ARNAUD OU LE TRIOMPHE DE L'AMOUR

 C'était par une belle nuit d'été, la brise était parfumée et tiède, les cigales chantaient à tue-tête, la lune brillait d'un éclat argenté dans le ciel étoilé.

Arnaud allongé dans un hamac sous l'ombre d'un figuier, rêvait à une vie meilleure dans un avenir proche, lorsqu'il aurait quatorze ans, il pourrait aider sa mère en travaillant à la ville. En attendant il n'avait que dix ans et il allait encore à l'école; vers seize heures lorsque la classe était finie, il rentrait au mas; une vieille masure située à deux kilomètres du village, en haut d'une colline entourée de garrigues et de vignes. Il sortait la chèvre Fantine, et ils allaient courir la garrigue . Arnaud était un enfant solitaire il aimait courir dans les chemins creux à la recherche de baies et de fruits sauvages. Il vivait avec sa mère une pauvre femme veuve qui subsistait, en faisant quelques ménages au village et contre quelques piécettes vendaient à une certaine clientèle des plantes médicinales, pour soigner quelques maux, car la maman d'Arnaud avait la réputation d'être un peu sorcière et avait le don de remettre des foulures, des épaules démises, et beaucoup d'autres choses encore. Derrière la maison, ils avaient un petit potager, quelques volailles  leurs assurant une subsistance et la chèvre Fantine qui leur procurait du lait frais tous les matins. Quand Arnaud était à l'école, Fantine était attachée derrière la maison et broutait dans les haies épineuses. Quelquefois un voisin demandait les services de la chèvre pour nettoyer un coin de vigne ou bien de champ envahi de ronces ou bien d'herbes sauvages contre deux ou trois pièces d'argent. Et la vie suivait son cours paisiblement dans ce coin du midi de la France. 

    Le souffle tiède de la brise caressait le visage endormi du jeune garçon, qui était parti dans ses rêves; des rêves d'adultes où il était devenu un personnage important. Sa mère dormait dans l'unique chambre de la maison, d'un sommeil lourd et profond, même le bruit inhabituel des poules effrayées, ne pu la sortir du sommeil. Deux coups sonnèrent à la cloche de l'église, là-bas au village. Arnaud sursauta, la nuit n'était pas sereine, des bruits étranges et le caquetage des poules n'étaient pas pour le rassurer, il se passait quelque chose d'anormal. Arnaud n'était qu'un petit garçon de dix ans, il était courageux mais pas téméraire, aussi il resta bien pelotonné dans le hamac protégé par l'ombre du figuier, tout les sens en alerte il attendit. Il ne resta que quelques instants à attendre, car bientôt il vit une ombre se profiler prés du poulailler, les poules étaient devenues hystériques. Arnaud tremblant de peur, mais ne voulant pas réveiller sa mère qui malgré le vacarme continuait à dormir, sauta à terre et tel un chat se faufila le long du mur de la maison, pénétra le plus doucement possible dans la petite grange, et se saisit du premier objet lourd qu'il put trouver dans l'obscurité, une hache plantée sur le billot de bois prés de la porte fit son affaire, et à pas de loup, les oreilles attentives, il se dirigea vers le potager où il vit de nouveau une ombre penchée sur les planches de légumes, un grand sac formant une masse sombre semblait remuer, puis soudain l'ombre se redressa et une silhouette de petite fille se dessina, elle rangea dans le sac le produit de son larcin et s'apprêtait à repartir quand elle s'immobilisa, Arnaud tel un justicier se dressait non loin d'elle, la menaçant de sa hache. La petite tomba à genoux paralysée de peur et se mit à sangloter, tandis que prés d'elle le sac tombé à terre remuait frénétiquement laissant échapper des sons confus. Arnaud ne fut pas long à comprendre qu'à l'intérieur du sac s'agitait une poule que la petite avait volée; elle était toujours assise sur le sol le visage dans les mains, elle était secouée de gros sanglots, la silhouette frêle habillée de vêtements trop larges, d'où émergeaient des bras menus, les pieds nus et les jambes découvertes étaient griffés par les ronces. La petite semblait n'avoir que huit où dix ans. Arnaud resta surpris, lui aussi de découvrir que le rôdeur, n'était autre qu'une petite fille qui avait presque son âge. Il laissa tomber sa hache par terre.

 

    Les rayons lunaires éclairaient de leur froide clarté la petite, qui était toujours à terre et qui sanglotait sans pouvoir jamais s'arrêter. Arnaud, un peu remit de sa surprise, s'approcha doucement du petit tas de misère que représentait la petite, et doucement il écarta les petites mains qui couvraient le visage trempé de larmes, ce petit visage émacié caché à demi sous de long cheveux noirs emmêlés, deux grands yeux le regarda plein de terreur.

 - Que fais-tu si tard dans la nuit, tu devrais être auprès de tes parents, je ne t'ai jamais vu, tu n'es pas du village, d'où viens-tu?  N'ai pas peur, je ne te veux aucun mal mais, si je m'attendais !

