NINON ET LE NAUFRAGE         

La cloche sonne au lycée , aussitôt un remue-ménage, peuplé de rires et de cris fusent dans les couloirs , des adolescents rieurs et excités foncent vers la porte de la sortie. Fini les cours, fini les heures de colle , c’est les vacances , demain le farniente sur la plage avec les copains.

 Parmi  eux se distinguent deux  jeune filles dont le contraste attire le regard, l’une est aussi brune que l’autre est blonde se sont deux amies depuis l’école maternelle , elles ne se quittent que pour rejoindre leur famille ; on peut dire qu’elles sont inséparables . Toutes deux bras dessus bras dessous les yeux brillants bousculent les autres élèves et se précipitent aussitôt dehors.

  -  «   Et si nous allions faire un tour  à la plage dit la brune Julie, nous pourrions ramasser quelques coquillages, j’ai l’intention de décorer un vieux miroir que j’ai déniché hier dans le grenier de ma grand-mère, le cadre et un peu abîmé, mais recouvert de coquillages cela lui redonnera une nouvelle fraîcheur.

  -  «   D’accord lui répondit aussitôt sa compagne, nous devrions trouver de beaux spécimens, allons !

  Aussitôt les deux petites se dirigèrent vers la plage ,qui était presque déserte ; une brise marine faisait voler en tous sens leurs longs cheveux  qui se mêlant offrait l’aspect de deux vagues l’une sombre l’autre lumineuse sous les derniers rayons du soleil. Bientôt elles avaient rempli un petit sac de coquillages de toutes formes et de toutes couleurs, puis ravies  de n’avoir aucun devoir à faire elles rentrèrent en flânant  vers leur logis.

 -  «   A demain s’écria Ninon rendez-vous sur la plage , vers dix heures !

  Et elle s’éloigna en pensant aux vacances qui commençaient, aux bonnes parties de baignades avec les copains, aux excursions dans les garrigues parfumées de l’odeur des thyms et des lavandes chauffés par le soleil, ou partir à la recherche d’ un hypothétique trésor dans les ruines du vieux château, tout cela se bousculait dans sa tête.

  Julie et Ninon étaient deux amies d’enfance, qui habitaient un petit village au bord de la mer Méditerranée, envahi l’été par une invasion de touristes qui permettaient au village de survivre, grâce à son site pittoresque et son vieux château. Chaque été les vieilles masures ouvraient leurs volets et les ruelles étaient colorées des tenues vestimentaires un peu  fantaisistes, des nouveaux résidents. Les accents les plus divers, faisaient concurrence au langage rocailleux des autochtones, tout cela dans la bonne humeur. Eh!, c’est qu’ils sont bien braves les gens du midi. Le village était riche de l’histoire de son passé et le château en  était le vivant témoignage, ils étaient tous très fières de leurs origines et souvent assis sur un vieux banc de pierre, il n’était pas rare qu’un papy vous raconte avec forces gestes l’histoire fabuleuse du château , et cela se terminé le plus souvent à la terrasse du café  de la place , à l’ombre des platanes centenaires bercé par le chant des cigales et devant une boisson anisée. Et le temps passé sous ce chaud soleil du midi.

C’est dans ce petit village qu’arriva un beau matin un jeune inconnu, à l’aspect débraillé , les cheveux en bataille , les pieds nus dans des savates qui avaient semble-t-il fait beaucoup de chemin , il se dirigea vers la boulangerie où il acheta du pain, et devant le visage méfiant de la boulangère il paya avec de la menue monnaie et sorti sans ce retourner, bousculant au passage Ninon qui s’apprêtait à rentrer dans la boulangerie. Il s’enfuit plus qu’il ne marcha sans même s’excuser d’avoir heurté la petite. Celle-ci resta bouche-bée devant ce malotru .

 - «  Il pourrait s’excuser ! s’écria-t-elle en pénétrant dans le commerce      

 - «  Il est très bizarre  lui répondit la commerçante, il a une curieuse dégaine , ce n’est pas un touriste comme les autres, il faudra peut-être s’en méfier.

 Elle n’était pas méchante cette brave femme, elle lui aurait même donné du pain rassis de la veille si il n’avait pu payer, mais l’étranger l’avait regardé d’une si étrange manière qu’instinctivement elle s’était sentie en danger, pourquoi elle n’aurait su le dire. Elle servit Ninon et s’occupa des autres clients qui venaient d’entrer.

Après avoir fait ses corvées Ninon partie rejoindre son amie sur la plage, elles s’étaient donné rendez-vous la veille pour une partie de baignade ; lorsqu’elle arriva Julie était déjà en maillot de bain et s’apprêtait à aller nager , une bande de copains  étaient venus la rejoindre, la matinée passa si vite en jeux de toutes sortes que Ninon ne pensa plus à l’étranger de la boulangerie. La journée passa très vite pour ce premier jour de vacances et le soir venu ils se quittèrent après s’être donné rendez-vous pour le lendemain avec au programme une excursion dans les garrigues pour faire la cueillette des lavandes sauvages que les parents leurs avaient demandé.  Et c’est une joyeuse équipe qui se retrouva le lendemain sur la place du village, chacun avait son sac à dos avec boisson et collation pour leur repas de la mi-journée , au bord d’un torrent sous les frais ombrages d’un bosquet de chênes verts, car ils ne rentreraient qu’au crépuscule ; il y avait tant de chemin à parcourir  et tant de choses à découvrir.

 Les brumes du soir commençaient à obscurcir le ciel, la bande à Julie et Ninon les bras chargés de lavandes odorantes rentrait au village  en chantant des airs connus ; lorsque soudain au détour d’un sentier une silhouette apparue pour disparaître aussitôt derrière un bouquet d’arbres , mais elle ne fut pas assez rapide pour que Ninon n’eut le temps de reconnaître l’étranger de la veille. Je me demande qui peut-être ce personnage qui semble fuir le monde se dit Ninon, cela fait déjà deux fois en vingt-quatre heures  que je le rencontre, cela est étrange ! L’exclamation de ses amis la sortie de ses pensées .

