
Il était une fois dans un lointain pays imaginaire, une jeune princesse qui vivait dans un château au milieu d’un jardin magnifique , sa vie aurait été chaque jour aussi douce que le miel, si elle avait pu trouver un mari, mais aucun prétendant ne se bousculait aux portes du château des merveilles, la jeune fille se désolait en voyant ses belles années s’envoler sans avoir pu éprouver ne serait-ce qu’un battement de cœur devant la déclaration d’amour d’un beau jeune homme.
Dans
le château l’on avait supprimé tous les miroirs pour que la pauvre jeune fille
ne put voir sa disgrâce, mais l’on n’avait pas pu supprimer les fontaines et
c’est ainsi que la jeune princesse fut consciente un beau matin où elle s’était
penchée sur un bassin pour y cueillir un nénuphar, qu’elle découvrit cet
appendice qui lui servait de nez, depuis elle cherchait la solitude car elle
avait honte de son infirmité.
Le
soir lorsqu’elle se retrouvait seule dans son grand lit à baldaquin pelotonnée
dans ses draps et ses oreillers
de satin rose, elle invoquait toutes les puissances de la nuit , les yeux
tournés vers la grande fenêtre qui ouvrait sur une immense prairie parsemée des
fleurs les plus odorantes. Lorsque la lune était pleine c’est à celle-ci
qu’elle envoyait ses prières. Parfois sur les conseils de
sa camériste elle invoquait la planète Vénus cet astre si brillant qui ne
s’efface dans le ciel qu’au lever du soleil Mais les
mois passés et rien ne venait adoucir les nuits et les journées de la pauvre
demoiselle.

Elle passait son temps à se promener dans son grand jardin, somptueusement fleuri ou bien assise près d’une fontaine, elle écoutait les belles chansons qu’un troubadour chantait pour elle, comme elle aurait aimée que ce fut une chanson d’amour qu’un prétendant lui aurait fait composer, la pauvre soupirait, languissante trempant négligemment ses belles mains blanches dans l’eau claire de la source, les yeux baissés pour que l’on ne puisses pas voir les larmes qui en coulaient doucement. Et les jours passés pareils, sans véritable joie et sans espérance aussi.
Pourtant il semblerait que ses prières furent entendu, car une nuit ou après avoir beaucoup pleuré, et avoir longuement trempé ses oreillers elle s’était endormie épuisée et si malheureuse. Pourtant la nuit était douce, une brise légère caressait son doux visage, un rossignol caché dans le vieux chêne chantait ses trilles et ses trémolos sans savoir que chaque note perçait le cœur de la pauvre petite princesse. Assise à sa fenêtre, elle avait longuement regardé la lune qui ce soir-là était ronde et lumineuse, dardant une clarté argentée qui auréolée d’or et d’argent sa somptueuse chevelure que sa camériste avait longuement brossée, comme elle aurait était jolie sans ce vilain appendice qui la défigurée. Elle avait comme chaque soir implorée l’astre son ami, Vénus la planète de l’amour, puis elle s’était couchée l’âme déchirée par trop de peines .
La
nuit était bien avancée, lorsqu’elle fit un merveilleux rêve ; elle était
comme à son habitude prés de la fontaine dans son beau jardin, songeuse
lorsqu’apparu tout prés d’elle un beau damoiseau qui s’inclinant poliment
devant elle et lui souriant, prit sa main
pour y déposer un chaste baiser.
--
Aurais-je la joie de connaître le nom de cette ravissante damoiselle, lui
demanda-t-il dans un sourire éclatant ?
--
Roselane lui répondit la jeune fille baissant les yeux en rougissant !
--
Qui êtes-vous osa-t-elle demander sans lever les yeux vers lui ?
--
Mais jolie damoiselle je suis l’Amour! Vous m’avez demandé , me voilà dit-il
dans un autre ravissant sourire. L’on m’appel aussi cupidon !
--
Comment pouvez-vous savoir que je vous ai invoqué, je ne sais même pas d’où
vous venez !
--
Mais de la planète Vénus ! où j’étais venu rendre visite à ma marraine la
fée Pervenche, nous étions en grande conversation, lorsque j’ai entendu votre
prière et ma marraine m’a confirmé que cela faisait déjà longtemps que vous
m’attendiez ?
--
Alors me voici charmante damoiselle !Je dépose mes hommages à vos pieds,
ordonnez et je vous obéirez !
