MANON et la forêt magique
La nuit vient de tomber ,les bruits de la forêt ne
sont plus que des chuchotements et des frôlements imperceptibles, dans la
chaumière au milieu de la clairière un
grand feu flambe dans la cheminée, sur
le côté posé sur un lit de braise cuit le brouet du soir dans une petite
marmite posée sur un trépied, car l’habitant des lieux va bientôt rentrer, et
une petite fille âgée d’environ huit ans s’active à mettre le couvert, l’enfant
tremble un peu, car il va faire gronder sa voix si rien n’est prêt lors de son
arrivé, elle dépose les écuelles de bois et les cuillères , la boule de pain
frais qu’elle à cuit le matin, une cruche d’eau claire qu’elle à puisée à la
source non loin de là. Et elle attend son jeune corps tout tremblant assise
près de la cheminée, anxieuse, dans l’attente.
Soudain elle entends le bruit des sabots
claquer devant la porte, elle s’ouvre sur un homme enveloppé dans une
houppelande, la capuche rabattue sur la tête, d’un geste précis il dépose son
énorme hache près de la porte ,puis dégage sa grosse tête hirsute et barbue,
deux yeux vifs parcourent la pièce et regardant la petite lui lance de sa
grosse voix :
« - Alors Manon le souper est-il
prêt ?
« -Oui maître réponds la petite en se
précipitant vers le foyer et remplissant l’écuelle du bonhomme , qui se mit à
manger en faisant beaucoup de bruit avec sa bouche chlap ! chlap !
Timidement l’enfant c’est assise en face de
lui et commence à manger sans lever les yeux de son assiette. L’homme ne parle
à Manon seulement que pour lui donner
des ordres. Il est bûcheron et tout les jours il part à l’aube dans la grande
forêt couper du bois et ne rentre qu’à la nuit tombée par tout les temps. Alors
la petite fille se sent libre et peut vivre sa propre vie au milieu des animaux
de la forêt.
Chaque matin, quand le bûcheron est partit
, tous les animaux du plus grand au plus petit
viennent sur le pas de la chaumière pour réclamer certaines gâteries que
Manon distribue à profusion . Il y a d’abord les petits écureuils, puis les
petits lapins si agiles, tous les oiseaux du ciel ainsi que les biches , les
cerfs et bien d’autres, ils viennent tous autour de l’humble chaumière .
Manon en venant au monde à héritée du
pouvoir de comprendre le langage des animaux et elle connaît les plantes qui
soignent. Comme vous l’avez deviné Manon est une petite sorcière, ce don elle
l’a hérité de sa maman qui était autrefois une jeune et frêle jeune fille ,
qui avait un beau matin en se promenant
au bord d’un étang trouvé un bel oiseau qui était blessé à une aile et ne
pouvant plus voler il aurait était la proie des bêtes sauvages qui rôdaient
dans la campagne . Elle l’avait pris sous son bras et après l’avoir ramené chez
elle , l’avait soigné et gardé prés d’elle jusqu’à ce que le bel oiseau puisse s’envoler.
Puis un jour une femme très belle était
venue voir la jeune fille , elle se présenta :
« - Je suis une Nymphe de la forêt , et
le bel oiseau que vous avez si gentiment protégé fait parti de mes oiseaux
rares favoris auxquels je suis très attachée. Ils m’ont autrefois étaient
offert par un prince d’un pays voisin auquel j’étais fiancée. Je ne sais par
quel maléfice mon bel oiseau c’est échappé, mais grâce à vous il a put être sauvé. Aussi pour vous
remercier, je vous fait un don que vous transmettrez a la petite fille qui vous
naîtra dans un proche avenir.
