chaud, elle prit la bouilloire qui était dans les braises et se versa une tasse de thé, derrière les volets clos, le vent soufflait en rafale; une branche tapait régulièrement au volet, demain se dit-elle, il me faudra la couper. Puis elle reprit sa lecture, ramenant frileusement son châle sur ses épaules .

 

 Le dimanche était arrivé, et Anselme ne tenait plus en place; il avait dit à ses parents qu'il était invité pour la fête d'un de ces petits copains d'école, aussi les parents ne firent aucunes difficultés pour le laisser partir.

 -" Rentre avant la nuit lui dirent-ils. 

 Quand il arriva à l'arbre mort, il était essoufflé tant il avait couru, il s'assit au pied de l'arbre en attendant l'arrivée de ses amis. Ils ne tardèrent pas à arriver, toujours perchés sur leurs rats, deux énormes bêtes au nez pointu , aux yeux petits et brillants. Les deux nains les chevauchaient comme de vrais cavaliers.

 -" N'ai pas peur, lui dit l'un d'eux, ils sont apprivoisés, ils ne te feront aucun mal, viens suis nous!

 Ils s'engagèrent sur un petit sentier à peine visible à l'oeil nu; c'était plutôt un passage habituel d'un renard ou de n'importe quel animal aussi petit. La trace serpentait au milieu des épines noires (prunelliers), des genévriers et des chênes verts, les deux lutins disparaissaient presque au milieu des thyms et des térébinthes. La sente descendait en pente raide dans le creux de la gorge, mais Anselme était jeune et souple et suivant ses singuliers compagnons , ils finirent par arriver tout au fond de la gorge sur les bords d'une rivière. Là se trouvait un amas rocheux percé de petites cavernes naturelles à la tailles des lutins. Au premier plan quelques huttes de branchages étaient disposées en cercle, formant une grande place sur laquelle une foule bigarrée de lutins qui criaient de joie en voyant arriver Anselme.

 Une place d'honneur lui avait été offerte, un siège fait de mousse et de branchages posé sur le sol où il fut invité à s'installer. Une collation lui fut offerte et toute la population se pressait, curieuse auprès de lui.

 Anselme remarqua qu'il n'y avait pas d'enfants parmi ce peuple minuscule, il s'en étonna et Adelphe qui était assis prés de lui, expliqua que certains de ces gens avaient été des enfants, mais comme ils étaient immortels, ils avaient atteint un certain âge et s'étaient stabilisés et ils étaient tels que nous pourrions les voir aujourd'hui. Mais à cause de leur immortalité , ils étaient devenus stériles ils ne pouvaient plus avoir d'enfants. c'est pourquoi depuis des siècles ils vivaient en communauté loin des hommes, sans jamais cessez de les observer. Odilon le père d'Adelphe arriva prés d'Anselme et lui dit:

 -" Voici une récompense de la part de tout mon peuple et de moi-même, car ce que tu as ignoré jusqu'à présent c'est que le lutin que tu a sauvé est le fils du roi des lutins et pour cela, nous t'en serons éternellement reconnaissant. Si tu veux faire parti un jour du monde des lutins, nous t'accueillerons avec joie, tu seras le seul étranger à recevoir cet honneur. Mais avant cela tu n'es qu'un enfant et tu n'es pas libre de prendre des décisions tout seul, aussi nous allons te faire un don.

 -" Voici  reprit Odilon, un petit anneau fait à la dimension de ton doigt; Dimitri notre magicien a confectionné pour toi cet anneau qui te permettra de voir et d'entendre ce qu'aucun être humain ne peut percevoir. Tu apprendras que les pierres savent parler, les fleurs, les oiseaux toute la nature parle et tu pourras l'entendre. Mais il faut que tu mettes l'anneau à ton doigt; alors tes yeux s'ouvriront ainsi que tes oreilles à un monde insoupçonné des hommes. Chaque fois que tu porteras cet anneau tu comprendras tous les mystères de la nature

. Prends en bien soin car il est unique et il te guidera ta vie durant.