La
pauvre Roselane était devenue aussi rouge que les ravissants coquelicots qui
ondulaient dans la prairie autour d’elle. Mais elle ne put en dire plus car
elle s’éveilla, toute surprise de se retrouver dans son lit ; elle se
précipita à sa fenêtre dans l’espérance d’y voir le jeune homme près de la
fontaine, mais elle ne vit que le reflet de la lune qui se mirait dans le grand
bassin. Elle resta longtemps à contempler la nuit en espérant voir le visiteur
de son rêve. Ce ne fut que lorsque la clarté de l’aurore fit pâlir le ciel
qu’elle revint se coucher pour finir sa nuit.
Lorsque
la camériste vint pour apprêter la jeune fille pour le petit déjeuner elle fut
surprise de voir un sourire heureux sur ses traits qui habituellement étaient
tout chiffonnés à force d’avoir trop pleuré. Elle s’en informa auprès de
l’intéressée qui se mit à rire aux éclats en tournant sur elle-même dans une
danse folle sans dénier lui répondre
Comme
elle aurait put être belle se dit la camériste en regardant Roselane si elle
n’avait pas cet horrible nez au milieu de la figure, mais heureuse et surprise
de la joie nouvelle qui éclairait les traits de sa jeune maîtresse, la jeune
fille partageant sa joie entreprit de lui créer une coiffure nouvelle pour
fêter cet heureux événement. Les plus surpris ce fut également les parents,
quand soudain dans une cavalcade ils virent arriver leur fille tout sourire
suivit de sa camériste qui courait derrière elle.
--
La vie est belle ! s’écria Roselane sous les yeux écarquillés de ses
parents et des courtisans qui n’en revenait pas.
Puis
elle alla s’asseoir en tourbillonnant
et en chantonnant, et se mit à dévorer son petit déjeuner , elle qui ne mangeait pas
plus qu’un oiseau.
Chacun
se regardait et s’interrogeait du regard, tandis que Roselane le rose aux joues
dévorait à belles dents les mets posés devant elle. Curieuse, sa mère n’y
tenant plus posa des questions à sa fille :
--
Chère petite, vous nous voyez ravis de vous voir si gai en cette belle journée,
que nous vaut donc cette joie soudaine qui ravie nos cœurs à tous ?
--
Chers parents, je suis enfin heureuse, j’ai fais cette nuit un merveilleux rêve
qui m’a rendu l’espoir ! Un beau jeune homme m’est apparue est m’a fait
compliment de ma beauté, il n’a même pas fait allusion à mon vilain nez, il ne
voyait en moi que la grâce de mon maintien et la beauté de mon sourire !
Entendant
cela , les parents furent déconcerté , comment peut-on croire qu’un rêve fut la
réalité se dirent-ils en eux-mêmes
tandis qu’autour d’eux les courtisans se cachaient pour pouffer de rire.
--
Mais ma chère enfant, êtes –vous sûre que c’était un rêve, comment pouvez-vous
croire que cela puisses être la réalité ?
--
Puisque je le sens au fond de mon cœur ma mère, cet homme à bien existé même si
ce n’est que dans un rêve !
Quelques
personnes étaient sortis dehors ne pouvant plus se retenir de rire, sans aucune
humanité pour la pauvre fille, ils laissèrent libre cours à leur hilarité se
moquant ouvertement de sa naïveté. Lorsque soudain venant de nulle part un fort
vent tourbillonnant les enveloppa , les secouant si fort qu’ils se retrouvèrent
les uns le fondement immergé dans le
bassin de la fontaine, les autres à moitié dévêtu, cachant comme ils pouvaient
leur vertu à moitié dévoilée . Puis tout rentra dans l’ordre comme si rien ne
s’était passé. Les oiseaux chantaient dans les bosquets fleuris, les jets de la
fontaine glougloutés tranquillement ,
une brise légère avait remplacée le tourbillon.
