LE SECRET DE LA GROTTE MARINE

           Le soir tombait lentement sur la plage, les vagues venaient mourir  sur le rivage dans un murmure monotone, l’écume blanche devenait fluorescente sous les rayons lunaires. Il faisait chaud, l’air sentait l’iode et Moncef  aurait pu se détendre si sa quête lui en avait laissé le temps. Mais le jeune chevrier était à la recherche d’une de ses chèvres  qui avait disparue de son troupeau tard dans l’après midi et depuis il était à sa recherche.

       Moncef était un jeune homme très pauvre qui, comme ses parents avant lui gardait les chèvres pour un maître despote et cruel. Ce méchant homme gros et gras ne tolérait aucunes erreurs de la part de ses esclaves , sinon il les punissaient par le fouet. Aussi pour Moncef avoir égaré une chèvre était une faute extrêmement grave qu’il lui fallait réparer au plus vite.

 

 

         Donc, aussitôt arrivé au bercail il rentra très vite ses chèvres dans l’enclos et sans se faire remarquer par le maître et ses serviles espions, sans prendre la peine d’avaler un frugal repas constitué d’un verre de lait et un morceau de fromage de chèvre qui était le plus souvent son ordinaire , il était aussitôt reparti courir dans les rochers qui bordaient la plage sachant peut être y retrouver la fugueuse. Mais la nuit commençait à tomber et il ne l’avait toujours pas retrouvé.

         Sa course l’avait conduit dans une crique de sable fin aux confins du territoire  civilisé , au delà s’étendait un désert de rocailles et de rochers brûlés par le soleil parsemé de touffes d’herbes à chameaux qui poussaient dans les crevasses ombragées , et il se souvint que parmi ces roches ,des grottes y étaient aménagées pour le confort tout relatif des caravaniers qui traversaient le territoire. Aussi c’est d’un pas assuré qu’il franchi la limite sécurisée pour courir sous les rayons lunaires vers les grottes où il espérait retrouver la petite chèvre.

     Après une course effrénée il arriva enfin devant une énorme masse rocheuse qu’il escalada à la recherche d’une excavation naturelle pouvant avoir servie de refuge à l’animal ; il n’eut pas à chercher longtemps , au détour d’un rocher une ouverture béante apparue noyée d’ombre , Moncef sans hésiter une seconde pénétra à l’intérieur, aux aguets dans l’espérance de voir où d’entendre le souffle de la chèvre égarée, mais seul le silence régnait, lourd et pesant peut-être même un peu angoissant, il avança à tâtons car les rayons lunaires n’y pénétraient pas, il n’avait pas fait deux ou trois pas qu’il se heurta contre un objet volumineux qui était posé là après l’avoir contourné il se heurta de nouveau sur une malle, il mit ses bras en avant et avançant très doucement il découvrit que la grotte était pleines de coffres et de caisses pleines assurément vu le poids qu’elles semblaient peser, fort étonné d’y trouver tant de marchandise craintif il décida de chercher ailleurs , demain il reviendrait avec une torche pour mieux voir , en attendant il lui fallait retrouver l’animal avant l’aurore .Il sortait à peine de la grotte qu’il entendit un bêlement plaintif la-bas derrière le rocher , il sut immédiatement qu’il venait de retrouver sa chèvre.   En voulant se précipiter pour la récupérer il buta sur un petit objet métallique enseveli dans le sable, se baissant pour le ramasser il constata que cet objet était petit, lourd et de forme ronde et peut-être aussi en métal précieux il l’enferma aussitôt dans sa poche et ne pensa plus qu’à récurer la petite chèvre et rentrer très vite cher son maître.