 Il fallut deux lutins pour le porter prés d'Anselme, puis la fête commença les lutins avaient convoqué des grillons, des cigales et tout insectes à élytres pour faire de la musique avec eux. Certains lutins avaient un accordéon, d'autres des guitares, d'autres encore avaient des tambours  et lorsque le concert commença ce fut une cacophonie assez assourdissante mais aussi très harmonieuse. Anselme était aux anges; et les petits lutins se mirent à danser comme s'ils avaient vingt ans. La fête fut très réussi, et Anselme repartit ravi. Adelphe le raccompagna juché sur son rat jusqu'à l'arbre mort.

 

 Le temps passa et les années aussi, Anselme avait découvert avec ravissement les effets de l'anneau magique, offert par Odilon le roi des lutins. Car impatient, après avoir quitté Adelphe il s'était empressé de passer l'anneau à son doigt et attendit avec anxiété, quelques minutes passèrent sans que rien ne se produisit, puis il entendit des murmures, puis des voix, cela venait de partout à la fois. Il se pencha sur une fleur qui poussait au bord du chemin et il entendit distinctement la fleur parler avec un jeune arbuste pas très loin d'elle; il discutaient sur les beaux jours qui venaient, et il entendit aussi les petites feuilles des arbres qui poussaient et qui étaient si heureuses d'être nées puis se fut les pierres qui gémissaient, elles se plaignaient d'êtres toujours à la même place; puis ce furent les oiseaux qui revenaient de pays lointains, et qui racontaient leur voyages à ceux qui étaient restés dans ce monde. Et pendant tout le temps qu'il porta l'anneau, Anselme apprit beaucoup de choses.

 

 Grâce à cet anneau il devint un jeune homme, puis un homme plein de sagesse, et de connaissance, les habitants du village le regardaient un peu comme un homme qui avait la tête fêlée, car souvent on le surprenait à parler avec un insecte ou bien un oiseau. Et le temps passa, Anselme allait voir régulièrement le monde des lutins surtout lorsqu'ils donnaient une fête  Ses parents vieillirent et disparurent, il se maria et eut un fils, mais sa femme et son fils partirent un jour pour un autre monde attiré par les richesses qu'on leur promettait. Alors Anselme resta tout seul, car il avait refusé de les suivre, et pour cause . Il resta seul dans sa petite maison, vivant un bonheur intense auprès de ses amis les lutins et dans le beau jardin qu'il avait hérité de son père. Comme il avait le pouvoir de parler aux végétaux, il savait toujours comment traiter chaque planche de légumes et il obtenait ainsi de superbes plantes  ainsi que de superbes fleurs.

 Puis un beau jour il dit au revoir aux habitants du village et il disparut pour ne plus revenir. Comme il était très âgé les gens considérèrent que le père Anselme était mort.

 

 Des raies de lumière passaient à travers les persiennes, Tatiana s'était assoupie dans le fauteuil, le carnet ouvert sur les genoux, elle avait passé la nuit à lire l'histoire d'Anselme et elle s'était endormie épuisée de sa nuit blanche. Elle s'étira, puis elle se dirigea vers la croisée pour ouvrir les persiennes, un souffle automnale entra dans la maison, l'air avait une odeur de champignons, de feuilles mortes et d'herbe verte. Puis elle se dirigea vers la cheminée pour remettre le carnet noir à sa place, car il ne fallait pas que quelqu'un le trouva ,mais comme il faisait jour, elle put voir la cavité dans laquelle était caché le carnet, c'était un petit trou fait dans le mur, pas très profond, lorsqu'elle voulu remettre le carnet dans sa cachette, le carnet buta contre quelque chose ,elle passa la main et elle sentit une forme ronde toute petite, elle s'en saisie et l'objet qu'elle tenait dans sa main était une petite boite ouvragée en métal précieux; pour l'ouvrir elle appuya sur un tout petit bouton, et la boite s'ouvrit;  et elle laissa apparaître un très bel anneau ciselé dans un or très pur.