   Les mots se bousculaient sur ses lèvres, l'enfant le regardait muette et tremblante, puis soudain sans que rien ne le laissa prévoir, elle bondit sur ses pieds nus et s'échappa hors du potager, avant que le jeune garçon n'eut le temps de réagir, en laissant sur le sol le sac en toile de jute dans lequel la poule s'était remise à s'agiter.

  Arnaud essaya de la rattraper, mais la petite courait aussi vite qu'un jeune lièvre et bientôt elle disparut dans la nuit. Il revint sur ses pas et récupérant le sac délivra la poule, qui affolée s'était remise à caqueter, et il alla remettre le volatile dans le poulailler, puis revint prés de la maison tenant toujours le sac, dans lequel il y avait quelques légumes que la petite avait chapardés. Il le déposa prés de lui et se recoucha dans son hamac, il écouta un moment les sons de la nuit puis rassuré, sa mère ne s'étant pas réveillée, il s'endormit comme une masse.

  Le lendemain était un mercredi, il n'avait pas école, il décida d'aller au village faire sa petite enquête. En arrivant prés de la place où se réunissaient les anciens , une certaine animation y régnait; presque tout le village était réuni et commentait un événement survenu dans la nuit. Arnaud s'approcha d'un groupe et écouta; personne ne fit attention à lui.

  -C'est quand même malheureux disait l'un, qui est cette femme, d'où vient-elle?

  - Nous n'en savons rien répondait un autre; c'est Guitou qui l'a trouvée ce matin prés de son puits; elle était couchée sans vie.

  - Elle est bien vieille dit un autre, son cœur à du lâcher, elle parait si vieille! Qu'allons nous faire?

  - Il va falloir l'enterrer dirent plusieurs voix en même temps.

  Arnaud écoutait surpris, ce n'était pas de la petite fille qu'il s'agissait, mais d'une vieille femme.

  - Nous l'avons amenée dans l'église dit une autre voix, il faudra nous cotiser pour lui faire, faire une bénédiction, il ne faut pas quelle soit enterrée comme un chien.

  Le petit garçon entendant cela, courut à l'église pour voir la vieille femme, lorsqu'il arriva à l'intérieur, il entendit le murmure des femmes qui étaient réunies en cercle et qui priaient, prés d'elles une forme allongée sur un banc devant l'autel,  était encadrée de deux grands cierges. C'était une très vieille femme, dont le visage tanné par le soleil des chemins, était ridé comme une vieille pomme; ses vêtements étaient noirs et en loques, ses doigts maigres avaient été croisés sur sa poitrine tenant un petit crucifix. Un fichu gris noirâtre cachait plus ou moins des cheveux blancs coupés courts. Cette malheureuse était l'incarnation même de la misère. Arnaud un peu troublé, partit en courant chez lui pour en parler à sa mère.

 

   Il était déjà arrivé à mi chemin de sa maison, lorsqu'il vit dans un petit sentier à peine cachée dans un bouquet de chênes, une forme légère tenant un âne par la bride; il aurait continué son chemin, mais un détail accrocha son regard, une masse de cheveux noirs encadrant un petit visage sale, fit qu'il reconnut la petite fille de la nuit. Elle était à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un lui sembla-t-il, mais craintive  elle s' était cachée dans le sentier en entendant courir le jeune homme. Il s'approcha doucement de l'enfant qui ne pouvait s’enfuir, elle se tenait pressée contre son âne, qui paisible mangeait quelques chardons sur le bord du chemin, il avait sur le dos un bât bien chargé, d'où émergeaient des ustensiles de cuisine, une chaise, un matelas roulé et quelques couvertures, le tout recouvert de toile de jute mal ficelé.

  - Je te reconnais dit Arnaud tu es mon voleur de cette nuit, pourquoi t'es-tu enfuie, je ne te voulais aucun mal, où vas-tu ainsi seule et pieds nus sur les chemins?

  - Je suis à la recherche de ma mère-grand dit la petite dans un gros sanglot, elle avait tellement peur que son petit corps maigre en était tout secoué. Depuis hier soir je suis à sa recherche, nous nous étions arrêtés pour la nuit dans un cabanon au milieu d'une vigne pas très loin de chez toi, et comme à l'accoutumée, elle était partie au village pour demander la charité aux habitants, espérant obtenir un croûton de pain dur, un peu de lait et un coin de grange pour dormir. Mais ce matin, elle n'était toujours pas revenue.

  - Et toi pendant ce temps lui dit Arnaud, tu allais voler dans les poulaillers et les potagers , au moins tu étais sur d'avoir de quoi manger!

  - Les gens ne sont pas charitables reprit la petite, souvent mère-grand revenait bredouille aussi, las de ne point manger à notre faim, j'ai décidée hier soir de venir voler une poule et quelques légumes.