 - «  Avez-vous vu qui c’était demanda l’un des copains,

 - «  non  répondirent-ils tous en cœur nous n’avons pas eu le temps de voir , c’était trop rapide, peut-être quelques braconniers ajouta l’un d’eux, il y en à souvent dans les parages !

 - « Et bien cela n’a pas d’importance ! Allons ! Et il rentrèrent au village, chacun dans leur foyer. Fourbu mais heureux.

Voyons maintenant qui est cet étranger qui est apparu au village et qui semble fuir tout le monde . Il était apparu par une nuit d’été où il s’était échoué sur le rivage à des kilomètres  du village  dans une petite crique perdue au milieu de la garrigue , il avait nagé longtemps après avoir abandonné son bateau qui à la suite d’un court-circuit avait pris feu et avait sombré, entraînant avec lui tous ses biens,  il n’avait rien pu sauver , tout avait été trop rapide. N’ayant plus d’argent, ni de vêtements de rechange , il avait réussi à échouer sur cette plage complètement épuisé. Après un léger repos , le temps de retrouver tous  ses esprits, il s’aperçu  qu’il ne possédait que ce qu’il avait sur lui, une chemisette en coton , un  bernuda et ses pieds étaient nus. Il regarda autour de lui et découvrit un sentier qui serpentait vers le sommet de la petite falaise. Marchant avec précaution pour ne pas se blesser la plante des pieds , il se dirigea vers le sommet, lorsqu’il buta sur un objet à demi enfoui dans le sable, c’était une savate qui était très usée, mais dans le cœur du naufragé cela lui donna un peu l’espoir de trouver sa jumelle, car marcher nu-pied cela ne le faisait pas du tout  sourire. Quelques mètres plus loin il trouva l’autre savate qui s’ajusta parfaitement à son pied, mais chaussée de cette manière il avait carrément l’air d’un mendiant. Mais pour l’instant tout à sa joie , il n’en avait pas pris conscience. Le sentier traversait une garrigue  pleine d’épineux et s’est complètement épuisé  qu’il arriva sur le lieu d’une vigne abandonnée, il y trouva un cabanon  où il s’endormi couché sur un tas d’herbe sèche posée là dans un coin, et c’est tard  dans la journée qu’ il avait réussi à reprendre sa route. Après avoir fait un bilan  de sa situation , il comprit très vite qu’il n’aurait aucune chance d’être aidé vu l’aspect désolant de ses vêtements , sa chemise froissée, son bernuda déchiré par les épineux , ses vieilles savates  avachies , il ressemblait plus à un mendiant qu’ à un touriste en villégiature . Ses beaux cheveux, mi long, châtain doré avaient pour l’heure bien  besoin d’un  bon shampooing et d’un coup de peigne  , c’est donc avec ses doigts qu’il lissa tant bien que mal sa chevelure  emmêlée. Et fouillant dans ses poches il y trouva quelques pièces  de monnaies qui lui permettrait de s’acheter un peu de pain et voilà  tout. Il se mit en quête d’un village dont il avait aperçu le sommet d’un clocher en contournant un vallonnement  , aussi c’est d’un pas assuré qu’il se dirigea vers les habitations ; mais le village était encore assez loin et il n’ y  arriva qu’ à la nuit tombée, aussi  il décida de ce diriger vers la plage  où il espérait trouver quelques barques dans lesquelles il pourrait trouver un abri pour la nuit . Dans un  coin aménagé près d’une falaise il trouva ce qu’il cherchait, des barques étaient échouées  bien à l’abri attachées à des pieux. Il en choisi une qui était recouverte d’une bâche et se lova à l’intérieur  et chercha le sommeil, malgré son ventre qui criait famine. Le lendemain  matin  il pénétra dans la boulangerie pour acheter un peu de pain et c’est alors qu’il avait en sortant bousculé Ninon qui s’apprêtait à rentrer à l’intérieur ; puis s’en s’excuser il s’enfuit hors du village à la recherche d’une vieille ruine ou d’un cabanon où il pourrait se faire un abri provisoire . Là, il pourrait  survivre un certain temps se nourrissant de fruits, les vergers étaient nombreux autour du village  il pourrait aussi pécher, car il était au bord de la mer, il pourrait ainsi se nourrir quelques temps.

 

Le naufragé avait ainsi à force de recherche  trouvé un cabanon au milieu des vignes à un kilomètre du  village, pas très loin du château, le casote* était  aménagé avec un foyer pour y faire du feu , quelques instruments de cuisine et même une paillasse et une couverture,( c’était fréquent que les propriétaires vignerons aménagent leurs casotes, pour n’avoir pas à rentrer  chez eux lors de la taille des vignes en hiver), cela lui suffit  il ne pouvait en espérer davantage maintenant . Il faut dire que sa situation n’était pas enviable , car le premier matin où il s’était réveillé, il s’était demandé ce qu’il faisait là ,allongé dans un cabanon au milieu d’une vigne abandonnée, il essaya de faire un effort de mémoire, mais rien , le vide, le néant. Qui était-il ?, d’où venait-il ? Pourquoi était-il arrivé là ? Le pauvre jeune homme s’était pris la tête entre les mains et s’était mis à sangloter.

 - «  Que vais-je devenir  se dit-il, si je ne me souviens de rien ! Je n’ai pas d’argent, pas de papiers prouvant mon identité, aucuns vêtements de rechange, il resta prostré longtemps , sans réagir ; attendant peut-être un miracle ,qui sait ! La seule chose qui lui redonna un peu de courage ce sont les quelques pièces  de monnaie qu’il avait trouvé au fond de sa poche et avec                    

lesquelles il avait acheté du pain. Oui, mais après ?

 Sa tenue négligé lui interdisait de partir au village proche pour demander de l’aide, pensait-il je serai refoulé, les gens se méfieraient, il n’y a qu’à voir le regard que m’a jeté la boulangère et la petite fille que j’ai bousculé .Non, je ne peux pas revenir dans ce village, il se méfie trop de moi !  Voilà  le monologue que le pauvre garçon  songeait  en lui-même . Oh comme il se trompé ce pauvre jeune homme !.