 Ce ne peut être l'anneau mentionné dans le carnet? se dit Tatiana, ce serait vraiment surprenant . Si cela est, alors pourquoi serait-il parti sans son anneau, ce n'est pas raisonnable se dit-elle; car si j'ai bien compris il est parti vivre parmi les lutins, comme ils le lui avaient proposé lorsqu'il était enfant.

 Peut-être que j'ai oublié une page où deux, je me suis endormie si vite se dit-elle. Et prenant le temps de rallumer le foyer, puis ce préparer un copieux petit-déjeuner  et après avoir repris des forces,  reprit le carnet et commença par la dernière page et elle remarqua qu'il y avait à la fin du carnet quelques pages blanches , puis le récit reprenait . Cela expliquait pourquoi elle croyait l'avoir lu jusqu'au bout.

 Anselme en réalité avait volontairement mis à l'écart entre la fin présumée de son histoire et l'histoire de son départ des pages blanches pour tromper un éventuel curieux. Il reprenait son récit.

  Sentant la vieillesse grandissante, Anselme s'en était ouvert à Odilon:

 -"Que dois-je faire lui dit-il? Je me sens vieux, fatigué, et la mort me guette, que penses-tu que je dois faire?

 Odilon lui répondit:

 -" Anselme mon ami, ne te souviens-tu pas, que lorsque nous t'avons invité la première fois, nous t'avions offert de venir nous rejoindre et vivre éternellement avec nous? 

 -" Oui, répondit Anselme, mais comment pourrais-je vivre avec vous, j'ai une si grande taille comparée à vous; comment pourrais-je devenir aussi petit?

 Odilon se mit à rire.

 -" Voyons Anselme, comment peux-tu  croire que nous allions te laisser ainsi dans l'embarras, il y a longtemps déjà que Dimitri notre magicien à préparé  le filtre pour te réduire à notre taille. Nous attendions seulement que tu te décides à nous rejoindre!

 -" Et bien c'est fait, j'ai décidé de quitter ce monde et de venir vivre auprès de vous, répondit Anselme.

 -" Qu'il en soit fait selon tes vœux. Anselme, nous allons préparer pour toi la fête de ton arrivée parmi nous, pour cela il faut mettre tout en ordre dans ta maison. Nous protégerons l'entrée de ta demeure et personne ne pourra y entrer. Sauf peut-être un jour quelqu'un de ta descendance pourra y pénétrer, car le charme que nous allons créer autour de la maison ne pourra agir que sur les personnes étrangères à ta famille. Quand aux grimoires que tu as découvert et qui appartiennent à notre peuple, du temps où nous étions des hommes ne t'en préoccupes pas, personnes ne pourra jamais les déchiffrer, ils sont écrits dans une langue tellement ancienne qu'aucun homme aujourd'hui ne s'aurait les comprendre. Ranges les dans une grande armoire et mets la clef sous l'armoire. Personne pendant de longues années ne viendra troubler le repos de ta demeure. Quand tu seras prêt fait nous le savoir, et à la prochaine lune tu deviendras l'un des nôtres.

 Anselme fit ce que lui avait conseillé le lutin, après avoir choisie une grande armoire qu'il plaça dans le coin le plus obscure de la pièce principale, il y rangea tout les grimoires que ses parents lui avaient laissés, eux-mêmes les ayant trouvés dans la maison qu'ils avaient  occupés dans les temps anciens. Et les vieux manuscrits qui étaient des ouvrages écrits par les anciens, puis imprimés relatant le grand exode de ses parents ainsi que celui de tout leur peuple. Tout cela il le rangea dans l'armoire comme le lui, avait conseillé le lutin et il avait mis la clef sous l'armoire. Puis il écrivit ses mémoires dans un carnet noir qu'il cacha dans une cachette aménagée dans le manteau de la cheminée et que l'on ouvrait en appuyant sur le blason sculpté sur le manteau de la cheminée, puis il mit l'anneau d'or qui lui avait été donné par le lutin, il n'en aurait plus besoin et il referma la cache. Puis il attendit que la lune soit entière est il partit  dans la nuit pour ne plus revenir.