  Ma mère-grand proposait aux gens de faire quelques menus travaux, moyennant quelques nourritures pour nous et notre âne, mais les gens la pourchassaient la traitant de sorcière, et la poursuivaient avec des bâtons, s'ils ne lâchaient pas leur chien, que veux-tu que nous fassions?

  Arnaud regarda la petite avec compassion et hochant la tête il lui dit:

 - Oui, je sais de quoi tu parles; mais dis-moi comment tu t'appelles, je ne connais même pas ton prénom?

 - Je m'appelle Blandine, reprit l'enfant.

 - Curieux prénom pour une petite fille brune comme toi, reprit le jeune garçon, moi je m'appelle Arnaud.

 - C'est ma mère qui me l'a choisi, il y a de cela neuf ans. Puis elle est partie loin dans un pays étranger et elle n'est jamais revenue. Depuis, c'est ma mère-grand qui prend soin de moi, et comme tu peux le voir nous sommes sans logis, nous courons les routes de village en village, mère-grand cherchant du travail pour subsister, mais comme elle est très vieille, personne n'en veut, aussi nous sommes réduites à la mendicité.

  Pauvre enfant soupira Arnaud les larmes dans les yeux, et saisissant la main de la petite mendiante il l'entraîna chez lui; la petite craintive tirant son âne par le licou, suivi Arnaud timidement.

  L'enfant la buée dans les yeux revoyait la vieille mendiante allongée dans l'église du village, est compris très vite qu'il s'agissait de mère-grand. Lorsqu'ils arrivèrent chez Arnaud, sa mère était partie faire un ménage chez une femme du village, il était soulagé, car il ne savait pas comment expliquer à sa mère qu'elle allait avoir une bouche de plus à nourrir. Pour le jeune garçon il n'était pas question de laisser cette petite fille seule sur les routes, car il avait maintenant la certitude que Blandine était orpheline.

  Après l'avoir installée dans la cuisine, où régnait une  fraîche atmosphère en contraste avec dehors, où la canicule commençait à se faire sentir, Arnaud lui servit une collation en attendant le repas du soir, que sa mère allait préparer. Puis s'étant assuré que Blandine mangeait, il sortit s'occuper du pauvre âne qu'il avait attaché sous l'ombre du figuier. Il détacha le bât qui pesait sur le dos du pauvre baudet, qui était aussi maigre que sa jeune maîtresse et le conduisit dans le pré, derrière la maison prés de Fantine la chèvre.

  Lorsqu'il revint Blandine avait fini sa collation, et ramassée sur elle-même elle pleurait tout doucement.

  - Qu'y a -t-il Blandine lui demanda Arnaud, pourquoi pleures-tu? question de routine, il savait pourquoi elle pleurait.

  - Je suis inquiète lui répondit-elle, je ne sais où se trouve ma mère-grand; elle était si fatiguée ses derniers jours, je crains qu'elle ne soit bien malade. Que vais-je devenir?, sanglota-t-elle de plus belle. Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivée.

   Arnaud devant la détresse de la petite fille, se mit à pleurer lui aussi; et c'est deux enfants en larmes, que trouva la maman d'Arnaud lorsqu'elle revint du village.

  La brave femme avait été mise au courant de l'histoire de Guitou, qui avait découvert cette femme très âgée prés de son puits. Le village était très animé, chacun commentant l'histoire à sa manière, mais aussi ils se sentaient tous un peu coupable, car ils avaient vu la mendiante accompagnée d'une jeune enfant et d'un vieil âne très chargé, et quand la malheureuse leur avait demandé la charité, ils l'avaient tous renvoyé au diable. Et maintenant, elle gisait sans vie dans l'église du village et la petite fille était introuvable, personnes ne savaient où elle pouvait être. Lorsque la maman d'Arnaud rentra chez elle, elle comprit tout. C'était une femme très bonne et devant le tableau émouvant de ses deux enfants en pleurs, son cœur bondit dans sa poitrine et prenant une voix bourrue qu'elle ne se connaissait pas, ordonna aux enfants d'arrêter de pleurer.

  Arnaud surprit regarda sa mère et comprit à son regard qu'elle savait tout. Aussi il quitta la maison en prétextant qu'il devait aller s'occuper de l'âne. Lorsque le jeune garçon eut quitté la maison, la maman d'Arnaud s'approcha de la petite fille et la prit contre elle et la serra dans ses bras, jusqu'à ce que les pleurs soient taris.   Ma petite fille lui dit cette femme de cœur, arrêtes tes larmes, tu dois être courageuse, désormais tu vas partager notre vie, ta mère-grand est partie pour un très long voyage et dans bien longtemps peut-être tu la reverras; mais pour l'instant tu vas vivre prés de nous, tu auras un frère que tu connais déjà, c'est Arnaud; nous ne sommes pas riches, mais nous ne sommes pas pauvres au point de ne pas assumer notre devoir.