 Après s’être enfui du village , il avait rejoint le cabanon où il eu la chance de trouver de quoi fabriquer des collets qu’il installa dans la garrigue après avoir observé les passages éventuels de lapins , puis passa la journée à chercher un ruisseau et cueillir quelques fruits mûres dans les vergers. Le soir tombait et il rentrait dans son cabanon , quand il se retrouva presque nez à nez avec les jeunes villageois, il s’enfuit aussi vite qu’il le pu se cachant dans un buisson  de romarin ,mais très vite il fut rassuré, ils n’avaient pas pu le voir correctement ; il rentra dans son cabanon manger le peu de pain qui lui restait et les fruits qu’il avait cueilli ,demain il partirait visiter le vieux château qu’il avait aperçu lors de son excursion dans les garrigues. Il passa donc une autre nuit dans une grande solitude et l’âme en détresse .

 Le lendemain, la bande à Julie et Ninon se retrouvèrent sur la plage, après leur bain matinale, ils s’étaient réuni pour décider de l’orientation de leur journée.

 - «  Nous pourrions peut-être rester à la plage dit l’un !

 - «  Nous avons tout l’été pour cela s’écria Julie , il y a sûrement autre chose à faire de plus captivant !

 - «  Et si nous organisions une chasse au trésor décida Ninon .

 - «  Oui, mais pour cela, il faut l’organiser , répondit un garçon . Le château serait l’endroit idéal pour ça, il y a plein de coins et de recoins, même des souterrains , ce serait passionnant !

 - «  Tu sais bien que nous n’avons plus le droit d’y pénétrer depuis qu’il y a eu des éboulements , répondit la prudente Julie, c’est dangereux et interdit !

 - «  Oh, la poule mouillée ! s’écria l’intrépide Ninon , ce n’est pas quatre pierres qui sont tombées qui va nous faire peur, l’interdit , c’est pour empêcher que les touristes y viennent car ils  emportent des pierres , tu le sais , cela c’est déjà produit au château de Montségur dans l’Ariège .

 - «  Allons dirent-ils tous en cœur, il ne nous arrivera rien, quel trésor allons nous ramener ?

 - «  Il faut d’abord aller repérer  les lieux, puis établir une carte , ajouta l’une des filles.

 - «  C’est bien trop compliqué , nous irons à la découverte en prenant soin de ne pas nous égarer dans les souterrains , pour cela il faudra nous munir de torches , de cordes  et de craie  pour marquer notre chemin, tout le monde est d’accord ? Demanda Julie.

 - «  D’accord dirent-ils tous en cœur.

 Ils décidèrent donc de se séparer en deux groupes pour préparer la chasse aux trésor. Le premier groupe dirigé par Ninon devait dés le lendemain, muni de crayon et de calepin aller faire une reconnaissance des lieux et établir un plan . Le deuxième groupe, dirigé par Julie devait réunir, torches ,piles de rechange, cordages, boite de secours au cas ou il y aurait de petits accidents, couvertures ,ect… enfin tout le nécessaire pour les excursions et surtout appareils photos.

 La journée se passa au bord de la plage, et les discussions allèrent bon train. Et c’est très excité qu’ils se séparèrent après avoir convenu pour chacun de la tache qui leur incombait.

Le cri des mouettes emplissait le calme du soir, le soleil se couchait à l’horizon et une douce brise marine caressait leur peau bronzée,  et chacun s’éparpillèrent dans tout les sens et rentrèrent chez eux.

 Le lendemain Ninon accompagnée de Martine, josé et Michel partirent en début  d’après-midi pour aller faire les relevés du château. Cela ne leur demanda qu’une petite escalade et ils furent bientôt au pied du château ; celui-ci en imposé par sa masse gigantesque ; cette citadelle surgit du passé, ses vieilles pierres meurtries par les siècles laissé apparaître les blessures du temps. Ça et là des pierres détachées de la muraille gisaient  là couvertes de mousse au milieu des herbes folles, une force extraordinaire émanée  de cet édifice chargé d’histoire Les jeunes gens en s’approchant du pont- levis complètement vermoulu  malgré les réparations successives au fil des siècles eurent un frisson , car c’est à ce moment là qu’une corneille surgissant d’une tour s’envola en poussant un cri rauque , ce qui affola presque nos jeunes aventuriers.

- «  Tu crois que c’est raisonnable de pénétrer à l’intérieur , dit l’un d’eux en s’adressant à Ninon

Celle-ci fit une volte-face et les yeux flamboyants s’écria :

 - «  Mettons nous d’accord, que ceux qui ont peur retourne chez eux, moi j’irai seule avec celui ou celle qui est assez courageux pour me suivre.

Martine et José s’avancèrent  comme un seul homme vers Ninon  qui attendait les mains sur les hanches, Michel après avoir hésité un moment fini par dire le rouge aux joues :

 - «  Je ne suis pas un poltron !, et il s’élança  hardiment sur les planches vermoulues du pont-levis. Après avoir traversé la cour d’honneur aux pavés usés et envahis de mauvaises herbes ils rentrèrent dans un immense corridor ;le vent soufflait en une longue plainte ininterrompue créant une atmosphère à vous donner la chair de poule, leurs  pas résonnaient sous les voûtes réveillant des échos dans les grandes salles désertes .Ninon commença aussitôt à faire un plan du corridor et de la salle dans laquelle ils débouchèrent , elle était immense et sur une des faces trônait une gigantesque cheminée ornée d’armoiries sculptés sur le manteau, on aurait pu y loger un arbre entier tant elle était profonde et sombre, les mêmes armoiries apparaissaient aussi sur la plaque de bronze au fond du foyer. Le sol était recouvert d’un carrelage qui avait connu des jours meilleurs, les jeunes gens ne restèrent pas longtemps a contempler  la salle ils partirent à la recherches d’autres indices, telle d’autres salles ou des souterrains, ils parcoururent le château , pénétrèrent dans les souterrains en évitant les éboulis,  visitèrent les tours et firent une pose sur le chemin de ronde pour faire collation, Ninon avait réuni un certain nombre d’indices, il leur suffirait d’établir la carte pour trouver le trésor.