 La maison resta fermée pendant des années, jusqu'à ce que vienne Tatiana.

 La jeune femme regarda l'anneau est le passa à son doigt, puis elle prit son anorak et sortie dehors faire une promenade matinale. Elle avait surtout l'idée de découvrir dans quel endroit pouvait bien être situé le jardin du père Anselme. En chemin elle rencontra un voisin, auprès duquel elle s'informa où pouvait être le jardin du vieil homme. L'homme méfiant la regarda puis lui dit:

 -" Comment connaissez-vous l'existence de ce jardin? S'écria-t-il, personne ne l'a travaillé depuis que le vieil homme est parti, voilà des décennies.

 -" Quelqu'un m'en a parlé reprit Tatiana sans se démonter!

 -" Et bien ma petite dame, je vous souhaite bien du courage pour le trouver, dit-il ironiquement, si vous réussissez à le trouver..... et il tourna les talons sans en dire davantage! 

 Tatiana resta plantée là, abasourdie, quel malotru quand même, il doit savoir où il est, mais il ne veut pas me le dire. Et elle reprit son chemin, elle rencontra une voisine qui depuis son arrivée s'était montrée très aimable à son égard, aussi elle osa lui demander si elle connaissait le lieu où se trouvait le jardin du père Anselme; la femme la regarda avec haine, puis elle lui dit:

-" Le jardin de qui?

-" Le jardin du vieux père Anselme reprit Tatiana, vous devez bien savoir où il se trouve!

-" Non, reprit la femme, et d'abord qui vous en a parlé?

-" Je le sais, voilà tout lui répondit la jeune femme.

-" Et bien! sachez une chose, reprit la voisine avec humeur, cela m'étonnerai que vous puissiez le trouver ce satané jardin; car personne n'a jamais pu y mettre les pieds depuis le départ du vieil homme.

 Très étonnée de l'humeur de ses voisins elle reprit son chemin toute pensive; elle était arrivée à la sortie du village, lorsque une petite souris traversa la route devant Tatiana, et elle entendit une petite voix qui disait:

-" La source, la source, cherche la source!

 Regardant de tout côté elle ne vit rien, sauf une petite souris qui s'enfuyait . Poursuivant son chemin la jeune femme était songeuse, d'où venait la voix qu'elle avait entendue, de plus un murmure de voix la     suivait, elle ne saisissait pas vraiment ce qu'elle entendait; quand soudain levant la main elle vit qu'elle avait au doigt l'anneau du vieil homme, elle comprit alors que l'anneau était vraiment magique. Anselme avait bien dit la vérité dans son petit carnet.

Tatiana comprit qu'elle aussi pouvait comprendre le langage de la nature grâce à l'anneau. Elle voulu en faire l'expérience, aussi voyant un figuier qui poussait non loin de là, elle se dirigea vers lui et lui demanda:

-" Figuier, toi qui est né ici, dis-moi où est la source?

-" De quelle source tu parles? lui demanda le figuier

-" La source du jardin du père Anselme lui répondit-elle, dis-moi où elle se trouve, guide-moi!

-" Continue ton chemin lui répondit-il , je vais transmettre ton message, et mes frères te guideront. 

......continue ton chemin lui dit-il, je vais transmettre ton message, et mes frères te guideront.

 Tatiana poursuivie son chemin et elle entendait tout autour d'elle le mot "source" qu revenait sans arrêt  comme une chanson, "source, source, source". Arrivée à un carrefour ne sachant où se diriger un oiseau vint voleter près d'elle et lui dit:

-"Prends le chemin à droite et descends.