      Cela ne faisait pas deux heures qu’il avait regagné son gîte, après avoir rentré la chèvre dans l’enclos très doucement pour ne pas réveiller le troupeau ; le jour pointait déjà à l’horizon , après un bref repos, il repartait vers l’oasis faire brouter ses chèvres. Personne ne s’était aperçu de son absence de la nuit. Après s’être assuré que le troupeau était en sécurité il s’allongea  sous un palmier et décida de récupérer de sa nuit passé , mais lorsqu’il voulu s’allonger il ressenti comme une gêne dans son saroual et il se souvint de l’objet mystérieux qu’il avait ramassé dans la nuit et glissé dans sa poche, car il faisait nuit et il cherchait sa chèvre ; il récupéra l’objet qui ressemblait à un médaillon et l’observa sur ses deux faces, l’une représentée une forme ressemblant à un animal mythologique qui avait l’apparence d’un dragon à tête d’aigle, quatre pattes griffues et des écailles sur tout le corps , des lettres dans un alphabet inconnu de Moncef étaient gravés sur la face ,et ce qui attira l’attention du jeune chevrier c’est qu’il y avait des lettres qui étaient effacées ; sur l’envers du sceau une tête de bélier stylisé était entourée des mêmes lettres inconnues  et toujours des lettres effacées cela l’intrigua beaucoup, sur la tranche d’autres lettres étaient aussi en relief . Il tourna l’objet dans tous les sens perplexe ; que voulait dire ses lettres , il regrettait à ce moment là de ne pas savoir lire . Mais à qui confier le secret de sa trouvaille, il n’était qu’un pauvre esclave et il risquait de recevoir sévèrement le fouet pour être en possession d’un objet dont il n’était pas le propriétaire, il serait accusé de l’avoir volé .Son maître s’en emparerait et il ferait en sorte de se séparer du jeune homme en l’envoyant très loin dans une autre contrée où le travail serait plus dure dans l’espérance qu’il disparaisse à tout jamais.

 

           

 

             Moncef en était là de ces réflexions , lorsqu’une ombre vint se poser sur lui .Un vieil homme qui  semblait errer dans l’oasis s’était approché de lui après l’avoir observé de loin ; intrigué par l’objet que le jeune homme tenait entre ses mains ; il s’était approché tout doucement et l’avait surveillé depuis un certain temps, ce n’est que lorsque Moncef s’apprêtait à remettre l’objet dans sa poche qu’il s’était précipité pour mieux s’informer.

 - «  Que tiens-tu là lui dit-il, cet objet me semble bien précieux dans les mains d’un jeune chevrier ?

  Moncef eût aussitôt le geste de le cacher dans sa poche, mais prestement le vieillard avait saisi la main du jeune homme et s’était emparé du médaillon et le tenant fermement dans sa main crochue se mit à l’observer sur toutes ses faces.

 - «  Mais dit moi petit, où as-tu dérobé ce médaillon, il est de grande valeur vu son poids et sa texture qui est semble-t-il faite de métal précieux !

 Aussitôt le jeune garçon devint très pâle malgré son teint basané ,et aussitôt il chercha à s’enfuir !

 - «  Tu l’as donc volé s’écria aussitôt le vieillard , si tu ne me dis pas la vérité ,j’irais te dénoncer à ton maître, inutile de te dire ce qui va t’arriver ; parles je ne suis pas ton ennemi !

 Moncef s’arrêta net dans sa fuite, où aller dans ce monde hostile, d’un côté son maître qui le punirai d’une façon extrêmement sévère ; devenir errant dans ce désert si inhospitalier au milieu des scorpions, des serpents venimeux ou de tout autres dangers ; c’était vraiment risqué aussi décida –t-il de faire confiance à ce vieil homme qui avait surgit près de lui sans qu’il puisses s’en rendre compte.

 Il revint donc près du palmier qu’il avait quitté si précipitamment , l’homme était toujours à la place où il l’avait quitté , il s’était seulement accroupi et observait tranquillement le médaillon.

- « Tu t’es enfin rendu à la raison lui dit celui-ci avec un bon sourire, tu n’as rien à craindre de moi, dans ma jeunesse j’ai été moi aussi un jeune esclave et comme toi j’ai subi les contraintes due à cet état. Puis un jour où mon maître avait était particulièrement cruel avec moi, je m’était enfui tout comme toi aujourd’hui et c’est mourant de faim et de soif que je fus recueilli par une tribu vivant dans le désert et qui m’a sauvé la vie, j’était plus jeune que toi alors.

 Moncef ne disait mot, mais regardait et écoutait attentivement ce que lui racontait le vieillard, il en avait oublié jusqu’à son troupeau de chèvres qui soudain le rappela à l’ordre,une chèvre était venue brouter à ses pieds ; aussitôt  il sauta sur ses pieds pour aller vérifier si son troupeau était au complet , il cria au vieil homme de ne pas disparaître et qu’il allait revenir. Un peu inquiet malgré tout il s’empressa de vérifier la bonne tenue de son troupeau de chèvres et revint en courant près de l’ancêtre qui n’avait pas bougé d’un pouce.

- «  Est-ce que tu as pu déchiffrer les mots qui sont gravés lui dit-il en guise de préambule , je ne suis pas très sûr mais il me semble avoir reconnu l’écriture !