   La petite était effondrée, mais malgré cela elle dit d'une petite voix éteinte:

 - Vous savez madame, je savais que ma mère-grand n'irait pas loin, depuis quelques temps déjà elle ne mangeait presque plus, nous avions de moins en moins à manger et ce qu'elle pouvait obtenir elle le gardait pour moi, elle ne voulait surtout pas me voir mendier mon pain, elle a tout fait pour m'éviter cela. Dites où est-elle, je veux la voir !

 - Oui mon enfant tu la verras, mais avant il me faut te rendre présentable.

   Alors cette femme admirable entreprit de faire chauffer de l'eau qu'elle versa dans un cuveau, puis après avoir dévêtue l'enfant elle la plongea dedans, et elle entreprit de la décrasser avec des gestes tendres et maternelles. Par moment l'enfant ne pouvait retenir un sanglot, et des larmes  pointaient aux bords de ses cils longs et soyeux. Mais elle se sentait en sécurité, la maman d'Arnaud avait choisi des vêtements appartenant à son fils, car elle n'avait pas de vêtements de petite fille. Et lorsque Blandine fut habillée dans une chemise et une salopette d'Arnaud, ont aurait dit un joli petit garçon au teint de pêche velouté, dont les beaux yeux verts brillants de larmes mal contenues, mangeaient le petit visage mince, entouré d'une masse volumineuse de cheveux noirs bleutés qui accrochaient la lumière, cette enfant malgré sa maigreur était d'une grande beauté.

 

    La maman d'Arnaud en était toute émue. Lorsqu'il revint prés de sa mère il  fut tout ébahi devant la scène qui se présentait à lui, il avait du mal à reconnaître la petite mendiante qu'il avait ramené le jour même, il alla vers elle et lui plaqua deux gros baisers sur ses joues pâles, un léger sourire fleurit sur les lèvres de l'enfant, son petit cœur tressauta dans sa poitrine tant elle était heureuse. La maman d'Arnaud était songeuse , le plus dur restait à venir, amener l'enfant pour qu'elle reconnaisse sa grand-mère. Ils attendirent que la chaleur fut moins forte, et ils arrivèrent au village vers les dix huit heures, tous les gens du village ou presque étaient réunis sur la place, ils regardèrent arriver le trio et s'exclamèrent tous ensembles:

 - Vous avez trouvé la petite fille?

 - Oui, dit la maman d'Arnaud et je vais l'adopter, elle vivra dans mon foyer et je l'élèverais comme la petite fille que j'aurais aimée avoir.

 - Nous te donnons tous notre bénédiction, lui répondit l'homme le plus influent du village, et comme nous ne sommes pas des ingrats, nous allons organiser une collecte de vêtements et d'argent, pour que tu puisses assumer la charge de cette enfant, nous savons tous que tu ne dors pas sur l'or. Ensuite à la rentrée scolaire elle sera inscrite à l'école. Mais maintenant il faut qu'elle identifie sa grand-mère, pour que nous puissions lui faire un enterrement convenable.

  Inutile de raconter la scène déchirante qui eu lieu dans l'église, lorsque Blandine retrouva sa mère-grand, il fallut l'arracher de force au corps de la malheureuse. Le temps qui passe apaise la souffrance, et la petite Blandine entourée de l'affection de tous, était devenue une petite fille heureuse et insouciante; comme les grandes vacances d'été étaient arrivées, Arnaud en profita pour éduquer l'enfant, qui malheureusement ne savait ni lire ni écrire, avec patience tout les après-midi aux heures chaudes, ils allaient la petite et lui dans un coin de la grange, et il enseignait à Blandine les premiers mots de l'alphabet. L'enfant était dotée d'une intelligence vive, elle apprenait vite et bientôt elle sut écrire son prénom et son nom, puis celui d'Arnaud et celui de sa maman. Puis se fut le calcul et très vite Blandine sut compter couramment sur ses doigts, puis pour se détendre ils partaient se baigner dans la rivière pas très loin du village. L'été passa trop vite pour ces deux enfants, qui apprirent à ce connaître et à s'aimer. Blandine était devenue la petite fée du village, chaque fois qu'elle y venait accompagnée d'Arnaud qui ne la quittée presque jamais, les gens lui donnaient des friandises et un gros baiser. Et le temps passa, la petite grandit en intelligence et en beauté et Arnaud était devenu un beau jeune homme plein de force et de bonté , mais malheureusement tout à une fin, et le mal qui avait jetée la grand-mère de Blandine sur les routes, guettait les deux adolescents, la malédiction était tenace. Non seulement elle avait détruit la grand-mère, mais après tout ce temps elle guettait Blandine et son frère adoptif Arnaud. Pour comprendre l'histoire de cette vieille femme et de sa petite fille il faut revenir quelques quatre vingt ans en arrière. 