 Elle arriva sur un ancien sentier envahi de végétation, et cheminant un moment ne put bientôt avancer tant la végétation était dense, les arbres et les buissons lui disaient:

-" Continue, la source et au bout du chemin; mais elle fut obligée de revenir sur ses pas.

Je ne peut aller plus loin ce dit-elle ,il faut dégager ce chemin. Elle remercia les végétaux et repartit chez elle. Demain j'amènerai un sécateur et j'essaierai de me frayer un chemin se dit-elle. puis elle enleva l'anneau est rentra dans sa maison.

Le lendemain Tatiana se leva de bonne heure et armée de son sécateur elle repartit vers le sentier, sans oublier de passer à son doigt l'anneau magique, Le temps était frais c'était bon pour le travail qu'elle allait effectuer. Au début elle eut du mal avec les buisson épineux qui se refermaient sur le chemin ne voulant pas lui céder le passage.

........les buissons épineux qui se refermaient sur le chemin ne voulant pas lui céder le passage.

 -"Tu ne passeras pas lui dirent-ils, nous te piquerons, si tu avances. Mais Tatiana coupait, coupait sans relâche malgré le gémissement de douleur des buissons agressifs. Elle gagnait du terrain encouragée par les oiseaux qui voletaient autour d'elle, même les arbres lui disaient de continuer.

 -" La source est en bas du chemin, continue, continue!

 Et Tatiana revint plusieurs jour de suite, le travail était harassant, mais tous ces nouveaux amis l'encourageaient. Jusqu'au jour où elle aperçut des châtaigniers si grands que leur frondaison touchait le ciel. Puis elle entendit le bruit familier de l'eau qui coule, la source était là près d'elle, mais pour y parvenir il lui fallait encore franchir un mur de bryones épineuses qui fermaient la petite châtaigneraie, un peu découragée et très fatiguée elle 'assit au pied des genets, qui lui murmuraient des paroles de réconfort . Un des châtaigniers l'interpella :

 -" Viens dit-il me délivrer de ces lianes qui m'enveloppent et qui me serrent à en mourir, et les autres châtaigniers reprenaient:

 -" Viens nous délivrer de l'étreinte mortelle de ses lierres qui nous enlacent; les petits oiseaux voletaient et chantaient pour lui donner du courage.

 Et Tatiana  reprit son labeur, elle coupa, coupa encore, jusqu'à ce qu'elle put arriver à la source qui se mit à chanter:

 -" Un être humain nous est venu, bienvenu à toi!....Bois de mon eau elle est très pure.

La jeune femme ravie s'assied au bord de la source et pris un repos bien mérité. De jolis petits écureuils sautaient de branche en branche en se disant:

 -"Tiens un humain, je n'en avait jamais vu dans ce bosquet, mes parents non plus.

 Et c'était un concert de voix qui murmuraient tout autour d'elle. Un oiseau vint se percher sur la branche d'un sureau près de Tatiana et lui dit:

 -" Tu vois, devant toi, ce mur de ronce, et bien derrière il y a le jardin du vieux père Anselme.

C'est seulement à ce moment là que Tatiana compris que la nature toute entière lui parlait , elle avait compris qu'elle pouvait les entendre et comprendre leur langage, mais ce qui la surprenait le plus c'était qu'il pouvait aussi s'adresser à elle . C'était tout autre chose. Elle en était là de ces réflexions lorsqu' un mouvement dans les buissons alentour la sortie de sa torpeur; un lutin apparut devant elle.

-« Bienvenue parmi nous dit-il tu as franchi deux épreuves sans le savoir ; maintenant je vais te révéler un secret, oui encore dit-il en riant, si tu es arrivée jusqu'à la source c’est que tu as percé le mystère de la maison du père Anselme ; mais avant cela le plus important il était impossible que tu pénètres dans sa maison au village ,elle était protégée par un charme que notre magicien avait fabriqué et qui empêchait quiconque de pénétrer sur le sol de la maison du père Anselme , seul un descendant pouvait y accéder .J’ai constaté que tu portais l’anneau que les lutins avaient donné à ton grand-père, oui tu es très étonnée ; le vieux père Anselme n’est autre que ton grand-père Tatiana.