 Moncef le regarda interrogateur, comment, lui un ancien esclave pouvait-il avoir apprit à lire  son inquiétude se remit à le tourmenter ; qui était cet inconnu qui lui avait affirmé avoir était un esclave comme lui et qui savait lire . Comme il ne répondait pas l’inconnu lui redemanda :

- « As tu réussi à déchiffrer les caractères inscrit sur ce médaillon ? Puis se frappant la tête avec sa main, comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ,tu ne dois pas savoir lire, quel ignorant je suis un esclave n’à pas droit à  l’instruction !

 Puis voyant la peur inscrit dans les yeux du chevrier il s’empressa de le rassurer :

- « N’’ai aucunes craintes, il me semble que tu as en ta possession un objet de grande valeur , il suffit de déchiffrer ce qui y est inscrit et peut-être que tu cesseras d’être un pauvre chevrier , car ce médaillon me semble fait  de métal noble.  Veux tu me raconter comment tu es rentré en possession de cet objet, et je te donne ma parole de t’aider à résoudre cette énigme. 

Moncef hésita un petit moment avant de répondre, puis décida de tout raconter à cet inconnu ; après tout qu’avait-il à perdre ?, le médaillon ? Cela faisait à peine vingt quatre heures qu’il l’avait trouvé, de plus il ne pourrait pas le cacher indéfiniment, quelqu’un aurait fini par le lui voler ; alors !!!…

 Alors il s’accroupi près du vieil homme et lui demanda :

 - «  Je veux bien croire en ce que tu m’as dit, mais avant cela j’aimerai que tu me dises qui tu es, d’où tu viens, car je ne t’avais jamais vu à part ce matin.

 - «  d’accord  jeune fils répondit l’homme, comme tu peux le constater je suis très âgé , mais avant cela , tout comme toi je suis né esclave et pendant de longues années j’ai été trimbalé dans des pays tous très différents , car mes maîtres ne pouvaient supporter mon esprit curieux et frondeur, je ne te compte pas les coups de fouet que j’ai pu endurer; certains jours j’ai bien cru en perdre la vie. Puis un jour un Egyptien m’acheta pour une bouchée de pain tant j’étais maigre n’ayant que la peau sur les os, je crois que ce fut le plus cruel de mes maîtres, me considérant comme une chose qui ne vivrait pas longtemps il me donna les corvées les plus dures qu’il put trouver, mes dernières forces me quittèrent et une nuit je réussi à m’enfuir au beau milieu du désert , je errai un jour, deux jours… et je m’écroulai à bout de force, affamé et assoiffé j’étais sur le point de rendre mon âme à Allah, et je sombrais dans le noir. Quand j’ai repris mes esprits  des mains douces me bassinaient le front, tandis que d’autres me faisaient boire à petites gorgées, ma gorge  me brûlait et je ne pouvais parler. Peu à peu ma conscience me revint et je  me découvris sous une tente couché sur une moelleuse couche et une vieille femme toute ridée prenant soin de moi. Quelques jours plus tard lorsque mes forces me sont revenues , l’on me conduisit sous une autre tente somptueuse celle-là et  l’on me présenta au chef de la tribu. Il me regarda avec des yeux sévères et aussitôt il m’interrogea :

 -  « Que faisais-tu dans le désert, nous t’avons trouvé à moitié mourant , nous t’avons soigné depuis huit jours , comment compte tu nous rembourser des soins que nous t’avons prodigué dit-il avec sa grosse voix . Bien entendu je restai muet, tétanisé de crainte, devant ce nouveau maître que le destin m’avait  redonné , au lieu de lui répondre je me sentis fléchir sur mes jambes et tombé au pied de l’impressionnant homme. Aussitôt je me sentis saisis par des mains brutales et me retrouvai affalé la tête enfouie dans un tapis épais, tandis que des ordres brefs et  étouffés me disaient de me prosterner.  Je me sentais si faible que je ne pus que relever la tête et d’une voix mourante déclarer :

- «  plutôt mourir une seconde fois plutôt que de subir de nouveau l’esclavage !

Un grand éclat de rire me sorti de mon état de faiblesse et osant regarder devant moi je vis mon nouveau maître se tenant les côtes  riant à gorge déployée.

- « Amener ce jeune garçon , et prenez soin de lui , ramener le moi que lorsqu’il sera complètement rétabli.