La très belle jeune fille , élevés par de
riches commerçants , très sage et obéissante épousa un riche marchand que ces
parents avait choisi pour elle, il était beaucoup plus âgé qu’elle mais il
était très riche et cela avait satisfait l’orgueil des parents. Bientôt naquit une petite fille qui fut
nommée Manon, et conformément à la prédiction de la nymphe la petite naquit
avec le don transmis par sa maman . Mais sa maman partit dans un monde
meilleur, son père ne pouvant l’élever , confia le nouveau-né à une brave femme qui était l’épouse d’un bûcheron
et vivait dans la forêt, elle fut tout de tendresse avec la petite fille
jusqu’au jour où elle aussi dut partir pour un monde meilleur, Manon se
retrouva orpheline pour la seconde fois, mais le bûcheron avait besoin d’une
femme dans sa maison il garda donc la
petite Manon qui devint sa servante, elle devait s’occuper de tous les travaux
qui incombe à la vie de la ferme , ce n’était en réalité qu’une humble
chaumière construite au milieu d’une clairière , un petit poulailler abritait
quelques volailles , le vieil homme vivait simplement des quelques légumes
poussant dans un petit potager et du gibier qu’il ramenait le soir car il
braconnait un peu, quelques champignons a la saisons et des baies sauvages
comme fruits constituait son ordinaire, il assuma donc le couvert et le gîte a
la petite fille contre le travail qui était de laver le linge , préparer les
repas, entretenir la maison et nourrir les volailles, en compensation il lui
assurée de quoi se vêtir correctement, elle n’était pas malheureuse, mais elle
le craignait un peu car il avait une grosse voix et elle était bien jeune.
Manon grandit donc dans la forêt , au
milieu des animaux qu’elle apprit à connaître et comme elle avait héritée du
don de sa maman, la petite fille comprenait le langage de la nature. Un jour
qu’elle était allée remplir sa cruche à la source, elle vit une belle dame qui
lui demanda :
« -Pourquoi viens-tu seule à la source
remplir ta cruche n’as-tu pas peur d’être seule dans cette grande forêt ?
L’enfant regarda la belle dame et fut
éblouie par tant de beauté, elle paraissait si jeune, très fine, aussi élancée
qu’une liane , de beaux yeux en amandes éclairés sont visage encadré de long
cheveux blonds qui semblaient lumineux dans la clarté de la clairière, un
sourire s’épanouissait sur son visage aussi clair qu’un rayon de lune.
Manon répondit :
« - Non, belle dame, j’y suis habituée,
et rien ne me semble au-dessus de mes forces. Alors la belle dame lui
demanda :
« - Qui es-tu petite enfant, qui viens
puiser de l’eau à ma source, n’as-tu point peur des bêtes sauvages qui rôdent
dans cette forêt !
« -
Non, répondit Manon , aucun ne me ferais du mal, car ils sont tous mes
amis !
« - Tes amis !, reprit la dame,
comment une enfant si jeune peut-elle prétendre être l’amie des animaux de
cette forêt !
« - Je ne sais !, reprit l’enfant, mais quand je vois un
animal, quelque soit-il, je lui parles pour le rassurer et après une certaine
hésitation il vient ce coucher à mes pieds !
« - C’est étrange reprit la dame, aurais-tu
un don que les humains normalement ne possède pas, Comprends-tu leur
langage ?
« - Oui répondit l’enfant !
« - Alors , je sais qui tu es, reprit
la belle dame, tu es la servante du bûcheron qui coupe les arbres dans la
forêt !
« - Assieds-toi lui dit la dame et
raconte moi ton histoire, car tu me parais bien jeune pour être la servante
d’un bûcheron.
La petite s’assied sur la tendre mousse
qui poussait autour de la source qui chantait dans l’air léger, de petits
papillons de toutes les couleurs voletaient autour d’elles, et parfois venaient
se poser sur leurs mains, les petites grenouilles coassaient en sautant, non
loin de là dans la mare alimentée par
la source . Un soleil radieux éclairé la clairière où la petite fille et
la belle dame conversaient amicalement.