  Voilà déclara la jeune fille nous avons suffisamment d’indices pour préparer la carte .

 - «  Mais quel trésor allons nous trouver ? demandèrent  tous ensemble Martine et les garçons.

 - « Bonne question ! répondit Ninon, il va falloir y réfléchir. Mais il est temps de rentrer nous y penserons demain ; ils quittèrent la fraîcheur du château et se retrouvèrent dehors  sous la chaleur d’une fin d’après-midi d’été, le soleil était encore haut à l’horizon , ils retrouvèrent avec plaisir les senteurs de la garrigue chauffée à blanc et l’oppression angoissante qu ‘ils avaient ressentis toute l’après- midi s’estompa très vite , ils repassèrent sur le pont-levis et s’égayèrent en riant et heureux  sur le chemin de retour. En redescendant ils ne rencontrèrent aucunes âmes, mais arrivée sur la place du village Julie ,thomas ,Olivier et Marie les attendaient avec une grande impatience.

 - «  Alors s’écrièrent-ils  avez-vous trouvé des indices, quand allons nous commencer la chasse aux trésor ?

 - «  Patience  leur répondit Ninon, nous avons fait des repérages , maintenant il nous faut établir une carte , et plus important décider ce que sera le trésor à trouver !

Ce serai vraiment extraordinaire si nous trouvions un coffre caché dans une oubliette de ce vieux château.

 - «   S’ il existait il y a longtemps qu’il aurait été trouvé  répondit la jeune Marie, nous allons donc le constituer nous même, si vous êtes d’accord !

 - «   D’accord répondirent les autres , mais qu’allons nous y mettre dans ce trésor et qui ira le cacher ?

 - «  Que chacun apporte un objet, nous choisirons celui qui représente le plus de valeur et l’un d’entre nous ira le cacher dans un endroit connu de lui seul , pour désigner celui ou celle qui devra s’acquitter de cette tache il sera tiré au sort.

 - « Je suggère  que ce soit les quatre qui sont partit en repérage qui doivent être tiré au sort  répondit Olivier, eux connaissent les lieux , nous ne  connaissons pas suffisamment les coins et recoins , et cela nous fera gagner du temps . Qui est d’accord ?

Tous levèrent la main . Ninon , inscrivit aussitôt sur son calepin les prénoms de ces compagnons de l’après-midi, Michel, Martine et José, puis après avoir plié soigneusement les petits papiers , elle les mit dans son chapeau , le secoua pour bien mélanger et le présenta à ses amis chacun y plongea la main à leur tour . Et le sort désigna Ninon. Mais José en jeune homme galant décida de l’accompagner avec l’assentiment de tous. Puis ils se quittèrent en se donnant rendez-vous pour le lendemain

 Pendant ce temps que devenait le naufragé ?

 Le pauvre homme avait passé sa seconde nuit dans le casote et après s’être restauré des quelques fruits qu’il avait cueilli  la veille il avait décidé d’aller se rafraîchir dans le ruisseau qu’il avait repéré, et ensuite aller visiter ses collets. Cela lui prit une partie de la matinée, la chance étant enfin avec lui, il releva un jeune garenne pris dans son lacet  et après avoir cueilli d’autres fruits il rentra dans son casote pour faire cuire son lapin, pendant qu’il s’affairait il chercha dans sa mémoire pourquoi et comment il était arrivé dans ce parfait dénuement, il avait beau se creuser la tête rien de rien aucuns souvenirs ne lui revenaient , c’est comme si il venait de naître

 - « Je suis amnésique, pauvre de moi ! s’écria-t-il en se prenant la tête entre ses mains, que vais-je devenir, et se mettant à genoux il se mit à pleurer comme un enfant. Qui suis-je , d’où  je viens ?

 Il resta longtemps prostré couché à même le sol , sous le soleil qui commencé à le brûler, puis peu à peu la raison lui revint , il s’ébroua et rentra à l’abri dans le casote pour finir d’apprêter son repas.

L’après-midi était bien entamée , lorsqu’il s’éveilla de sa sieste et il décida d’aller se promener dans la direction du château, sa silhouette massive se profilait au loin dans la brume de chaleur baignée de soleil, les cigales chantaient à tue-tête leur plaisir de vivre , un air chaud et léger faisait  onduler les folles avoines et bruisser le dense feuillage des chênes liéges.

- «  comme je pourrais être heureux!se dit-il si je pouvais me souvenir, et il entreprit sa marche vers le château tout en monologuant dans sa tête, le chemin n’était pas si long et il arriva devant le pont- levis ; lorsqu’il entendit des bruits de voix, il chercha aussitôt un endroit pour se cacher . Il était temps . Ninon et ses compagnons surgissaient hors du château , mais tout occupé qu’ils étaient de commenter leur recherche , ils passèrent sans voir le jeune homme. Lorsque le bruit de leur rire et de leurs cris se furent estompés, le jeune homme traversa prudemment le pont- levis et  pénétra, dans le château, aussitôt une certaine angoisse  le saisi et il frissonna, car les vieilles pierres renvoyées beaucoup de fraîcheur, il fit rapidement le tour des salles désertes ,et un peu perdu , il décida de  rentrer dans son casote ,car la journée était passé trop vite ,et le soleil baissait à l’horizon. Il décida de revenir le lendemain matin , ainsi il aurait toute la journée pour le visiter .

 

  Le lendemain, Ninon comme à son habitude était allée chercher le pain pour sa mère à la boulangerie ,mais en arrivant elle s’aperçu que la place était pleine de monde et que les conversations étaient très animées. Elle y rencontra deux de ses amis , Michel et Martine qui la voyant se précipitèrent sur elle en lui criant :

 - « Tu connais la nouvelle ?

 - «  Quelle nouvelle interrogea Ninon complètement interloquée devant l’agitation de ces amis.