Mais
quelle est donc cette magie s’écrièrent-ils très en colère et ils
s’éparpillèrent chacun essayant de regagner leur logis pour remettre de l’ordre
dans leur tenue malmenée. A l’intérieur du château personne ne s’était aperçu
du drame qui se jouait dehors , les parents tout à leur joie de voir leur fille
retrouver le sourire et la joie de vivre s’empressaient autour d’elle lui
témoignant toute leur affection. La journée passa pour la jeune damoiselle
assez vite, car elle avait cette espérance dans le cœur qui ne peut être
comprise que par ceux qui ont beaucoup souffert. Le soir venu à l’heure du
coucher, au lieu de se mettre au lit comme à son habitude, elle resta là,
songeuse à sa fenêtre , puis elle invoqua son ami l’astre Vénus et le remercia
de toutes ses bontés tout en gardant un œil sur la fontaine qui glougloutée
doucement dans le calme de la nuit, elle espérée naïvement que le jeune
damoiseau de son rêve apparaîtrait bien réel dans le jardin ; est la nuit
était très avancée lorsqu’elle décida déçue d’aller dormir.
Elle
ne tarda pas à pénétrer le monde onirique, elle se retrouva comme la veille
prés de la fontaine, mais le jeune homme était déjà là et lui fit un léger
reproche :
--
Alors ma mie vous n’êtes pas bien pressée de me voir ce me semble, lui dit-il
en prenant ses jolis doigts qu’il baisa un à un !
Roselane
un peu troublée rougit devant ce petit reproche ; pardonnez moi lui
dit-elle j’ai confondu le rêve avec la réalité, et je vous ai guetté longtemps
à ma fenêtre.
--
Chère Roselane, je ne suis qu’un songe, en réponse à votre vœux , je ne vous
apparaîtrez que dans votre sommeil, acceptez-en l’augure, toutes les nuits je
viendrai à votre demande vous faire la cour
--
Que ne vous soyez réel mon tendre ami soupira la pauvre Roselane, dans la
réalité de ma vie, je suis affublée d’une infirmité qui m’interdit toute
espérance de vivre un grand amour.
--
Que les jeunes gens sont donc sots s’écria –t-il, ne voit-ils donc pas la
beauté de votre âme , chère Roselane que ces hommes sont aveugles. Par ma foi
je vous aurai ainsi tout à moi !
Ainsi
commença pour la jeune damoiselle une période de bonheur irréel, mais elle
était assez humble pour s’en contenter, toutes les nuits elle pénétrait dans le
monde onirique et en compagnie de son prétendant elle parcourait les sphères
célestes et y découvrait des mondes fabuleux ; elle fit la connaissance de
la fée Pervenche qui vivait sur la planète Vénus , ainsi que bien d’autres fées
qui prirent pitié d’elle et qui décidèrent de la débarrasser de son infirmité.
La
jeune fille s’éveillée au petit matin envahie d’une joie sans partage , une
aura de bonheur irradiée dans ses beaux yeux, elle en était devenue presque
belle; les jeunes gens et jeunes filles qui s’était tant gaussé d’elle la
regardaient avec un regard envieux et disaient entre eux que la pauvre fille
était une sorcière, car ils se souvenaient de la cuisante leçon qu’ils avaient
reçu lors de son premier rêve d’amour.
Roselane
était tout à son bonheur et ne voyait pas la méchanceté qui s’inscrivait dans
les yeux de la jeunesse qui l’entourée, ceux-ci avaient décidé d’empêcher la
jeune fille de dormir , aussi avaient-ils ourdi de faire un charivari sous ses fenêtres au cœur de la nuit, ils
avaient soudoyé pour cela les commis de cuisine et toutes les personnes qui
étaient jalouses de la princesse, et curieusement il y en avait beaucoup, et
armée de plats, de casseroles, de tout objets en métal pouvant faire du bruit
avaient été réquisitionné et ils étaient venu faire un concert sous la fenêtre
de la jeune fille. Mais les premiers sons métalliques n’avaient pas commencé,
que soudain un terrible orage s’éleva ouvrant les vannes du ciel, des trombes
d’eau s’abattirent soudain sur les musiciens improvisés qui s’enfuir à toutes
jambes se mettre à l’abri, furieux et trempés jusqu’au os abandonnant sur
place leur batterie de cuisine.
En
aucunes manières cela n’avait pu troubler le sommeil de Roselane qui n’était
plus dans sons enveloppe charnelle, car elle avait été transporté dans un monde
irréel. Pour elle s’était chaque nuit
la fête, le peuple onirique la courtisait comme cela se devait quand on est une
jeune princesse et son compagnon qui se faisait appeler Cupidon était en
réalité un grand roi magicien, qui avait rendu visite en voyage astral à sa
marraine la fée et qui s’appelait en réalité Toutchi et vivait en temps normal
dans un grand pays voisin de celui de Rosaline, il était très aimé de ses
sujets, car il était toujours à l’écoute de leurs doléances, ainsi son pays
était-il prospère et il y faisait bon vivre. Pour avoir
entendu les prières éplorées de la jeune fille et avec l’aide de sa marraine,
il l’a trouva très belle malgré son infirmité et il avait décidé de
s’intéresser à la demoiselle qui une fois son nez remis en un état plus correct
ferait une charmante épouse et une superbe reine pour son pays, il avait donc
décidé d’apprivoiser la gente damoiselle et la rendre belle par sa cour
assidue, pour le reste sa marraine et les autres fées feraient le nécessaire.