Manon lui raconta sa courte vie, sa maman
était partie pour un autre monde, juste au moment de sa naissance, son père qui
était trop âgé pour l’élever l’avait confié à une nourrice qui était la femme
du bûcheron, elle l’avait tendrement aimée, jusqu’au jour ou elle partit elle
aussi dans un autre monde. Manon se retrouva pour la deuxième fois orpheline .
Cet homme le bûcheron qui avait été bon quand sa femme vivait encore, s’était
renfermait sur lui-même et vivait toute la journée dans la forêt et ne rentrait
que le soir pour se nourrir, il subvenait à l’entretient de l’enfant, la
nourrir la vêtir, mais son rôle s’arrêtait là ! Alors Manon livrée à elle
même toute la journée , après avoir accomplie ses taches ménagères s’était mise à aider les animaux qui se
blessaient en les soignant avec des herbes qu’elle herborisait dans la forêt.
Elle était connue de tous et chacun venait lui demander de l’aide.
« - Mais les loups qui sont si méchants
, n’en as-tu point peur, lui demanda la
belle dame !
« -Oui, ils me faisaient très peur ,
mais un jour que j’herborisai, j’ai entendu un gémissement derrière un buisson
d’épines et je me précipitée , je vis un énorme loup qui avait une patte prise
dans un piége, il gémissait , et comme je comprenais son langage, je sus que c’était une louve qui s’inquiétait
de ses louveteaux restaient dans le terrier :
« - Mes petits gémissait l’animal, mes
enfants que vont-ils devenir, mes pauvres petits ! Les chasseurs vont
venir est s’en sera fini de moi et mes pauvres enfants qui va les
nourrirent ! et les gémissements reprenaient de plus belle !
Alors, Je me suis approchée, raconta
Manon, et surmontant ma crainte je me suis saisie d’une branche morte et m’en
servant de levier ,j’ai réussi à libérer la patte de la louve, qui au lieu de
s’enfuir vint vers moi et me lécha les
mains en signe de reconnaissance et elle se sauva en boitant. Le lendemain la
louve réapparue à l’orée de la clairière , comme elle se méfiait des hommes
elle attendit que Marion apparaisse et lorsqu’elle l’aperçue , elle s’approcha
en rampant sur le ventre en gémissant. Je fut alertée par le bruit et me
dirigeai vers le buisson où la louve s’était tapie :
« -
N’ai pas peur me dit-elle dans son langage que je compris immédiatement.
Merci s’écria-t-elle, tu as sauvée la vie de mes louveteaux , comment te
remercier :
« -
Je lui répondis qu’elle ne me devais rien, je l’aurais fait a n’importe
qui d’autres ! Mais tu dois me laisser soigner ta patte et déchirant mon
jupon je m’en servi pour faire un pansement , après avoir cueillis des
plantes de ma connaissance qui poussaient alentour , je les écrasaient sur une
pierre pour en faire un cataplasme et les appliquaient sur la patte de l’animal
qui se laissa faire tout en me léchant les mains, et plusieurs jours de suite
,elle revint se faire soigner ; puis un jour elle n’est pas venue ,
croyant qu’elle était guérie je n’y pensait plus, une semaine passa sans que
j’eu de nouvelle et un clair matin , le
bûcheron venait de partir lorsque j’entendis un bruit insolite qui venait de derrière un tas de bois et je vis
apparaître la louve accompagnée d’un autre loup au regard incandescent et
aussitôt voyant ma peur la louve s’est avancée vers moi et pour me rassurer
vint comme à son habitude me lécher les mains , le loup était restait à
l’écart, mais me regardait intensément. C’est alors qu’il se mit à me
parler :
« - Manon , tu es considérée par les
habitant de cette forêt comme une bonne sorcière, tous les animaux ne parlent
que des bienfaits que tu leurs procurent, en dernier lieu tu as sauvés la vie
de ma compagne ainsi par extension la vie de mes enfants tu es désormais
considérée par les habitants de cette forêt comme notre bienfaitrice et pour
cela tu seras intronisée par tous les représentants de chaque race d’animaux et
tu deviendras leur reine !