 - «   As-tu vu l’affiche ? lui demanda Martine , un homme est recherché , son portrait et placardé sur toutes les vitrines des magasins ; il paraît qu’il aurait disparu depuis plusieurs jours . Un avis de recherche a été lancé pour le retrouver, car il parait que c’est un homme très important. Ninon réussi tant bien que mal à se faufiler à travers les badauds qui commentaient l’histoire de cette disparition avec forces détails. Lorsqu’elle pu enfin approcher d’une vitrine où était affichée la photo du disparu , elle s’écria :

 - «  mais il me semble que je l’ai vu et sans attendre elle se précipita dans la boulangerie et interrogea la commerçante :

Sans attendre son tour car le magasin était plein de monde elle demanda :

 - «  Vous souvenez-vous le jour ou un individu m’a bousculée en sortant de votre boutique ?

 - «  Oui, répondit la boulangère , je me souviens , cela remonte à deux jours , me semble-t-il ! Un jeune homme dépenaillé , était venu acheter un peu de pain et m’avait payé avec de la menue monnaie, il paraissait très bizarre et il est sorti en coup de vent sans même dire au revoir et il vous a bousculé au passage , il donné l’impression qu’il s’enfuyait ; Oui, oui,oui, je me souviens très bien

 - «  Mais alors la photo qui est affichée sur votre vitrine ne vous a pas interpellée , vous ne l’avez pas reconnu ?

 - «  Non  dit-elle , je n’ai pas eu encore le temps de la regarder !

- «   Eh bien , je suis sur que la photo correspond à ce jeune homme , s’écria Ninon, il est dans la région.

A cette affirmation ce fut un brouhaha de discussion tout le monde commentait la nouvelle que venait d’affirmer Ninon, « le disparu avait était aperçu dans le village » et la rumeur couru jusque sur la place du village.

 Quelle nouvelle !

Chacun s’interrogeait : «  - As- tu vu ce jeune homme , une gamine , nous certifie l’avoir vu , hier ou avant-hier au village, la boulangère peut le confirmer !

 - «  Il faudrait s’organiser pour le retrouver s’exclama un autre !

 - «  Il faut avertir les gendarmes  cria une femme un peu énervée, car elle ne pouvait pas accéder à la boutique pour ses achats ; et chacun il allait de ses réflexions  .

Ninon et ses amis s’éclipsèrent pour aller rejoindre  leurs copains pour décider de faire eux aussi des recherches.

 - «   Et bien voilà notre chasse aux trésors déclara Olivier, inutile d’aller chercher plus loin, il suffit de nous organiser et en avant l’aventure dit-il en riant. Et tous le petit groupe fut d’accord.

- «  Comment allons nous faire les recherches, demanda timidement Marie , il faudrait peut-être se séparer en plusieurs groupes pour avoir des chances de le retrouver ?

 - «  Oui, c’est une excellente idée, répondit Julie, qui est d’accord ?

 - «  Oui, oui nous sommes d’accord affirma les autres ;

 - « Julie et Thomas vous partirez visiter les cazotes, José et Martine  vous irez voir sur la plage et les bateaux, Michel et Marie chercherez dans le village , Olivier, et moi nous irons voir dans le château déclara Ninon qui pris les choses en main, êtes-vous d’accord ?

 - « D’accord répondirent-ils tous en cœur !

- «  Rendez-vous sur la place après-dîner, cria Ninon en courant vers la boulangerie , il faut absolument que j’achète le pain pour ma mère, sinon j’aurais peut-être un problème !

Deux heures sonnait à l’horloge de l’église, la bande à Ninon était déjà sur la place attendant impatiemment  son  arrivée , puis avec une exclamation ils l’accueillirent tout heureux de s’égayer dans la nature à la recherche du disparu.

Rendez-vous sur la place les premiers arrivés attendrons les autres dit Julie en s’éloignant avec Thomas.

 Ils partirent donc dans les vignes à la recherche des casotes , ils les connaissaient tous, aussi ils ne leur fallu pas longtemps pour découvrir le refuge du disparu, des reliefs de repas et les cendres du feu qu’il avait allumé pour cuire son lapin étaient des indices qui confirmèrent que  quelqu’un avait séjourné pas plus tard que la veille dans le cabanon, tout heureux ils décidèrent de rentrer au village et apporter la bonne nouvelle autres , mais personne n’était encore revenu.

 Et pour cause car pendant ce temps Martine et josé revenant bredouille de leurs recherches, après avoir fouillé dans les barques à la recherche d’indices, ils avaient parcouru la plage et las de chercher, ils avaient décidé en attendant la fin de cette chaude journée de rester sur la plage et se baigner.

 Michel et Marie après avoir parcouru toutes les rues et les places du village, ils avaient décidé eux aussi de finir l’après-midi à la plage où ils avaient retrouvé Martine et José et ensembles ils arrivèrent sur la place pour retrouver les premiers arrivés. Seul Ninon et Olivier se firent attendre.

 Les deux jeunes gens s’était dirigeaient vers le château , très attentifs au moindre bruit et mouvement de la nature, ils pénétrèrent dans le bâtiment et entreprirent de chercher dans les salles, les souterrains, partout où ils étaient susceptibles  de trouver quelque chose. Peu de temps après qu’ils se soient reposés un instant à l’ombre dans une guitoune sur le chemin de ronde, il entendirent un bruit d’éboulis émanent de la cour intérieur , ils se penchèrent sur les créneaux pour essayer de voir quelque chose. Seul ils perçurent comme une ombre fugitive qui s’engouffrait à l’intérieur, ils descendirent aussi vite qu’il le purent en évitant de chuter sur les éboulis, mais ils ne virent rien, seul des bruits de pas résonnaient dans le silence des salles désertes . Alors commença pour Ninon et Olivier une partie de cache-cache avec l’ ombre inconnue qui avait pénétrée dans le château. Ils se fiaient au bruit pour avancer, mais chaque fois qu’ils croyaient tomber sur l’inconnu l’endroit était désert. Ils décidèrent donc de se séparer pour avoir plus de chance de le coincer.