Les jours passèrent et mes forces me furent enfin rendues, chaque jour mon nouveau maître s’inquiétait de ma santé, mais jamais il ne venait à mon chevet, inutile de te dire toutes les questions qui ont traversées mon esprit. Pourquoi tant de mansuétude, moi un pauvre esclave que voulait donc de moi ce nouveau maître ?

 Je n’eu pas longtemps à attendre, un matin où la vieille femme qui s’occupait de moi avait franchi le seuil de la tente que j’occupais, le majestueux personnage qui m’avait tant effrayé lors de ma comparution devant lui , m’apparu dans toute sa supériorité  sous le ventail de la tente. Effrayé je tentai de me soustraire à son regard perçant qui fouillait la tente à ma  recherche; moi paralysé devant cet homme si impressionnant, je m’étais accroupi en position d’humilité la tête enfouie  dans le moelleux tapis qui recouvrait le sol.

Sa voix sonore m’intima aussitôt de relever la tête et de le regarder droit dans les yeux.

Aussitôt, je me mis à trembler de tout  mon corps, car regarder son maître dans les yeux  était passible de la pire des punitions, aussi je gardais mes yeux baissés.

Un grand éclat de rire me fit redresser la tête malgré moi, et je vis mon nouveau maître qui riait de nouveau à gorge déployée ; voilà un jeune homme qui me plaît bien , lui entendis- je dire.

 - « allons relèves-toi et regardes-moi me dit-il redevenu soudain sérieux ! Tu n’as rien à craindre de moi petit !Et aussitôt il donna des ordres à des serviteurs invisibles pour moi ; presque aussitôt deux femmes vinrent me saisir et avec des gestes doux elles me conduisirent dans un enclos fermé par des tapis et au milieu de cet  espace une grande baignoire d’où s’échappé des vapeurs d’eau chaude ; puis à mon corps défendant elles me déshabillèrent et me plongèrent dans une eau parfumée au jasmin ;puis elles entreprirent de me laver , je dirai plus de me décrasser,  car l’eau du bain était devenue brune , après m’avoir rincé du mieux qu’elles purent elles me passèrent de splendides vêtements que seul les maîtres pouvaient se permettre de porter, une chemise de fine baptiste, un saroual brodé d’or , une tunique brodée de perles et de petits miroirs et passementeries d’or ; puis elle terminèrent de me couvrir la tête d’un turban de soie du même ton émeraude que la tunique ; mes pieds furent chaussés de babouches brodées d’or également. Ainsi vêtu j’avais le sentiment d’être devenu un prince ; mais la crainte ne m’avait toujours pas quittée. Que voulait dire tout cela, moi un pauvre esclave transformé en prince du désert après avoir failli périr d’une façon si terrible.

 Puis je fus conduit par deux serviteurs richement habillés dans une immense tente en peau de chèvre  ; meublée de façon magnifique où ils me laissèrent après m’avoir demandé de déposer mes babouches à l’entrée. mes pieds nus s’enfonçaient dans d’épais tapis de laine, tout au fond assis sur des coussins de soie aux couleurs chatoyantes le maître des lieux fumait le narguilé entouré de jeunes femmes aux visages voilées, dans des cassolettes posées sur des trépieds brûlait de l’encens qui parfumait l’atmosphère de la tente à la fragrance de rose et de jasmin. 
 Je restais figé sur place, lorsque le maître des lieu m’intima l’ordre d’approcher, c’est en tremblant que je m’affalais ventre à terre devant mon nouveau maître . Un ordre bref me sorti aussitôt de ma torpeur :

 

 

 

  - «  Relèves-toi et viens près de moi me dit-il d’une voix grave mais douce, crois-tu que je t’ai fais vêtir de la sorte pour te traîner à mes pieds me dit-il dans un sourire qui fit apparaître de superbes dents blanches?

 Sans mots dire, je me glissais plutôt que je ne marchais auprès  de cet homme qui me terrorisé, car j’avais le sentiment qu’il me soufflait des ordres pour mieux me punir après !

 Il frappa dans ses mains et aussitôt telle une envolée d’oiseaux roucoulant comme des tourterelles les jeunes filles se sauvèrent hors de la tente.