« - Alors c’est donc toi Manon ,
l’interrompit la belle dame, il n’est question dans toute la forêt que du
couronnement d’une reine des animaux qui se nomme Manon, heureuse de te
connaître, la rumeur de tes exploits est parvenu jusqu’au royaume des Elfes et
des Nymphes , nous sommes les esprits
bienveillants de la forêt tous les
animaux sont sous notre protection et aucun êtres humains ne peut nous voir ,
mais tu as fait tant de bien autour de toi que les animaux et nous les Elfes et
les Nymphes avons décidé de te récompenser en faisant de toi la reine des
animaux de cette forêt. Alors Manon
s’exclama :
« - Mais alors c’est donc vrai, le loup
m’a dit la vérité ?
« - Oui, répondit la Nymphe et je me
présente mon nom est Nadia , je suis une Nymphe de cette forêt, les Elfes et nous les Nymphes nous préparons
une grande fête en ton honneur et tous les animaux seront conviés à ton
couronnement .
« - Mais s’exclama Marion, ils ne vont
pas se dévorer entre eux ? dit-elle très inquiète !
« - Non chère enfant répondit la Nymphe
ce jour là il y aura une trêve pour tous les animaux, chacun respectera
l’autre.
« -Merci pour eux dit-elle
soulagée !
« - Je te quitte Marion, car je n’ai
plus rien à apprendre sur toi, à bientôt ma chère enfant dit la Nymphe en
disparaissant !
L’enfant folle de joie revint à la chaumière
où l’attendaient comme d’habitude des petits et grands animaux qui quémandés
des soins où des gâteries, la journée passa très vite pour Marion qui fut très
occupée. Quelques jours passèrent qui furent routiniers, et l’enfant commencé à
s’impatienter un peu car aucun des animaux quelle interrogeait ne voulait lui
répondre :
« -Patience Manon, tout arrive à qui
sait attendre, lui disaient-ils, le jour vient où tout va changer pour toi , et
Marion s’armée de patience malgré tout
Puis un jour vint et elle revit le couple de
loups, mais cette fois- ci elle n’eut pas peur.
« - Bonjour Marion dirent-ils
ensembles, nous venons au nom de toute la forêt t’annoncer que demain sera jour
de fête, les Elfes et les Nymphes ont tout préparé pour toi, tout les animaux
sont conviés à venir, tiens toi prêtes à l’aube demain matin aussitôt après le
départ du bûcheron, un daim viendra te chercher tu grimperas sur son dos et il
te conduira vers ta nouvelle demeure, qui est située dans un lieu secret au
royaumes des Elfes et des Nymphes , demain tu deviendra la reine des animaux de
ce royaume. A demain lui dirent-ils et
ils disparurent aussitôt dans la forêt
Le lendemain aussitôt le bûcheron disparut
dans la forêt, Marion vit arriver un jeune daim somptueusement harnaché tenant entre ses dents les rennes , la
petite s’en saisissant sauta en selle sans un regard en arrière, laissant la
chaumière et sa vie de servante pour toujours et sans aucuns regrets. Le daim
était agile et transporta la petite fille sans encombre très loin du lieu où
elle avait vécue, dans un endroit paradisiaque. Des parfums enivrants de fleurs
meublé l’air qu’elle respirait, des
orchidées pendaient des branches des arbres , une herbe fine couvrait le sol où
les sabots du daim s’enfoncés sans bruit, des oiseaux de toutes les couleurs
gazouillaient dans les bosquets, une douce brise faisait onduler des massifs de
fleurs aux couleurs chatoyantes et des
papillons pareils à des fleurs ailées
volaient dans tous les sens, une cascade apparut au détour d’un sentier et sans
hésiter le daim se dirigea vers elle. Manon effrayée s’écria :
« - Attention tu vas droit sur la
cascade, nous allons êtres tout mouillés s’exclama-t-elle !