 - «  Je pars à droite dit Ninon et toi tu pars à gauche dit-elle à Olivier, si tu trouves quelqu’un ou bien quelque chose tu cris.

 Et chacun parti de son côté ; au bout d’une heure fatigué Olivier s’était posté sur le pont-levis en attendant que Ninon le rejoigne, c’est alors qu’il perçu un mouvement non loin de lui, intrigué il s’approcha d’un bouquet de genévriers et il vit un jeune homme dont les vêtements étaient déchirés, les cheveux en broussaille , chaussé de vieilles savates qui se reposait à l’ombre du buisson . Aussitôt, il se mit à crier si fort :

- « Ninon, viens vite, je crois que je le tiens, je l’ai trouvé !

Que ce cri provoqua la fuite éperdu de l’inconnu, lorsque Ninon arriva , il était trop tard l’étranger avait disparu.

 Bredouille et penaud ils rentrèrent au village tout malheureux de n’avoir pu parler avec l’inconnu.

 Lorsqu’il arrivèrent sur la place leurs amis les attendaient impatiemment pour leur faire part de leur découvertes, mais c’est Ninon et Olivier qui parlèrent les premiers :

- « Nous l’avons retrouvé je crois s’écrièrent-ils tous deux ensembles.

- «  Mais alors où est-il demandèrent les autres ?

- «   Nous l’avons découvert près du château, mais lorsqu’il m’a vu répondit Olivier il s’est enfui à toutes jambes.

- «  Peut-être que si tu n’avais pas crié si fort , lui dit Ninon , nous aurions pu peut-être lui parler, car rien ne prouve que c’est celui que l’on recherche ! Je n’ai pas eu le temps de le voir.

- «  Ne vous inquiéter pas leur dit Julie , Thomas est moi nous avons trouvé des indices , nous pensons qu’il skate dans un casote dans la vieille vigne du père Trucmuche, demain ils nous suffira d’y retourner et de guetter pour le voir et s’assurer que c’est bien le jeune homme disparu.

Comme il commençait à ce faire tard, ils se donnèrent rendez-vous  pour le lendemain dix heures, même endroit.

Revenons maintenant à notre naufragé, comme il l’avait décidé après avoir posé d’autres collets, cueilli quelques fruits et fait ses ablutions dans le petit ruisseau, de partir visiter le château , le croyant désert il l’avait tranquillement  visité profitant de la fraîcheur des grandes salles, essayant de s’imaginer les temps fabuleux où le château était grouillant de vie , des piaffement des chevaux, des allées et venus des serviteurs , des cris et des rires, des guerres, dont il retrouvait encore les traces sur les vieilles pierres, il imaginait les trouvères et troubadours venant faire les cours d’amour  aux belles dames à hennins , tandis que leur seigneurs guerroyaient  en terre sainte , la saga des templiers dont le château en gardait les armoiries inscrites sur le manteau de la grande cheminée , il avait tout oublié de son dénuement et le temps passé très vite, mais il était alors ressorti précipitamment, car il avait entendu des pas résonner quelque part non loin de lui, ensuite il avait eu l’impression que les bruits venaient de partout , alors ne pouvant plus se concentrer il avait décidé de partir .

Mais lorsque qu’il se retrouva dehors la chaleur le saisi brutalement et il eu comme un malaise, il faut dire aussi qu’il était un peu sous-alimenté, il se réfugia donc sous un buisson de genévriers ou il ne tarda pas à être dérangé par l’arrivée inopinée d’un adolescent qui se mit à crier. Il n’eut que le seul recourt c’est de s’enfuir.  

Pendant ce temps au village la rumeur avait fait son chemin et  les moyens de recherche avaient été aussitôt mis en œuvre , les chemins, les routes ,les bateaux , les plages tous furent visités, puis l’on fouilla les criques, s’est alors que l’on avait vu flotter d’étranges choses dans la mer prés d’une petite crique, des plongeurs avaient retrouvé le bateau coulé c’était un petit voilier à moteur nommé « l’intrépide » qui était échoué sur un fond sableux, mais du naufragé aucunes traces , après avoir visité l’épaves ils avaient trouvés les indices pouvant identifier l’occupant du bateau. Il se nommait Nicolas Poulganoff , prince d’un petit état de Moldavie , et selon le livre de bord retrouvé il se dirigeait vers l’Espagne rejoindre des amis en villégiature ,et il avait due quitter précipitamment son bateau à la suite d’un court-circuit  et c’est tout, heureusement  le bateau ayant coulé rapidement il n’avait pas était complètement brûlé.

Quand les jeunes lycéens se retrouvèrent le lendemain matin sur la place , ils étaient déjà au courant de l’identité de l’inconnu, ils savaient que c’était un jeune homme d’une vingtaine d’années, qu’il était étranger ,et qu’il était prince de son pays situé dans les Carpates en  Europe centrale. Aussitôt les langues furent déliaient et chacun y alla de son histoire de vampires, de Dracula, de chauve-souris, de châteaux hantés etc… Seule la plus timide de tous, la douce Marie prit la parole et leur déclara :

- «  Vous devez avoir vu trop de films pour divaguer ainsi, ce ne sont que des légendes, Dracula était un roi légendaire et sanguinaire il est né de l’imagination d’un écrivain ,qui en fit un vampire très cruel, il était toujours entouré de cadavres sanguinolents, car il faisait tuer beaucoup de monde dont il aimait se délecter de leur sang. Voilà d’où vient sa légende.

  Olivier piqué au vif devint tout rouge et s’écria :

   - « D’où tiens tu cette affirmation mademoiselle , « je sais tout » !

- « D’un des livres de la bibliothèque ne te déplaise , lui répondit la douce voix de Marie qui eu soudain les larmes aux yeux. De plus il était en Transylvanie ajouta-t-elle et non pas en Moldavie.

La discutions aurait pu continuer longtemps si Julie ne s’était écriée :

- « Nous en discuterons à un autre moment , il me semble que nous avons d’autres choses à faire , aller surveiller le casote du père Trucmuche , vous ne pensez pas ?