 Il y a donc presque un siècle de cela, dans un beau pays situé loin en Asie mineur, vivait une jeune fille d'une grande beauté, tous les jeunes gens d'alentour venaient la courtiser, mais la jeune demoiselle était très sage, et malgré son sourire avenant elle décourageait tous ses prétendants. Les parents de la jeune fille étaient au désespoir, de voir une si jolie jeune fille ne pas s'intéresser à des jeunes prétendants, certains avaient de la fortune, mais la belle Olga ne voulait pas de leur argent et encore moins de leur demande en mariage. Pourtant un jour, vint un jeune seigneur très riche et très beau, qui cherchait une jeune épouse, il commença à s'intéresser à toutes les jeunes filles des alentours, puis jeta son dévolu sur Olga, car elle était la plus jolie du pays. Mais toujours fidèle à son idée elle ne prêta aucune  attention à ce beau jeune homme. Un matin pourtant , un page se présenta au domicile de ses parents:

«  - J'apporte un présent de mon seigneur, dit le jeune homme, il désirerait que demoiselle Olga accepte ce modeste présent, en gage de son admiration pour elle.

  Et tous les jours qui passaient, Olga recevait un présent du grand seigneur, c'était tantôt une bague, un collier, ou même une corbeille de fruits ou bien de fleurs. Mais invariablement Olga renvoyait tous ces présents.

«  - Voyons Olga, lui disaient ces parents, cet homme voudrait faire de toi une reine, pourquoi ne veux-tu pas de lui?

  Et toujours elle répondait :

«  - Cet homme ne me convient pas. Je ne peux pas l'aimer.    

  Et les mois passèrent et le seigneur commençait à s'impatienter. Comme les présents lui étaient rendus, il rentrait dans une grande colère,

«  -  pour qui se prend-t-elle donc cette jeune fille, criait-il dans son palais. Je la veux et je l'aurai.

Puis un jour il quitta le pays, personne ne sut où il était partit. Une année passa  et Olga se sentait de nouveau libre, libre de vivre,  s'en avoir la menace constante de ce seigneur qui la menacée d'un mariage qu'elle ne désirait pas.  Pourtant la jeune fille n' avait pas un cœur de glace, car elle aimait depuis toujours un jeune homme qui travaillait dans les jardins de son père, mais comme il était de condition modeste, il ne pouvait demander la main de la jeune fille. Il était le fils du jardinier, et il avait grandi dans le palais où avait grandi Olga; dans leur petite enfance ils avaient été compagnons de jeux, ils courraient dans les immenses jardins et se baignaient dans le lac de la propriété. Devenu grand, Dimitri était toujours l'ami sincère de sa tendre amie d'enfance, et un soir de pleine lune où la chaleur était toujours active, la jeune fille se promenait dans les allées du jardin, lorsqu'elle le rencontra ; Dimitri ne pouvant pas dormir se promenait lui aussi dans les allées et ils passèrent plusieurs heures à se promener en parlant de leur amour et de leur enfance. 

 « - Qu’allons nous devenir lui dit soudain Olga, mon père n’acceptera jamais notre amour, et je serai bien obligée d’épouser un homme de mon rang, nous pourrons plus jamais nous aimer , oh mon Dimitri, je ne pourrais pas supporter d’être séparée de toi , je crois que j’en mourrais !

 Le jeune homme ne répondit pas, il restait pensif les yeux baissés il réfléchissait, comment ne pas être séparé d’Olga il n’y survivrait pas , il fallait faire quelque chose et très vite avant que le seigneur ne réapparaisse et trouve le moyen d’épouser sa bien aimée. Dimitri tout heureux soudain regarda la jeune fille les yeux étincelant de joie et il s’écria :

« - J’ai trouvé nous allons nous enfuir loin de ce pays et nous pourrons nous marier et vivre enfin heureux !

« - Mais comment allons nous vivre s’écria Olga les yeux pleins de larmes, moi je n’ai jamais travaillé et toi tu n’es qu’un petit jardinier, où irons nous, tous le monde va nous rechercher et s’ils nous retrouves tu finiras tes jours en prison et moi je ne survivrais pas à notre séparation

 « - Calmes toi , répondit Dimitri en la prenant dans ses bras, nous sommes jeunes, je suis fort et aucun travail ne me rebute sèchent tes beaux yeux ma douce princesse, l’amour fait des miracles nous nous en sortirons tu verras et il lui déposa un baiser sur chacune de ses paupières. La nuit était très avancée lorsqu’ils se quittèrent enfin, Olga avait le cœur en peine et ne savait si elle reverrait son ami d’enfance qui avait décidé de partir pour préparer leur évasion.

  Quelques jours passèrent sans qu’Olga et eu des nouvelles  de Dimitri chaque soir elle allait au rendez-vous qu’il lui avait donné :

« - Tu m’attendras tous les soir à vingt-trois heures précises sous le vieux cèdre, tu m’y attendras jusqu’ aux douze coups de minuit  de la vieille horloge de la tour, si tu ne me vois pas rentres pour que ton père n’est pas de soupçons ! lui avait-il dit avant de la quitter les yeux brillants ; et depuis elle attendait tous les soirs sous le vieux cèdre le retour de Dimitri.