La jeune femme regarda le lutin complètement ahurie :

-« Comment connais-tu mon nom demanda -t’elle, je ne te connais pas ? 

 -«  Nous te connaissons Tatiana et ce depuis que tu es venue vivre dans la maison de ton grand-père

 -«  Mais Mon grand-père est mort depuis longtemps reprit-elle, même je peux dire que je ne l’ai jamais connu.

  -«  Non Tatiana ton grand-père et toujours vivant et je peut te le prouver à l’instant même. Et e le lutin tira une fiole de son pourpoint et la porta à ses lèvres , aussitôt il se mit à grandir , et devant les yeux étonnés de Tatiana il devint un grand vieillard courbé par les ans qui lui tendaient les bras.

  Ma petite fille disait ce vieil homme, heureux de faire ta connaissance , viens embrasser ton grand-père, lorsque j’ai appris ton existence , je n’ai eu de cesse que de te connaître.

 -« Mon enfant , reprit le vieillard, tu es digne des secrets qu’il me reste à te révéler. Seulement je ne peux rester en cet état trop longtemps, sinon je mourais ; aussi nous nous reverrons. Tu dois savoir cependant que nous étions les lutins et moi à l’affût de tous tes gestes, mais nous ne pouvions nous révéler ; tu sais de quoi je te parle car tu as lu mon manuscrit.

 Tatiana les larmes dans les yeux se jeta dans les bras du vieillard et ils s'étreignirent longuement, puis Anselme, car s'était lui disparu et redevint un lutin.

 -"Ma petite fille reprit le lutin , j'ignorai ton existence comme tu ignorais la mienne, le destin a voulu que tu viennes habiter ma maison et tu as découvert mon secret.

 Alors Tatiana lui raconta comment ses parents s'étaient connus dans un monde où la violence était dominante, mais son père très attaché à ses biens acquis  ne voulu jamais revenir dans le village où il avait vu le jour. Et Tatiana était née dans ce monde fait de labeur, de violence et de peur.

 Elle était devenue orpheline très jeune, et avait été élevée par des étrangers qui avaient été bon pour elle, mais lorsqu'elle fut devenue une jeune fille, elle chercha à s'échapper de ce monde cruel qui l'avait  privée de ses parents ; aussi elle fit des recherches pour connaître ses origines, et apprit que son père venait d'un autre monde qui existait non loin du monde où elle vivait; aussi un jour elle s'enfuit et arriva dans ce village à la recherche d'une maison à louer et c'est ainsi qu'elle prit possession de la maison de son grand-père sans le savoir.

 -" Au revoir lui dit le lutin à bientôt, nous nous reverrons dans quelques jours, ici prés de la source. Et il disparut. Tatiana resta quelques instants les yeux dans le vague, le coeur éclatant d'une joie contenue, ses pensées se bousculant dans sa tête, elle resta immobile sans réaction aucune, pendant quelques minutes!

 -" J'ai révé se dit-elle, puis regardant à terre elle chercha la trace du lutin, mais il n'y avait rien, que des feuilles mortes et des bogues ouvertes jonchant le sol. Le silence était épais, seulement troublé par le bruit mat des châtaignes tombant des branches élevées. Puis un corbeau traversa la nuée en poussant son cri aigu. Croa, croa!  La jeune femme s'aperçut soudain du silence autour d'elle le chant des oiseaux c'était tue, même la source ne faisait plus entendre son glouglou familier, c'était comme si toute la nature était restée muette devant la merveilleuse vision que représentait les retrouvailles du vieil homme et de la jeune femme, qui sans connaître leur existence s'étaient retrouvés dans le mystère de la nature vigilante. Puis ce fut subitement un concert de chants mêlés au murmure de la végétation ; tout le monde animal et végétal voulaient féliciter Tatiana. Et la jeune femme se mit à rire aux éclats et à danser au milieu de cette nature en folie. Mais comme le soir tombait il fallut qu'elle rentre chez elle, un vent aigrelet s'était levé et agitait les branches qui se dénudaient.   