« - Non lui répondit le daim, n’est
crainte, ici tout est magie, il suffit que tu exprimes une pensée et elle se
réalise !; tu vois je pense que la cascade va s’arrêter de couler et elle
s’arrête !
« - Alors je peux moi aussi faire un
voeu et mon voeu se réalisera !, demanda-t-elle ravie.
« - Pas encore, Manon tu ne fait pas
encore partie de ce monde, a l’instant où tu seras notre reine, alors tous les
pouvoirs de ce monde te serons donnés et tu pourras faire tous les voeux que tu
voudras lui répondit le daim.
Il ne put en dire davantage car ils étaient
arrivés au lieu qui avait été choisi. Le daim laissa Manon descendre de selle
et disparut. Aussitôt de merveilleuses jeunes filles d’une grande beauté
entourèrent l’enfant et la conduisant dans un espace délicieux de beauté, où
tout n’était que pour le plaisir des yeux et la détente ; elle entreprirent de la dévêtir et après
l’avoir baignée dans une eau parfumée elle la vêtir comme une princesse , dans
une robe de satin et de soie aux couleurs s’harmonisant avec la couleur de ses
cheveux qu’elle avait très brun et la couleur de ses yeux qui était de couleur
noisette puis elle la chaussèrent de petites mules de satins.
Sur ses beaux cheveux longs qu’elles avaient
coiffés en y tressant des rubans elles y déposèrent une couronne de fleurs
d’orchidées.
« -Te voilà prêtes petite princesse lui
dirent les belles jeunes filles qui
étaient elles aussi des Nymphes, nous allons te conduirent dans la salle du
trône où tu seras intronisée reine de notre forêt.
Manon
tout heureuse mais aussi très intimidée n’osée parler, tout arrivé si vite,
elle avait aussi un peu peur, mais lorsqu’elle vit arriver au-devant d’elle le
couple majestueux de loups qu’elle connaissait bien, elle fut complètement
rassurée et se précipita vers la louve qu’elle se permit de serrer dans ses
bras , l’animal se laissa cajoler et pour lui prouver sa soumission lui lécha
les mains , le beau mâle qui l’accompagnait vint à son tour se faire caresser
et lécha lui aussi les mains de l’enfant. Puis chaque loup se mit de chaque
côté de Manon est l’escortèrent dans une immense salle peuplée d’une foule de
beaux jeunes hommes et de jeunes femmes d’une grande beauté, c’était tout le
peuple des Elfes et des Nymphes qui s’était réuni pour fêter l’enfant, mêlée à cette foule revêtu de
vêtements d’une grande richesse et d’un goût exquis, les animaux de la forêt
étaient aussi présent , les petits lapins côtoyés les renards, les loups
côtoyés les biches, les petits animaux côtoyés leurs ennemis mortels sans
aucunes craintes, en ce jour s’était la trêve pour tous le monde.
Toute
la société hommes et animaux s’exclamèrent devant l’enfant si jolie dans
ses attributs de princesse, il faut
dire qu’encadrée des deux superbes animaux Manon avait fière allure .ils la
conduisirent devant un homme très âgé vêtu de manière si somptueuse qu’il en
était impressionnant , son visage était ridé comme une vieille pomme et il
était légèrement courbé tant les ans avaient de prise sur lui, l’enfant fut
très apeurée , mais le vieil homme lui prit les mains et la rassurant avec un
bon sourire lui dit :
« - Manon, un grand honneur t’es donné
aujourd’hui , cela arrive très rarement peut-être tous les dix mille
ans ;nous allons te couronner reine de notre forêt mais pour cela tu va
devoir devenir l’une d’entre nous, tu vas quitter tes oripeaux d’être humain
pour devenir l’une d’entre nous, tu vas devenir immortelle ; avant cela
nous te demandons de bien y réfléchir, car tu ne seras plus une petite fille de
huit ans , mais une jeune fille de dix-
huit ans, et ce sera ton aspect définitif pour toute la durée de ton
éternité !