  Les heures passaient lentement à l’horloge de son cœur  et chaque soir l’espoir la faisait revivre. Un mois avait passé et Olga n’était pas loin de renoncer , son ami ne reviendrai pas, il l’avait oublié et toutes les nuits elle trempait son  oreiller de ses larmes. Pourtant un soir où elle était allée au rendez-vous sans plus y croire, elle entendit une mélodie semblable à celle que lui sifflait Dimitri quand ils étaient enfants et la mis en alerte, il manquait quelques minutes pour atteindre minuit. Puis soudain un bruit de pas précipités et Dimitri était dans ses bras la couvrant de baisers ;

«  - Es-tu prêtes à me suivre lui dit-il, c’est maintenant où jamais !

«  - Oh mon Dimitri , je t’ai tellement attendu, je n’y croyait plus, je n’ai vécue que dans la crainte que le seigneur revienne et que mon père m’oblige à l’épouser, partons allons vite !

Le jeune homme avait bien fait les choses, une carriole attelée attendait patiemment sur le chemin non loin des deux amoureux, Dimitri enleva la jeune fille dans ses bras et mi courant, mi marchant ils arrivèrent à la carriole qui démarra aussitôt , ils partirent à un train d’enfer seul le conducteur et Dimitri savaient où ils allaient, mais Olga tout à la joie de ses retrouvailles s’était blottie dans les bras de son bien-aimée et avait fermée les yeux se laissant bercer par les cahots de la route et les douces paroles que lui murmurait Dimitri. Ils coururent ainsi toute la nuit, le cheval infatigable ne ralenti pas son allure et l’aube pointée déjà ses doigts roses à l’horizon qu’ils arrivaient  à un port où un bateau les attendait pour les conduire sur la péninsule ibérique loin, très loin de leur pays. Pendant ce temps au château, personne ne s’était aperçu de la disparition d’Olga,    ce n’est qu’au petit matin lorsque la servante pénétra dans la chambre de la jeune fille qu’ils s’aperçurent de sa disparition, la servante voyant le lit qui n’était pas défait alerta tout le château par ses cris gutturaux . Et c’est à ce moment là qu’ un page revêtu d’une livrée aux couleurs du prétendant de leur fille se présenta porteur d’ un présent pour Olga de la part de son maître, le soupirant éconduit. Les parents de la jeune fille étaient complètement affolés et sans réaliser ce qu’ils disaient, ils accusèrent ouvertement le seigneur d’être à l’origine de la disparition de leur  fille bien aimée. Le page éconduit d’une manière aussi brutale revint prés de son maître pour l’informer ,celui-ci furieux d’apprendre que sa convoitise avait disparue de chez ses parents et de plus d’en être tenu responsable , arriva brides abattues au château et pénétrant comme un fou dans l’enceinte alerta par ses cris et ses menaces les pauvres parents éplorés. Ne leur laissant aucun moyen de s’exprimer ils les menaça de mille morts et leur assura que quelques soit les moyens employés il retrouverai Olga et lui ferait payer très chère sa trahison. Puis il s’enfuit laissant les  pauvres parents complètement anéantis Le seigneur ne perdit pas son temps , aussitôt rentré chez lui, il mit en mouvement toute une armée de serviteurs et de sbires sur toutes les routes s’éloignant du château espérant récupérer la fugueuse et se venger. Pendant ce temps nos deux amoureux c’étaient embarqués sur le bateau qui les attendait et ils voguaient toutes voiles dehors vers l’Espagne où ils avaient selon Dimitri un havre où ils pourraient commencer une nouvelle vie . Le jeune homme pendant le mois écoulé n’avait pas perdu de temps, il avait ralliée à sa cause tous les amis qu’il connaissait , parmi eux il y avait des pécheurs, des jardiniers, des cochers, et bien d’autres encore ; après avoir alerté tous ses amis il leur fit part de ses desseins et chacun décida de l’aider. L’un lui proposa de partir à Barcelone dans sa famille munie d’une recommandation ; l’autre qui était pécheur lui indiqua un capitaine de navire qui accepterai de le conduire en Espagne moyennant un paiement. Un autre le fit embaucher sur les quais à décharger les bateaux, ce qui fait qu’au bout d’un mois. Il avait gagné de quoi payer son passage ainsi que celui d’Olga sur le bateau qui partait sur Barcelone.