Oui, oui, répondirent plusieurs voix, vite allons donc visiter la vieille vigne ; et nous pourrons peut-être ramener le jeune prince.

Ce fut comme une envolée de moineaux riant et heureux de faire une bonne action. Très vite ils arrivèrent non loin de la vieille vigne, Mais Thomas décida de s’arrêter , car déclara-t-il nous pourrions l’effaroucher en arrivant trop nombreux.

- « Ninon ,toi qui l’a déjà vu peut-être que tu devrais y aller seule , en te voyant il se méfiera moins, nous resterons non loin de toi sans nous faire voir, au cas ou il chercherai à s’échapper, qu’en pensez-vous  demanda –t-il en s’adressant à la petite troupe

- «  D’accord répondit Ninon j’ y vais toute seule.

Pendant ce temps ses amis c’étaient planqué derrière un muret pour ne pas se faire remarquer.

Ninon s’approcha du casote lentement comme une personne qui se promène et plongea son regard vers la porte qui était ouverte, puis y pénétra franchement, elle s’arrêta net, le casote était vide, mais des traces que quelqu’un y avait séjourné restait visible , une chemise à fleur un peu froissée était posée sur un lit de fortune et des reliefs de repas étaient posé dans un coin sur un tas de cendres fraîches. Elle ressortit lentement en regardant autour d’elle , puis fit le tour de la bâtisse, mais ne vit rien qui eut un quelconque intérêt elle rejoignit ses amis qui furent un peu déçu.

- «  cela n’est pas bien grave  dit-elle nous avons la preuve que quelqu’un dort ici , il nous suffit de  surveiller , il finira bien par revenir. Attendons, soyons patients.

Ils s’installèrent commodément au pied du muret protégé du soleil qui commencé à devenir brûlant  et il attendirent bercés par les stridulations vibrantes des cigales, un air léger faisait bruisser les buissons odorants, l’air chaud les rendaient somnolant , lorsqu’il entendirent un léger bruit émanant du cazote, aussitôt ils étaient tous en alerte quelqu’un approché.

Ninon partit à la découverte dans la direction du cabanon et  rapidement elle vit un jeune homme au torse nu qui rentrait à l’intérieur, elle fit signe à ses amis de ne pas bouger et hardiment elle alla se poster à l’entrée .

Quelle ne fut pas la surprise du pauvre garçon voyant la jeune fille lui interdisant toute sortie

- «  Qui êtes vous demanda-t-il avec un fort accent , vous êtes peut-être la propriétaire de cette cabane, je vais vous expliquer , j’ai fait naufrage , je suis sans ressource depuis, alors je m’abrite ici, mais je vais partir, tout cela dans un seul souffle.

Ninon ce mit à rire , et lui dit :

- «  N’ayez pas peur , je suis là pour vous venir en aide, je sais qui vous êtes , tout le monde vous cherche au village, mes amis et moi nous vous cherchons depuis hier. Puis elle appela ses copains.

- « Vous me connaissez ? lui répondit le jeune homme complètement éberlué, l’on me recherche ? Alors on a retrouvé l’épave de mon bateau ?

- «  Je ne sais pas de quoi vous parlez répondit Ninon, mais ce que je sais , c’est que votre photo est placardée sur toutes les vitrines de mon village, et que tout le monde est à votre recherche !

 Sur ces entrefaites les amis de Ninon apparurent et se mirent à parler tous ensembles, impossible de se comprendre, aussi Ninon fit taire tout le monde et demanda :

   - «  Maintenant vous allez nous raconter comment vous êtes arrivé dans notre village, quels en sont les causes, vous parlez d’épave d’un bateau, expliquez-vous !

- «  En fait je ne peux pas vous dire grand-chose répondit le jeune homme avec un fort accent étranger , car je suis amnésique, ce dont je me souviens c’est de m’être retrouvé sur la plage d’une petite crique non loin de votre village , sans vêtements , sans papiers pouvant m’identifier, sans argent et cela fait deux à trois jours que je me suis réfugié dans ce cabanon et que je vis de fruits et de lapins que je réussi à piéger dans des collets , je ne me souviens de rien d’autre.

 Nous connaissons votre prénom, c’est Nicolas, votre nom c’est Poulga-machin- chose s’écria  Thomas, votre nom est publié avec votre photo, vous êtes un prince du pays de Dracula , est-ce que cela vous rappelle quelque chose ?

- «  Non , répondit le supposé Nicolas, aucuns souvenirs ne me reviennent !

- «  Nous allons vous ramener au village et les autorité vont s’occuper de vous dit Ninon en prenant le chemin du village, suivi de Nicolas et de ses copains.

 Et c’est tard dans la matinée que la bande à Ninon et Julie revinrent triomphalement au village accompagné du malheureux naufragé. Les parents de ceux –ci étaient très inquiets de ne pas les avoir vu arriver à l’heure du repas, aussi étaient-ils tous réunis sur la place du village . Quel ne fut pas leur surprise en les voyant arriver accompagné d’un jeune homme , qui avait les vêtements pleins d’accrocs , les cheveux emmêlés , l’air complètement perdu.

- «  Mais c’est l’ homme de la photo, s’exclama quelqu’un , regarder c’est lui !

- «  Où l’avez-vous trouvé demanda un autre, vite il faut prévenir le maire, lui saura ce qu’il faut faire.

- «  Non , cria Ninon suivi de l‘exclamation de ses copains, d’abord il faut lui donner à manger, il est affamé, ensuite il lui faut un médecin, car il est amnésique !

- « Oui, oui, amenons le se restaurer , après nous verrons ! dirent plusieurs voix, merci les enfants , rejoigniez vos parents  dit un autre et rendez-vous vers quinze heure pour faire le point de cette affaire.  Des personnes influentes prirent en main le jeune prince et chacun rentra dans ses foyers

Lorsque sonna quinze heures à l’horloge du clocher, la place était de nouveau envahi de monde impatient de connaître l’histoire fabuleuse du jeune prince. Celui-ci après avoir était correctement nourri, il avait été logé dans la plus belle chambre du petit hôtel, un médecin était venu pour l’ausculter, il l’avait trouvé en excellente forme , et il avait affirmé que son amnésie n’était que passagère suite au choc reçu,  il retrouverai la mémoire dans les jours à venir ; il lui fallait un peu de repos et beaucoup de distraction .