L’enfant regarda le vieillard, puis
l’assistance et enfin ces deux gardiens les loups et répondit d’une voix
claire :
« -
Oui, je le veux, sans aucune hésitation !
Alors Alstar c’était le nom du vieillard,
s’approcha de Manon et lui présenta une coupe de vermeil remplit d’un liquide
incolore et lui demanda de la boire ! L’enfant s’exécuta sans hésiter une
seconde et aussitôt la magie opéra, sous les yeux émerveillés de l’assistance
une merveilleuse jeune fille apparue resplendissante de beauté, elle
s’agenouilla devant Nadia qui lui posa une couronne d’or ciselée sur la tête au
milieu de sa couronne de fleurs et toute l’assemblée se mit a chanter des airs
anciens en honneur de leur nouvelle reine.
Pendant
ce temps les animaux venaient déposer des offrandes au pied de leur nouvelle
reine, puis les loups qui encadraient toujours Manon la conduisit dans une
immense salle ou était offert un superbe repas .
Les jours et les mois passèrent et Manon
faisait l’apprentissage de sa nouvelle vie , elle apprit à maîtriser la magie,
a connaître tous les habitants de la forêt ainsi que le nom de chaque Elfe et
de chaque Nymphe, elle apprit aussi beaucoup de choses secrètes par
l’intermédiaire d’Altar qui était devenu son mentor et aussi un père très
affectueux, car il ne faut pas oublier que Manon même si elle paraissait avoir
dix-huit ans , elle n’avait en réalité que huit ans et cela même la magie ne
pouvait le changer.
Revenons à la chaumière que Manon avait
quitté quelques mois plus tôt, souvenons nous qu’elle était partie avec le daim
aussitôt que le bûcheron avait disparut dans la forêt , lorsque le soir arriva
, il rentra à sa chaumière confiant , mais ne voyant pas de lumière dans la
maison il se précipita à l’intérieur pour y trouver un feu éteint, aucun repas
de prêt et la pièce était déserte aucune trace de sa petite servante ; de
mauvaise humeur il se mit à crier son nom :
« -
Manon, où te caches tu petite misérable, qu’as
tu fait de ta journée ?
Bien sur il n’y eut aucun écho à ses cris,
furieux il sorti dehors et se mit à courir tout autour de la chaumière, mais
aucune trace de Manon, dans le poulailler non plus les volailles dormaient
paisiblement. Il revint dans sa maison est chercha de quoi se nourrir , il fut
obligé d’allumer son feu qui mit du temps à prendre car la cheminée était
froide, et il se fit cuire quelques oeufs qu’il trouva dans un panier, puis il
parti se coucher en grommelant.
Le lendemain il partit à l’aurore courir les
bois dans l’espérance de la trouver, mais la journée se passa sans que Manon
soit retrouvée, au bout d’une semaine de recherches infructueuses, il se décida
d’aller consulter une vieille et méchante sorcière qui avait le don de
divination, elle avait aussi la réputation de jeter des sorts. Lorsqu’il arriva
près de sa masure la vieille était devant sa porte et l’interpella :
« - Alors bûcheron tu as perdu ta
servante ricana la vieille !
« - Je ne sais répondit le bûcheron,
quand je suis rentré un soir , elle avait disparue, depuis je la cherche en
vain, peux-tu m’aider à la retrouver, j’ai besoin d’elle dit-il soucieux.
« - Rentre bûcheron, nous allons tirer
les runes, et nous saurons où elle se trouve !
Ils
rentrèrent dans l’antre de la sorcière, au milieu de la pièce siégé un énorme
chaudron posé sur un trépied , posé lui même sur le feu, d’où s’échappé des
odeurs nauséabondes, le bûcheron eut un haut le coeur.