 Je me retrouvais seul avec ce nouveau maître qui m’impressionnait si fort et qui m’offrit comme à un invité de marque de consommer le thé en sa compagnie ; sans attendre mon accord il frappa dans ses mains et aussitôt des serviteurs apportèrent le thé et son accompagnement , une douce musique nous accompagnaient dans la cérémonie du thé à la menthe servi d’une manière très zélée. Puis après avoir congédié son serviteur , mon nouveau maître me regarda très intensément et me dit :

- «  Enfant tu es protégé des Dieux, la prophétie c’est accomplie, tu seras désormais mon fils adoptif, pour répondre au présage que les «esprits du désert » m’ont annonçaient. Pour que ma destinée s’accomplisse je devais trouver au milieu du désert un enfant libre de toutes contraintes et que je devais adopter pour ma future descendance, tu m’es apparu mourant de faim et de soif, dans le dénuement le plus total au milieu du désert comme les « esprits du désert » me l’avaient annoncé.

        Moncef émerveillé de cette histoire survenue à un pauvre esclave reprit espoir et décida de faire confiance à ce parfait inconnu , et le supplia de continuer son histoire, mais seulement après avoir vérifié si son troupeau de chèvres était bien tranquille dans son herbage !

La matinée touchait à sa fin et les ombres devenaient plus rare , aussi le vieux conteur avait pour plus d’aisance fabriqué un abri avec des palmes et c’est sous cet abri de fortune qu’il partagèrent leur frugal repas , l’un du fromage de chèvre et une galette de pain enzyme, l’autre une poignée de dattes.

      Le vieil homme reprit alors sa narration ;- «  Au nom des «esprits du désert »  mon sang ne fit qu’un tour, je devais avoir une mauvaise étoile sur la tête, car l’on m’avait toujours dit de me méfier des « esprits du désert » , car c’étaient de mauvais esprits qui venaient tourmenter les humains la nuit , aussi lorsque mon nouveau maître me dit que c’était les « esprits du désert » qui m ‘avaient choisi pour être son fils adoptif, imagine ma panique, je me mis à trembler de tout mon corps ce qui affola mon nouveau maître qui s’empressa de convoquer ses « marabouts » pour me venir en aide .

Il convoqua aussi son astrologue qui me confirma que j’étais bien le « fils élu »et qu’il  ne fallait surtout pas m’inquiéter car j’était protégé d’une puissance vivant dans les étoiles et que mon destin était lié à ce père adoptif qui m’était tombé du ciel si je puis dire !

      Alors commença pour moi une vie aisée, protégée, adulée, j’appris que ce père adoptif qui m’était tombé du ciel, était un homme très riche et très puissant ; quelques jours plus tard nous étions rendu dans sa citadelle son lieu de résidence habituel. C’était une immense construction fortifiée, crénelée , construite dans une oasis au milieu d’un jardin odorant et fleuri, partout des jets d’eau apportaient de la fraîcheur dans ce paradis au milieu du désert.  Je fis de longues études , j’appris beaucoup de langues étrangères et je voyageais beaucoup ; puis  mon père adoptif me fit épouser une merveilleuse jeune fille toute de douceur et de beauté qui me donna une lignée de fils et de filles que je mariais avec des princes et des princesses pour le plus grand bonheur de mon nouveau père qui s’éteignit comblé

  - « Mais alors s’écria Moncef tu doit connaître ce qui est gravé sur le médaillon !

 - «  Oui , mon fils lui répondit Achim , c’était le nom du vieil homme et c’est pourquoi si tu le veux je peux t’aider à te sortir de ton état d’esclave, il suffit que tu me fasses confiance.

Le jeune chevrier le cœur gonflé d’espoir regarda le vieil homme droit dans les yeux et lui demanda :

 - «  Pourquoi devrais-je te faire confiance, je te connais à peine, et qu’est-ce qui me prouve que tu dis vrai ?

- «  Tu dois lire en ton cœur mon fils répondit Achim, cherche la sagesse qui est en toi , interroge la et elle te donnera la réponse .Rendez-vous ce soir lorsque la lune sera au zénith prés de la grotte marine où tu as trouvé le médaillon.

 - «  Comment sais-tu où j’ai trouvé le médaillon s’écria aussitôt Moncef , je ne te l’ai pas dit ! Mais il parla dans le désert car son compagnon avait disparu. Le jeune chevrier se demanda s’il n’avait pas rêvé, il avait si peu dormi cette nuit que peut-être il s’était endormi sans s’en rendre compte ; pourtant l’abri de palmes était bien là, et il restait encore quelques dattes posées sur quelques feuilles de  figuier. Alors il décida de méditer sur l’aventure qu’il venait de vivre depuis l’instant où il avait égarée sa chèvre.