Le lendemain, quand Tatiana ouvrit ses volets un grand soleil l'accueillit les oiseaux dans les arbres faisaient entendre un véritable concert, l'air sentait le musc et le feu de bois, elle se prépara hâtivement un petit déjeuner , se couvrit chaudement car malgré tout c'était l'automne et malgré le soleil il faisait frais. Puis munis de ses outils qu'elle avaient cachés dans un grand panier, elle partit  vers le jardin de son grand-père. une dure journée l'attendait, car elle devait couper le mur épais de ronces qui fermaient  complètement l'accès du jardin. En chemin elle rencontra quelques voisins, qui curieux lui demandèrent:

 -" Alors Tatiana , l'avez-vous trouvé ce fameux jardin? La jeune femme répondit par la négative;

 -" Comment pourrai-je le trouver, puisque personne ne peut, ou ne veut me dire où il se trouve!

 -" Oh, vous savez, il y a si longtemps que le vieil Anselme nous a quitté, que nous avons oublié où il pouvait se trouver. Bon courage quand même lui dirent-ils en rigolant, en cherchant on trouve toujours. puis ils s'éloignèrent et Tatiana reprit son chemin en souriant.

 A malin, malin et demi se dit-elle, dans quelques temps, vous rigolerez pas avec tant de finesse! Puis elle mit l'anneau magique à son doigt et écouta parler la nature, tout en cheminant. Lorsqu'elle arriva dans la châtaigneraie toute la végétation l'accueillit avec joie et les oiseaux chantèrent pour elle. Prenant un grand  sécateur elle coupa les lierres qui étouffèrent les châtaigniers, puis s'approchant des ronces qui devinrent très agressives, lançant leurs lianes épineuses contre Tatiana. alors elle prit une faucille à long manche et coupa ses terribles lianes. Mais le travail était épuisant la masse des ronces était très épaisse ,il lui fallut se reposer souvent et le soir arriva qu'elle n'avait entaillée qu'une frêle partie, mais suffisante cependant pour pénétrer dans le jardin. Et lorsqu'elle y pénétra elle vit avec ravissement une grande surface de terre herbeuse, envahie ça et là de buissons d'églantiers et de touffes d'herbes jaunissantes; la surface était assez importante et le jardin devait avoir été magnifique du temps de son grand-père. Elle trouva prés d'un mur de pierres une retenue d'eau qui devait permettre l'arrosage du jardin ; il lui suffirait de mettre des tuyaux qui courraient dans l'allée. Sur la terre durcie l'on voyait encore les sillons de culture que le jardinier avait tracé pour la dernière fois; puis poursuivant son inspection , elle remarqua un pauvre arbuste, tout grêle, mais qui luttait pour vivre et qui n'était autre qu'un hortensia, émue, elle entreprit immédiatement de le tailler et lui promis qu'elle allait bien le soigner. l'heure était arrivée de rentrer le ciel virait au mauve et l'air avait de nouveau fraîchit, le soleil avait disparut la-haut derrière le coteau et Tatiana épuisée remonta chez elle, heureuse de cette journée de labeur.

 Lorsqu'elle arriva au village, la nuit était presque tombée, les cheminées crachaient leur fumée odorante, tandis qu'un chat assit sur un mur avait entreprit de faire une toilette minutieuse. Tatiana s'approcha de sa porte et s'apprêtait à ouvrir lorsqu'elle entendit un bruissement tout proche d'elle dans le buisson de chèvrefeuille prés de la porte.

 -" n'ais pas peur lui dit une voix, qu'elle reconnut aussitôt ouvre la porte et laisse la entrebâillée que je puisses entrer.