 Deux ans avaient passé, Dimitri et Olga s’était mariés et était les heureux parents d’une ravissante petite fille nommée Blandine, il vivaient heureux dans un petit village du midi de la France. Après être arrivée à Barcelone, des amis charitables les avaient hébergés, et avaient procuré du travail à Dimitri , puis un an plus tard il s’étaient rendus en France où Olga avaient mis au monde leur petite fille. Depuis ils étaient bien installés dans ce petit village pensant innocemment qu’ils étaient désormais en sécurité. Le passé semblait bien loin déjà.  Ils avaient donc fait parvenir des nouvelles aux parents d’Olga qui fit contre mauvaise fortune bon cœur et furent rassurés de savoir leur fille et petite fille en sécurité, malgré que le choix de leur gendre n’était pas du tout dans leurs souhaits. Le méchant seigneur se retrouva bredouille dans ses recherches et trouva fortune auprès d’une jeune veuve de ses relations qu’il épousa par dépit, mais il garda toujours un œil sur les parents d’Olga ; les faisant surveiller nuit et jour dans l’espérance de retrouver la trace de la jeune fille et surtout de réaliser un jour sa funeste vengeance. Malheureusement c’est le moment que choisit Olga pour demander à sa mère de la rejoindre pour quelle puisse faire connaissance de sa petite fille Blandine, le père souffrant ne pouvant l’ accompagner resta donc au château. Le méchant seigneur apprenant la nouvelle fit suivre discrètement la châtelaine et profitant de son absence il courut aussitôt au château pour questionner le père d’Olga en espérant connaître enfin  le lieu où se trouvait sa fille, le grand-père de Blandine était un vieil homme fatigué qui ne supporta pas l’interrogatoire un peu trop musclé du méchant seigneur et mourut d’un arrêt du cœur. Sa femme et sa fille apprirent leur infortune  quelques semaines plus tard de la bouche même du sbire qui était chargé de les retrouver et qui avait reçu la nouvelle par un coursier dépêché par son maître impatient de connaître la situation; l’homme de main du seigneur les avaient surprises un matin alors que Dimitri  était parti au labeur ; du moins le croyaient-elles . Le jeune père était partit tout joyeux comme tous les matins sur le chemin conduisant à la forêt où il était employé comme bûcheron, le sbire l’ayant guettait caché dans un fourré, lui avait tendu un piége et après une lutte inégale l’un étant armé l’autre pas, Il avait terrassé Dimitri puis l’avait  précipité dans un ravin qui était tout proche.

 Puis il s’ était enquit de trouver Olga et sa mère pour leur annoncer à toutes deux leur malheur. Les deux malheureuses horrifiées apprirent ensemble qu’elles étaient veuves, La jeune femme folle de douleur et de rage voulu frapper le sbire avec son petit poignard que Dimitri lui avait offert en cadeau lorsqu’elle était encore à Barcelone pour qu’elle puisse se protéger dans le cas d’une agression ; car il avait cette crainte permanente d’un danger. Il était toujours accroché à sa ceinture, mais l’homme qui était plus fort se saisissant de la petite main  armée  d’Olga le retourna contre elle et lui perça le cœur devant les yeux de sa mère .

« - Ceci est de la part du seigneur que vous avez éconduit lui cria -t-il tandis qu’ Olga s’écroulait au sol, exsangue ,sans vie.  La pauvre grand-mère ayant réussi à se sauver avait récupérée la petite Blandine qui jouait dans le jardin  et s’était enfuie aussi vite que son âge le lui permit, elle passèrent la nuit dans la forêt étant sur le qui-vive, tremblant au moindre bruit, terrorisée de voir l’assassin des parents de la petite réapparaître et les tuer toutes deux.  De ce jour-là on vit sur les routes la grand-mère et la petite fille courir les chemins vivant de la mendicité ou bien de petits travaux que l’on voulait bien donner à la vieille femme toujours en fuite. Car la pauvre malheureuse ne voulut plus revenir au logis dans la crainte d’y être retrouvée et ou les souvenirs des jours heureux y étaient encore présent. Et c’est ainsi qu’ Arnaud fit la connaissance de Blandine dans son petit village du midi. Le méchant seigneur ce réjouit d’apprendre le décès de la jeune femme et de son mari, mais sa haine redoubla lorsqu’ il apprit qu’Olga avait eu une enfant, et comme l’avait craint la grand-mère il n’eut de cesse de les retrouver.