     Le soir arriva et Moncef toujours perplexe quand à sa décision, revint chez son maître en prenant grand soin de ne pas ce faire remarquer par les délateurs qui surveillaient tous les faits et gestes des esclaves. Il parqua ses chèvres dans l’enclos qui leur était réservé et après leur avoir distribué le fourrage pour la nuit , rempli leur réserve d’eau il put enfin se consacrer à lui-même, tout en espérant que le maître ne lui donnerai pas de corvées supplémentaires. Il attendit avec impatience que la lune soit haute dans le ciel et telle une ombre, il se glissa  hors de son abri de toile et presque rampant il s’échappa de la propriété de son maître.

 C’est un peu essoufflé qu’ il parvint à la grotte marine, mais comme il ne voyait rien il se cacha dans une fracture de rocher et attendit ; une douce brise marine faisait balancer les touffes d’herbes ,il emplissait ses poumons de l’air iodé pour apaiser son angoisse ; avait-il fait le bon choix ?

 Il en était là de ces réflexions, lorsqu’il ressenti plus que la vision d’une présence un mouvement près des rochers où il s’était caché  . Et pourtant son intuition ne l’avait pas trompé il y avait bien un être humain pas loin de lui.

 - «  Ne te caches pas mon fils, lui dit la voix humaine, je suis heureux que ta sagesse t’es conduit sur les chemins de la raison.

 Et aussitôt Achim apparu devant Moncef, qui ne pu s’empêcher de pousser un cri de peur. Il reconnu aussitôt le vieil homme qui avait rabattu la capuche de sa djellaba  et poussa malgré lui un soupir de soulagement. Sa crainte momentanément apaisée il put enfin se détendre.

 - «  Tu es sage enfant, lui dit gentiment Achim, les « esprits du désert » ont fait encore un bon choix !

- «  Aussitôt Moncef fut sur la défensive , encore les « esprits du désert » se dit- il , mais que me veulent ils donc pensa-t-il ?

 Aussitôt la réponse lui fut donné par Achim.

 - «  Tu as celé ton destin mon fils, lui dit celui-ci en trouvant le médaillon tu as accepté le sort qui y est attaché ; quiconque est en possession de cet objet devient obligatoirement sous sa protection. Et je suis celui qui as été choisi pour te guider. Si tu avais refusé le destin que ce médaillon va t’apporter il t’aurai été enlevé , par des moyens inconnus et peut-être violents. Tu as fait le bon choix. – «  Es tu prêt lui demanda l’homme ?

Moncef baissa la tête puis plongeant son regard dans les yeux du vieil homme, il dit : « oui » !

- «  Alors prends le médaillon dans ta main. Aussitôt que ce fut fait, un grand éclair surgit du médaillon et un tourbillon enveloppa les deux hommes qui disparurent en un instant.

     Moncef se réveilla dans  un lieu complètement inconnu , le soleil perçait ses rayons à travers les lattes des jalousies, il était allongé sur un divan moelleux, une moustiquaire enveloppé son lit de repos, il faisait frais dans cette chambre , il regarda autour de lui , les murs étaient recouvert de mosaïques représentant des scènes de chasse, de palmeraie, d’oiseaux aux mille couleurs, d’animaux les plus étranges qui soit dans un très beau style, au milieu une petite fontaine chantait doucement son trémolo d’eau vive qui apportait une fraîcheur bienfaisante. Quelque part une musique douce et envoûtante meublait le silence de cette journée qui semble-t-il  était commencé, mais depuis quand ce dit Moncef suis-je là. Peu à peu ses souvenirs remontèrent à la surface. La nuit, le vieil homme, le médaillon puis enfin l’éclair et le tourbillon et puis plus rien ; et le voilà dans une magnifique chambre aux décors  somptueux, lui-même revêtu de soie il y a de quoi se poser des questions !

 - «  Je vais répondre à tes questions lui dit soudain une voix surgit de derrière un paravent tendu de soie aux couleurs vives. Et aussitôt lui apparu un homme majestueux revêtu d’une djellaba d’une grande richesse , coiffé d’un turban de même ton, imposant dans son maintien, qu’il reconnu aussitôt. C’était le vieil homme de l’oasis dans toute sa majesté.   Moncef quoique un peu impressionné se senti très vite rassuré.

 - « Je suppose que nous sommes dans ton palais demanda-t-il en regardant Akim.

 - «  Oui, mon fils , nous sommes au milieu du désert , dans un de mes palais, j’espère que cette chambre te conviens et que ton séjour ici t’apportera toutes les félicités due à ton rang.