« - Quel brouet infâme fais tu cuire la
vieille s’écria-t-il, tu veux m’ empoisonner vieille
sorcière !
La vieille se mit à ricaner et lui
répondit :
« -
Occupons nous de tes affaires bûcheron dit-elle en pointant un doigt menaçant
dans sa direction.
Elle
se dirigea au fond de la pièce s’assied
sur un infâme tabouret et sortie d’un coffret des petites pierres grises qui
étaient gravés, le lieu était obscure seulement éclairé par la clarté du feu ,
aussi le bûcheron fut obligé de s’approcher, la vieille avait jeté les runes
par terre et se mit à les consulter.
Tu
n’es pas près de la revoir ta protégée elle à une autre protection bien plus
intéressante que la tienne lui dit-elle
en ricanant de nouveau.
« - Que veux-tu dire vieille sorcière
dit-il en colère, parle où tu vas le regretter !
« - Tout doux beau sire ! Ta
servante est dans la forêt magique, et toi tu ne peux y pénétrer !
« - Quel moyen me proposes-tu pour y
rentrer ; dit vite , je veux qu’elle revienne dans ma chaumière , quelque
soit les moyens à employer !
« - En es-tu bien sure , n’importes
quels moyens dis-tu ? dit la vieille en clignant de l’oeil, connais tu les
risques que tu peux encourir, c’est très dangereux pour toi !
« - Fais ce que je te demande lui
répondit le bûcheron, je veux récupérer cette enfant et rien ne m’y fera
renoncer, quel qu’en soit les risques, m’entends tu la vieille !
« - A ton service beau sire, reviens
demain et tout sera prêt, tu l’auras voulu !
« - A demain donc cria le bonhomme en
s’enfuyant plus qu’il ne repartit de l’antre nauséabond de la sorcière.
Ah,
ah, ah, ricana la vieille cours, cours mon bonhomme si tu savais ce
qu’il t’attend tu me supplierais de n’en rien faire, mais tu es bien trop
attaché à cette gamine que tu traitais comme une esclave !
Le
lendemain arriva et le bûcheron
impatient était arrivé à peine si le jour était levé, mais la vieille sorcière
qui ne dormait pas beaucoup l’attendait déjà sur le pas de sa porte.
« - Inutile de rentrer, car ce que tu
vas faire ne peut ce passer que dehors, tout d’abord écoute bien mes
instruction .Tu dois d’abord aller au alentour de la forêt magique, puis te
cachant dans un bosquet, tu devras te dévêtir entièrement, bien cacher tes
vêtements puis tu devras absorber le contenu de cette fiole.
« - Pourquoi dois-je me dévêtir ?
demanda –t-il curieux .
« - Pour la bonne et simple raison ,
c’est que tu va te transformer en animal, et pour cela tu ne dois pas être
vêtue !
« - En animal dis-tu ,mais quel
animal ? dit-il un peu inquiet .
« - En petit mouton bêlant, comme cela
tu pourras être adopté sans craindre aucun danger et tu pourras ainsi tout
observer et ainsi tu sauras où se trouve ta servante.
Tout méchant qu’il puisse être, le bonhomme
était bien naïf, et sans réfléchir plus longtemps accepta-t-il cet arrangement
. Et le voilà partit, cheminant tout content à l’idée de récupérer sa servante.
Au bout de la journée il arriva enfin aux abords de la forêt magique et avisant
un bosquet ,il s’y précipita , s’y dévêtit et cacha ses vêtements comme le lui
avait conseillée la vieille sorcière, et sans réfléchir plus longtemps avala le
contenu de la fiole, aussitôt il se transforma en un petit mouton tout bêlant
et il attendit quelques instants ; mais comme rien ne ce passait il se mit
à gambader dans la forêt , comme il bêlé misérablement, il vit arriver une très
jeune et belle fille qui s’approcha et lui demanda :
« - Tu es perdu petit mouton, tu as
sans doute perdu ta maman , viens donc avec nous, nous allons nous occuper de
toi.