  Elle fit comme la voix le lui avait demandé, et après avoir quitté son anorak elle entreprit d'allumer le feu dans la cheminée; pendant ce temps le mystérieux personnage était entré dans la maison. Tatiana ravit et pas du tout surprise alla fermer la porte puis les volets et s'installa dans le fauteuil et attendit un sourire sur les lèvres. aussitôt une petite forme sauta sur ses genoux, ce n'était autre que le lutin Anselme; depuis plusieurs jours déjà il  venait toutes les nuits enseigner sa petite fille sur le contenu des grimoires anciens que les lutins lui avaient enseignés à son tour lorsqu'il était enfant. Ses merveilleux ouvrages racontaient la création du monde, dans lequel vivaient dans une époque lointaine des êtres fabuleux ayant de très grands pouvoirs, ils étaient beaux et ne connaissaient pas de maladies, ils connaissaient la langage de la nature et vivaient ainsi depuis des millénaires dans ce monde paradisiaque. Ils avaient créé une immense bibliothèque où les anciens pouvaient copier sur des parchemins toutes les connaissances acquises durant leur longue vie, car ils vivaient cinq ou six cent ans s'ils le désiraient puis il quittaient ce monde, car ils désiraient connaître d'autre dimensions de l'existence humaine. Les jeunes gens venaient consulter ses grimoires et devenaient à leur tour des vieillards très instruits. puis un jour un grand cataclysme s'était abattu sur ce monde et la presque totalité de cette population disparu. Les devins de l'époque avaient apprit la catastrophe imminente aussi avaient ils cachés de nombreux grimoires dans des grottes protégées puis attendirent la fin. Quelques survivants avaient retrouvés les manuscrits, mais très vite ils cessèrent de les consulter car leur vie avait changé; ils devaient travailler pour survivre et ils connurent alors la maladie , l'épuisement du travail harassant qu'ils devaient fournir pour survivre, les temps paradisiaques étaient bien finis. Seul les plus agés continuèrent à les traduire pour la postérité. c'est ainsi que les lutins connaissaient la traduction de ses fabuleux grimoires.

Et Anselme toutes les nuits enseignait sa petite fille sur les mystères de la vie et de la mort. Il repartait au lever du jour avant que le village ne s’éveille. Tatiana menait depuis lors une existence bien organisée. Les études la nuit et le travail du jardin les après-midi ; le reste du temps elle dormait pour récupérer des forces.

Très vite les habitants du village furent intrigués, car ils ne voyaient jamais la jeune fille le matin, et lorsqu'ils l'apercevaient s'était toujours le soir lorsqu'elle revenait de son jardin. Puis l'hiver arriva et Anselme cessa de venir, Tatiana ne descendit plus au jardin, elle avait bien tout dégagé, le mur de ronce avait été détruit et il ne restait plus qu'à retourner la terre du jardin. Mais le froid étant arrivé il lui fallut rester chez elle. Le village s'endormit pour l’hiver et Tatiana mis à profit cette longue période d'inactivité pour lire les ouvrages parlant du grand exode qui avait jeté ses ancêtres dans ce village .Le printemps revint et elle reprit le chemin du jardin qui devint sous ses mains habiles le plus beau du pays, grâce aux connaissances acquises par son grand-père la jeune femme connaissait  tous les secrets pour obtenir les plus beaux légumes et les plus belles fleurs. Les gens du village finirent par découvrire que Tatiana avait trouvé le jardin mais après la surprise passée il ne lui en voulurent plus ,mais ils venaient comme au temps de son grand-père le contempler la-haut sur route qui longeait la garrigue.

Tatiana devint une vieille femme très instruite considérée un peu comme une sorcière mais crainte et respectée par le voisinage; comme son grand-père elle fréquenta les lutins et comme lui un jour elle quitta le village pour ne plus y revenir, elle était très vieille. Le jardin redevint in culte en attendant que quelqu'un vint de nouveau le travailler. Une légende se raconte le soir dans les chaumières , c'est l'histoire de Tatiana qui vint dans ce village et qui retrouva sont grand-père et devinrent deux des lutins.

 Fin