C’est pour cela que les méchants courtisans qui voulaient se venger d’elle étaient puni, car elle bénéficiée de la protection féérique du monde onirique. Et les mois avaient passé sans que la joie de Roselane ne se soit ternie, bien au contraire il semblait aux yeux ébahis de tous, que le nez de la damoiselle avait changé d’aspect peu à peu il se résorbé d’une façon harmonieuse jusqu’à devenir un charmant petit nez tout spirituel, Mais toute à ses plaisirs elle ne s’en était pas rendu compte, qu’elle importance puisqu’elle était aimée le reste n’avait plus aucune importance.

Un
jour son prétendant lui fit la surprise d’apparaître en plein jour alors
qu’elle se promenait dans une allée ombragée par de beaux hêtres plus que
centenaires . Il apparut tout soudainement sur un beau cheval blanc, revêtu
d’habits somptueux, Roselane cru qu’elle rêvait, pourtant c’était le cœur de la
journée.
--
Ma mie s’écria-t-il en sautant prestement de son cheval, n’ayez crainte, je ne
suis pas un rêve, comme vous pouvez le voir je suis bien réel, et il se
précipita à ses pieds mit un genoux en terre il lui présenta un superbe anneau
sertit de diamants et d’aigue-marine :
--
Accepteriez-vous de m’épouser ma mie ?
Roselane
se cacha aussitôt le visage dans ses mains et voulu s’enfuir, mais Toutchi,
l’avait rattrapé et l’obligea à le regarder.
--
Ne soyez pas effrayée lui dit-il, je suis bien réel et je désir ardemment vous
épouser !
--
Pourquoi vous moquez-vous de moi s’écria-t-elle les larmes au bord des yeux, je
suis un laideron, lorsque vous étiez dans mes rêves cela pouvait passer, mais
dans la vie réelle qui voudrait épouser une fille ayant un visage aussi laid.
Alors apparue près d’elle la fée Pervenche qui tenant un miroir dans les mains
le lui présenta.
--
Regardez-vous jeune damoiselle que voyez –vous ?
Hésitante
Roselane se mira dans le miroir et vit une jeune beauté au nez parfait , qui
souriait malgré les quelques perles de larmes encore accrochées à ses cils
--
Mais ce ne peut-être moi s’écria-t-elle ?
--
Qui selon vous cela pourrait-il être ; demanda Toutchi le regard
plein d’amour ?
--
Mais c’est de la magie s’écria la jeune fille, vous êtes un magicien !
--
c’est avec l’aide de ma marraine ici présente et de ses sœurs les fées que nous
avons réussi à vous transformer en une jeune et ravissante jeune femme, lorsque
par hasard j’ai entendu vos prières un jour où je rendais visite à ma marraine
sur Vénus, vous nous avez émus et j’ai décidé de vous aider, c’est comme cela
que je suis apparu dans vos rêves, vous avez une si belle âme que j’en ai
oublié votre vilain nez et je suis tombé amoureux de vous ; voyant cela ma
marraine et ses sœur ont décidé de vous rendre votre beauté , mais à votre insu
, ce sont leur cadeau de mariage.
Lorsque
la nouvelle du future mariage de Roselane fut publié , les parents au paroxysme
de leur joie invita toutes les fées, magiciens et magiciennes , sorciers, et
sorcières, et tous les habitants du pays aux réjouissances qui dura plus d’un
mois, seul les courtisans qui s’étaient tant moqués de Roselane furent
transformés en hyènes par la fée Pervenche, eux qui aimaient tant rire et
furent abandonnés dans une lointaine steppe.
Voilà l’histoire d’un jeune laideron qui avait une très belle âme et qui fut récompensé de tant d’humilité, vous qui avez une petite imperfection ne vous désoler pas, l’amour triomphe toujours de tous les obstacles.
Irène---B