Le bonhomme compris très bien ce que lui dit
la jeune Nymphe, car s’en était une, et elle le conduisit près de la reine pour
lui être présenté, et lui demander la permission de le garder. Lorsque le
bûcheron alias le mouton fut en présence de la reine il ne reconnue pas Manon,
mais Manon qui avait par son statut de reine tous les dons , reconnue dans ce
mouton, le forestier qui l’avait maintenu en esclavage toute son enfance ,
aussi décida-t-elle de le surveiller et de comprendre pourquoi il était devenu
un mouton.
Elle
demanda aux petits louveteaux les enfants de ses gardes du corps le loup Wolf
et la louve Natacha de l’adopter et de devenir son ami pour mieux le
surveiller, moyennant un rapport détaillé sur tous ses faits et gestes.
Ainsi
fut fait, le mouton jouait toute la journée avec les louveteaux, et ceux-ci
obéissant au ordre de la reine le questionnaient et le surveillaient. tout au
début , il se contenta de mentir et de faire comme si il était un orphelin,
mais chassez le naturel et il revient au galop, il prit tellement confiance en
lui même et dans les louveteaux qu’un jour il fini par se dévoiler :
« - Savez-vous leur dit-il , je ne suis
pas vraiment un mouton !
« - Comment s’écrièrent-ils si tu n’es
pas un mouton qu’es tu donc alors ?
« - Si vous me promettez de n’en rien
dire, je vous dis toutes les raisons de ma présence ici.
« - Promis dirent-ils tous en coeur
nous serons muets comme une tombe !
« - Alors le bûcheron raconta à ses
amis pourquoi il s’était fait changer en mouton pour mieux retrouver sa petite
servante.
« - Tu es donc un homme
s’écrièrent-ils tous ensembles, et
l’enfant dont tu nous avez parlé l’as tu retrouvée ?
« - Non ,car les seules enfants que je
connais c’est vous, les autres sont trop âgés pour être ma servante !
Le soir même Manon fut mis au courant .
« - Cet homme est dangereux , convoquer
la sorcière qui habite près de notre forêt , pour qu’elle lui rende sa
véritable apparence et ensuite nous l’expulserons de notre forêt.
Le
lendemain le mouton fut convoqué auprès de la reine ; il s’y rendit sans
méfiance accompagné de ses amis, mais lorsqu’il arriva dans la salle du trône
il vit la présence de la vieille sorcière qui l’avait aidé à se transformer en
mouton, il se mit à bêler misérablement, les louveteaux et leurs parents
faisait un cercle autour de lui , il ne pouvait ainsi s’échapper.
La reine prit la parole :
« - Ainsi , bûcheron, tu nous à trahi,
tu t’es fait transformer en mouton pour mieux t’introduire dans notre forêt,
dans un but malveillant, récupérer une petite fille que tu as rendu esclave
dans ton foyer, au lieu de l’aimer comme ta fille tu l’a considérée comme ta
servante, tu l’as laissée livrée à elle même toute la journée et quand tu
rentrais le soir il fallait que tout fut prêt, sinon tu lui hurlais dessus
comme sur un chien. Cette enfant c’était moi bûcheron, et comme tu le vois, je
ne suis plus une petite fille, je suis la reine de cette forêt et je donne
l’ordre que l’on te rendes ton apparence réelle et ensuite tu seras expulsé.
Comme
Manon l’avait ordonné ainsi fut fait, le bûcheron redevint un homme et il fut
expulsé de la forêt.
A
quelques jours passé un chasseur retrouva les restes du bûcheron qui avait
était en partit dévoré par des animaux sauvages de la forêt , ainsi périssent
les méchants dans la forêt magique.
Quant
à Manon elle coula des jours heureux entourée de ses amis les animaux , les
Elfes et les Nymphes. Et ce pour l’éternité !
(a suivre)
Irène-B