 - «  A mon rang dis tu ? s’exclama  aussitôt Moncef, tu es sure de ce que tu viens de me dire ?

 - «  Tout à fait  mon prince répondit aussitôt le vieil homme , tu es le fils élu des « esprits du désert » . Ils m’ont choisi pour être ton serviteur , tu n’as qu’ à ordonner et tu seras servi ! Le jeune homme , tout ahuri resta sans voix.

 - « Non je dois rêver, ce dit-il en se pinçant le bras , tandis qu’ Achim tout souriant le regardait dans l’attente de ses réactions .Alors Moncef , demanda :

- « Vieil homme , je suis perdu, je ne comprend pas, hier encore j’étais un misérable chevrier et aujourd’hui tu m’annonces que je suis un prince, un fils élu des « esprits du désert ». Rassure moi , dis moi que je ne rêve pas et que je ne vais pas me réveiller !

 - « Non Moncef, ceci n’est pas un rêve, je vais te conter une légende c’est l’histoire d’un jeune prince ; cela c’est passé il y a longtemps très lontemps, il vivait dans son immense palais , entouré de nombreux serviteurs , de femmes les plus belles venues de pays lointain  dans l’espérance de ravir son cœur, elles composaient son harem, mais aucune n’avait eu grâce à ses yeux, il était toujours célibataire, malgré la beauté la plus raffinée  qui partageait chaque soir sa couche, chaque jour une nouvelle compagne était choisie, mais au petit matin elle rejoignait le harem sans avoir conquis le cœur du jeune prince. Et le temps passa et il était toujours célibataire.

 

 

 

 Pourtant il arriva qu’une nuit ou le jeune prince c’était isolé dans un lieu protégé de son immense jardin, il entendit comme une plainte émanant d’un buisson de myrte , s’approchant prudemment il ne distingua rien , mais la plainte étant devenue plus vive, alors il pénétra dans le buisson où il découvrit médusé un tout petit homme vêtu de façon étrange, qui se tortillait comme un ver, un pan de son vêtement accroché à une épine de rosiers l’empêchant de s’enfuir. Le jeune prince après avoir délivré le petit homme le saisi dans sa main et le regarda avec curiosité.

 - « Qui es-tu, d’où viens tu, pourquoi es tu si petit  lui demanda-t-il?

 -« D’abord tu vas me poser à terre s’écria avec colère le petit homme, de plus on ne me questionnes pas.

 - «  Mais répondit le prince, je ne te veux aucun mal, pourquoi es-tu si en colère ?

 - «  Je devrais être partit depuis longtemps, et tu n’aurais pas du me voir , répondit l’étrange personnage, c’est simplement que j’ai été surpris par un mulot qui voulait me croquer et en voulant m’échapper une épine m’a accrochée et je n’ai pu m’enfuir. C’est alors que tu es arrivé et que tu m’as délivré.Je te dois  une explication en récompense de ton aide. Mais avant ça, tu vas me promettre de n’en parler à personne

 - «  C’est promis, foi de prince, tu as ma parole, racontes maintenant !

 - «  Comme tu peux le voir, je ne suis pas comme toi, je suis un génie, autrement dit « un, esprit du désert » , je suis partout avec mes semblables, nous sommes les maîtres du désert, quiconque transgresse les lois ,nous intervenons et nous punissons.

 Tu m’as découvert, pour cela je devrai te punir, mais comme tu m’as sauvée peut-être d’une mort certaine, je te suis reconnaissant, pour cela je vais te faire un cadeau. Il fit un signe dans le sable et aussitôt  apparu  un médaillon, des signes étranges étaient gravés dessus ; il le tendit au prince et lui dit :

 - «  Voici un gage de ma reconnaissance , avec ce médaillon tu es désormais sous la protection des « esprits du désert », il ne peut rien t’arriver, il suffit que tu prononces la formule qui est inscrit dessus et aussitôt tu seras transporté en lieu sur, tous les vœux que tu feras te serons immédiatement exaucés, en voici la traduction ; il lui traduisit la formule et disparu aussitôt.  Le prince interloqué resta bouche bée, se demandant s’il venait de rêver, mais sentant dans sa main le médaillon il réalisa qu’il ne rêvait pas. Il voulu aussitôt vérifier si la formule fonctionnait parfaitement, il exprima le vœux de se retrouver dans sa chambre aussitôt il disparut dans un tourbillon et se retrouva dans son palais dans le lieu qu’il avait désiré, encore un peu surpris , il fit un autre vœu qui se réalisa aussitôt. Alors le jeune prince fit des merveilles avec ses vœux , il fit profiter tout son peuple de ses bienfaits et il mourut comblé entouré de ses nombreux enfants car grâce au médaillon il pu enfin rencontrer la femme de ses espérances qui lui donna une nombreuse descendance et qu’il aima passionnément.