 Après s’être enfuie avec l’enfant, la pauvre femme  se trouva fort démunie, peu de pièces d’argent dans son gousset, aucuns vêtements de rechanges  plus aucun toit sur la tête etc …Elles couraient les chemins avec la petite Blandine qui lui demandait pourquoi elles ne retournaient pas à la maison retrouver son papa et sa maman, la pauvre femme avait fini par lui faire croire que papa et maman  étaient partit pour un très long voyage et qu’elles deux devaient partir à la recherche d’un nouveau logement, puis avec les quelques pièces  d’argent qui lui resté elle avait achetée un âne et quelques ustensiles de cuisine , quelques couvertures  pour se protéger de la fraîcheur de la nuit, cherchant les chemins escarpés pour ne pas attirer l’attention ; elles allaient ainsi de villages en villages où très souvent elles étaient reçu avec les chiens, combien de jours sans pain , combien de nuits sans dormir sauf lorsqu’elles avaient réussi à trouver une étable, un cabanon ou bien une excavation pour y reposer leur pauvre corps meurtris  par un  dur labeur où une longue marche . Les jours et les années passèrent et la grand-mère de Blandine était épuisée , vieillie , amaigrie , affamée et c’est ainsi qu’elle arrivèrent dans le petit village où vivait Arnaud. La suite nous la connaissons. Pour Blandine les jours heureux n’avaient plus de fin, oublié du moins en apparence les longues journées sur les routes à mendier son pain, l’enfant était devenue une superbe jeune fille au grands yeux verts , une superbe chevelure brune encadrait son si jolie minois et Arnaud qui lui aussi était devenu un très beau jeune homme faisaient à eux deux la fierté de leur mère et du village qui veillait sur eux comme une poule sur son oeuf. Et Arnaud veillait jalousement  sur Blandine, car quand on est jeune et beau comme ces deux là « l’amour n’est pas loin » et cupidon n’avait pas tardé à lancer ses fléchettes dans le cœur  de ces jeunes adolescents.  Un beau matin,  les cloches du village sonnèrent à toute volée dans le clair matin une noce était en préparation, pour cela le village avait été décoré de guirlandes de rubans multicolores et de fleurs printanières , mimosas, fleurs d’amandiers ,fleurs de pruniers, coussinets de violettes, etc…etc… tout cela fleuraient bon le printemps dans la douce brise matinale, le chemin conduisant à l’église était parsemé de pétales de roses et sur le parvis  de l’église le curé  en grande tenue  était entouré du jeune marié et des invités qui attendaient impatiemment la jeune épousée. Le soleil s’était joint à cette heureuse journée qui allait unir deux cœurs innocents qui s’aimaient d’ un amour sincère , la jeune mariée apparue nimbée de lumière précédait par de jeunes enfants jetant des pétales de fleurs devant ses pas, éblouissante de beauté dans sa robe  blanche immaculée, Blandine s’avançait lentement les yeux pudiquement baissés sous le voile virginal, au bras du maire qui avait quémandé l’ insigne honneur de la conduire devant l’autel.

 

   Des « oh quelle est belle ! » fusèrent aussitôt de la foule rassemblée sur le parvis de l’église. La jeune fille s’avançait lentement tenant un bouquet de fleurs d’oranger et de roses blanches qui exaltaient  leur fragrance tout autour de la jeune mariée . Et les cloches carillonnaient , l’air vibrait de mille sons , le chant de la brise dans les ramures, le pépiement des oiseaux dans le feuillage naissant, tout était fête dans la nature comme dans les cœurs . Cette journée aurait pu être un merveilleux souvenir pour le village si la malédiction qui poursuivait Blandine ne vint frapper une fois de plus la malheureuse jeune fille. La cérémonie nuptial  suivait son cours et les jeunes gens s’apprêtaient à échanger leur vœux, le prêtre posa alors la question :

« - S’il y a une personne dans l’assistance qui veut empêcher ce mariage qu’il parle maintenant ou qu’il se taise à jamais !

 Soudain une voix gutturale s’éleva en résonnant,  venant du fond de la nef :

« - Moi seigneur, prince des Balkans, interdit ce mariage, cette jeune fille est mienne, sa mère était ma promise, elle s’est enfuie avec un misérable la veille de nos noces , cette jeune fille m’appartient .

Aussitôt chacun se retourne et découvre un homme grand et très âgé,  revêtu d’un habit noir, une grande cape noire le recouvrant à moitié qui s’avance vers l’autel prés à se saisir de la jeune mariée, mais Arnaud avait déjà saisi Blandine par la main et s’enfuyait par une porte dérobée derrière l’autel, tandis que les villageois s’emparaient du seigneur et l’entravé pour l’empêcher de nuire.

«  - A non ! s’écrièrent –ils tous ensemble , personne n’empêchera nos enfants de se marier, seigneur où pas seigneur ! Monsieur le curé reprenons !

  Le maire et son adjoint était partit à la recherche des deux jeunes gens, qui n’étaient pas bien loin et après les avoir retrouvés les reconduisit tout tremblant lui-même devant l’autel où pu s’achever le mariage. Après ces événements le vieil homme fut forcé de s’expliquer, mais nous connaissons l’histoire. Le seigneur qui était très âgé avait couru le monde entier à la recherche de Blandine n’ayant pu avoir la mère il voulait s’emparer de sa fille et lui faire subir toute sa haine , mais il arriva trop tard Blandine appartenait à un autre tout comme sa maman . On retrouva le lendemain des noces le vieux seigneur qui s’était éteint consummé par sa haine dans la petite bergerie où on  l’avait enfermé avec les moutons.

 

Voilà  une  heureuse fin pour l’histoire de la petite mendiante recueillie par tout un village et qui en  était devenue le porte bonheur . Arnaud et Blandine vécurent des jours heureux entouré de toute l’affection du village .

 

FIN       Irène-B    

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