- «  Je suppose que les jeunes gens qui ont su si bien le retrouver saurons aussi bien le distraire dit-il avec un bon sourire.

 Voilà ce que déclara le maire devant la foule assemblée.

Les autorités avaient aussitôt fait le nécessaire pour ces papiers détériorés,  envoyé la nouvelle aux parents du jeune homme , qui lui avaient envoyé de l’ argent, des vêtements et souhaité un bon rétablissement ,rassuré sur sa santé ainsi que de bonnes vacances avec ses nouveaux amis.

 En attendant de pouvoir rentrer dans son pays, les jours passèrent heureux pour le naufragé  avec la bande à Ninon, une franche amitié était née avec tous et peu à peu le jeune homme  pu retrouver sa mémoire, cela arriva un après-midi où ils étaient allés excursionner à la recherche de vieilles ruines ,soudain Nicolas se prit la tête dans ses mains et fermant les yeux s’affaissa au sol, Julie et Ninon qui étaient les plus proche de lui se précipitèrent mais très vite Nicolas ouvrit les yeux et avec un très joli sourire rassura les deux jeunes filles.

- «  j’ai retrouvé la mémoire s’écria –t-il, enfin je me souviens,  et appelant Martine, Marie, Michel, José, Thomas et Olivier qui avaient pris de l’avance ils s’installèrent sous le premier bouquet d’arbres venu et sous les regards avides des jeunes gens il leur raconta les premiers détails de sa vie.

- «  Comme vous le savez déjà dit-il je suis prince d’un petit état de Moldavie, j’ai vingt et un ans et j’étai parti en vacances sur un petit voilier à moteur en direction de l’Espagne à Malaga en Andalousie où je devais retrouver des amis  pour passer quelques jours de vacances .Tout allait bien jusqu’au jour, arrivé près de vos plages, j’aperçu de la fumée venant de la cale du bateau, puis une détonation le moteur pris feu et je n’eu que le recours de sauter à l’eau, en m’éloignant très vite à la nage lorsque le bateau explosa et coula, puis je ne me souviens plus de rien , si ce n’est que je me suis retrouvé sur une plage complètement amnésique, vous connaissez la suite.

- «  Quelle aventure s’écria Martine , tu dois être riche pour voyager sur un voilier tous seul, Tu habites aussi un château dis-tu, est-il grand ?

- « Pour répondre à tes questions , non, le voilier n’était pas à moi, je l’avais emprunté à un des mes amis, oui, j’habites dans un château, mais il petit !

- «  Olivier, demanda si c‘était  vrai qu’il habitait dans le pays de dracula.

- «   Non, je n’habite pas dans le pays de Dracula , répondit-il en riant, de toute façon comme vous devez le savoir ce n’est qu’une légende , non mon pays c’est la Moldavie !

- «  Décidément, s’écria Marie tu en veux toujours pour ton histoire de Dracula ! 

Nicolas en souriant répondait à tous , car chacun y allait de ses questions et l’après-midi passa très vite ; Ce fut bientôt le temps de rentrer, et c’est une joyeuse bande qui rentra au village en chantant et ils  se quittèrent jusqu’au lendemain. 

Un sentiment très fort était né entre Ninon et Nicolas, mais tous deux ne voulaient rien laisser paraître devant les autres, pourtant lorsqu’ils en avaient l’occasion ils s’éloignaient, mais très vite rattrapé par les autres qui semble –t-il n’avaient rien remarqué. De subtiles frôlement de mains, des regards appuyés tous cela à leur insu ; mais Ninon était sage et se disait en elle-même qu’il allait partir bientôt et qu’il ne  resterait qu’un beau souvenir de vacances ! « Loin des yeux loin du cœur » dit le vieil adage.

Les vacances allaient bientôt se terminer et Nicolas parlait déjà de départ, une certaine tristesse planait sur la joyeuse bande.

- «  Allons s’écria- t-il ce n’est qu’un au revoir , nous nous reverrons et puis nous nous écrirons.

Et Nicolas munis de ses papiers en ordre repris le chemin de la Moldavie en avion cette fois- ci. Comme promis il écrivit à tous, mais avec Ninon les lettres devenaient de plus en plus tendres.  Deux, trois ans passèrent ; Julie, Martine, José et Michel avaient quitté le village pour l’université de Paris ; Thomas, Olivier et Marie avaient continué leurs études à Montpellier, seule Ninon était restait au village. Et un beau matin arriva un Nicolas plein de ferveur, car il venait pour se présenter à ses futurs beaux-parents ! Vous avez deviné qui était l’heureuse élue ?

Ninon bien sur, car les tendres sentiments qu’ils avaient sagement partagé pendant ce fameux été , c’étaient poursuivi grâce aux courriers qu’ils avaient échangé pendant ces trois années. Ninon était enfin majeur et avait accepté la demande officielle faites par les parents de Nicolas de devenir la nouvelle princesse d’un petit état de Moldavie en épousant leur fils bien-aimé .

Ce fut un fabuleux mariage dans la pure tradition tzigane au château de son bien-aimé, entouré de tous ses amis qui avaient étaient invité pour la circonstance, et Ninon fabuleuse princesse vêtue d’une somptueuse robe tzigane échangea son premier baiser d’épouse avec son mari, le gentil prince naufragé qui était apparu par un beau jour d’été dans le midi de la France , au pays des cigales. Les noces durèrent plus de huit jours où ce ne fut qu’une succession de banquets, de bals, bercés par les violons tziganes. Nicolas et Ninon firent l’admiration de tous , car ils formaient à eux deux un  magnifique couple princier .

*casote : petit cabanon de pierre, construit au milieu des vignes servant d’abri aux vignerons dans le midi de la France

Fin

Irène -B