 - «  Mais que devint le médaillon demanda Moncef intrigué, lequel de ses enfants en a hérité ?

 - «  Aucun répondit aussitôt Achim, car comme tu le sais maintenant ce sont les « esprits du désert » qui en choisissent le destinataire, le médaillon a disparu aussitôt que le prince eut quitté ce monde, personne ne connu jamais son existence, jusqu'à ce qu’un jour il réapparaisse. Peu de gens en ont bénéficié à ce jour, car il doivent avoir le cœur pur et emprunt d’une grande sagesse pour être choisi. 

 - «  Oh alors, je ne sui pas digne de le recevoir s’écria aussitôt Moncef, je ne l’ai pas reçu d’un « esprit » , mais je l’ai trouvé par hasard !

 - «  Crois tu que ta chèvre s’est égarée par hasard ? toi qui prends soin de ton troupeau et, es-ce par hasard encore que tu es partie la chercher dans les grottes , non mon fils, tout cela était organisé par les « esprits du désert » lui répondit Achim.

 - «  Je suis donc un fils élu moi aussi, mais qui donc et mon père ? C’est toi, si je comprends bien !

 - «  Tu commence à comprendre répondit Achim, je suis celui qui doit te guider dans ta nouvelle vie, puisque tu es l’élu. Et je dois t’enseigner la formule qui te permettra de te servir du médaillon.

 Les jours qui suivirent furent consacrés à l’enseignement de Moncef, le jeune homme était avide d’apprendre et il se révéla un élève très doué, il resta très humble quant à ses vœux, Il les employaient surtout pour améliorer la vie de ses semblables.

Il devint un très grand prince adulé de tous , ses voyages le conduisirent aux confins de la terre  ou il acquit encore plus de connaissances et de sagesse, les rois et les princes devinrent ses amis et les années passèrent et Achim qui avait été un père très affectueux et très attentif quitta ce monde pour un monde meilleur, satisfait d’avoir réussi sa mission ; Il était plus que centenaire.

 Quant à Moncef, il épousa une ravissante jeune princesse qu’il avait connue lors de ces nombreux voyages, qui lui donna de beaux enfants, ils vécurent dans un palais somptueux entouré de jardins magnifiques où se côtoyaient des plantes rares aux parfum très rares, des fontaines d’où jaillissaient des eaux cristallines dans un murmure très rafraîchissant  et chaque jour Moncef exauçait les vœux de ceux qui venait lui demander de l’aide.

 Mais que devient l’ancien maître de Moncef, comment à -t-il réagit lorsqu’il s’aperçu de la disparition de son chevrier ?

 Le méchant homme rentra dans une colère noire lorsque ses délateurs vinrent lui annoncer la disparition du chevrier et que les chèvres étaient toujours à l’enclos ,rempli de rage et armé  de son fouet il se mis à frapper tout ce qui était à la porté de son bras, hommes et bêtes sans discernement subirent sa terrible colère.

 Tout les esclaves terrorisés s’enfuirent alors en débandade et s’éparpillèrent au milieu du désert, ce condamnant ainsi à une mort certaine , mais ils furent très vite recueilli par Achim qui avait été aussitôt prévenu. Le méchant maître fut convaincu de trafique en tout genre , marchandises volées qui furent retrouvées dans la grotte marine, drogue, traite d’esclaves, etc… Il fini dans une méchante geôle  ou il fini ses jours misérablement.

 Puis un jour qu’il était très vieux Moncef, à son tour  devint le guide d’un jeune esclave qui comme lui avait été choisi par les « esprits du désert ».

 Ainsi ce termine l’histoire d’un jeune chevrier qui croyait au pouvoirs des « esprits du désert »

           La moral de cette histoire, c’est qu’il faut croire, garder son cœur pur et les esprits qui sont invisibles à nos yeux nous récompenserons de notre assiduité à croire l’incroyable , nous croyons bien au vent et pourtant on ne le voit pas ! ALORS ! ! !  

   FIN          

 Irène